09202019Headline:

Côte d’Ivoire / Tension socio-politique : M. Guillaume Kigbafori Soro a encore parlé

Le 08 février 2019, dans des circonstances connues de tous, j’ai cessé d’exercer mes fonctions de Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.

Cependant, ayant été élu, depuis 2017, Premier Vice-Président de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, j’ai continué d’occuper cette fonction et avais, selon les statuts, vocation, à en être le Président à l’issue de la 45e Session, le mandat de l’actuel Président venant à expiration à cette date.

J’étais donc naturellement occupé à préparer cette échéance, lorsqu’au cours des rencontres intermédiaires, notamment la réunion de la 11e Conférence Régionale des Présidents d’Assemblées et de Sections Afrique à Ouagadougou, et celle de la 27e Assemblée de l’Assemblée Régionale Afrique à Rabat, me sont apparus des signes inquiétants augurant d’un recul de notre organisation interparlementaire par rapport à l’idéal démocratique qui avait fait son renom.

En effet, alors même que leur mandat, conformément à l’arrêté en date du 16 novembre 2017 de désignation, court jusqu’en 2020, les membres de la Section Ivoirienne de l’APF ont été empêchés d’exercer ledit mandat, suite à une modification illégale opérée par le nouveau Président de l’Assemblée Nationale. De plus, quand bien même je demeure Premier Vice-Président de l’APF, des réunions du bureau se tiennent hors ma présence, et les travaux préparatoires de la 45e Session se déroulent sans que je n’y sois associé.

Profondément attaché au principe du fonctionnement régulier des Institutions et au respect de la règle de droit, j’ai entrepris des démarches tendant à amener les instances dirigeantes de l’APF à préserver notre Organisation des influences extérieures qui ne manqueront pas de porter atteinte à son crédit.

Je leur ai précisément fait connaître, à travers maintes correspondances qu’il était impérieux que notre Organisation se conforme aux textes qu’elle s’est librement donnés.

Malheureusement, les développements ultérieurs qu’a connue la gestion du dossier n’ont pas dissipé mes craintes.

Tout concourt à attester que les instances dirigeantes de l’APF l’ont mise, comme instrument, à la disposition de ceux dont le projet est désormais de m’anéantir, me broyer aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, l’image de notre pays dût-elle en pâtir.

Face à cette trahison, j’ai engagé des procédures en référé devant les juridictions ivoiriennes et françaises, pour qu’une ultime conciliation soit possible. Je n’ai pas été entendu. Aussi, par souci de cohérence et par acquit de conscience, ai-je donné mandat à nouveau à mes avocats, à Abidjan et à Paris, pour poursuivre au fond, non pas pour des raisons personnelles mais pour la postérité, afin que pareils agissements n’aient plus jamais cours. J’entends par ces actions rendre hommage au droit.

Organiser la 45e session dans cette ambiance de contestation contribuera à délégitimer l’APF et écorner son image durablement. Je ne peux m’y associer. J’entends ainsi marquer mon parfait désaccord avec ces pratiques antidémocratiques, ainsi que je l’ai fait chaque fois que la paix et l’intérêt supérieur de la nation sont en jeu.

Guillaume Kigbafori Soro

Premier Vice-président de l’APF

Président Honoraire de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

Premier Ministre Honoraire de la République de Côte d’Ivoire

Député de Côte d’Ivoire

Source : en route pour 2020

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