07232019Headline:

Côte d’Ivoire/ Tension socio-politique : un bombardement littéral de Bédié qui déstabilise le pouvoir du RHDP

La transe dans laquelle étaient- et ils y sont encore ! – tombés le gouvernement Gon Coulibaly, le parti unifié RHDP et la Présidence de la République… depuis la « déclaration » du président du PDCI-RDA, le 5 juin dernier à Daoukro, est significative de deux choses, l’une étant du reste le corollaire de l’autre : la persistance de la mentalité du parti unique, et la méconnaissance – sinon le mépris ! –des règles du jeu dans le système démocratique. On comprend ainsi pourquoi le président Ouattara reste arc-bouté sur son idée de « RHDP unifié » pour ressusciter – est-elle jamais morte ? – la « pensée unique » en Côte d’Ivoire, afin de pouvoir tourner tranquillement en rond !

Diantre ! Qu’est-ce qui a pu piquer le pouvoir RHDP et ses démembrements pour être dans une telle hystérie collective après la déclaration du président Henri Konan Bédié qui joue son rôle d’opposant ? Le menaçant d’arrestation sans sourciller des conséquences qui pourraient en découler.

La réponse à cette question, beaucoup l’ont déjà donnée : la peur de perdre la « Présidentielle » qui avance à grands pas, aux portes de la « CEI reformée dans le sens de l’UA » (dixit, Amon Tanoh). Mais plus que la peur de perdre le pouvoir, c’est la persistance de la pensée unique qui reste indécrottable dans l’esprit de ceux qui, pour l’heure, nous gouvernent. Sinon ils pouvaient comprendre que dans un régime démocratique, « le pouvoir gouverne le pays, et l’opposition critique le pouvoir ». Et c’est cette « interaction » qui rend dynamique l’exercice du pouvoir, l’opposition veillant sur les actions du gouvernement, et les gouvernants « se corrigeant » en tenant compte des « critiques » de l’opposition.

LE RÔLE D’UNE OPPOSITION
Evidemment, les critiques de l’opposition ne sont pas – et ne peuvent pas être -toujours pertinentes, mais peu importe, elle (cette opposition) est dans son rôle ! C’est pour cela que ça fait rire lorsque le porte-parole du RHDP reproche au président du PDCI-RDA de n’avoir pas fait de « propositions ». Encore une mentalité de parti unique : « presse de développement », « opposition responsable », etc. Non, un opposant n’est pas « obligé » de faire des « propositions » au gouvernement. Elle « dénonce », elle « interpelle », elle attire l’attention du pouvoir sur les manquements qui peuvent exister, les injustices, la mauvaise gouvernance…

Et puis, à quoi sert la pléthore de conseillers de la Présidence ? Si c’est l’opposition qui doit faire des propositions ? Chacun doit faire son travail !

A ce niveau de mon propos, je donne un témoignage concernant la « presse d’Etat ». Il y a quelques années, l’un de nos collèges à Fraternité-Matin (le regretté Lambert Kouassi) en « visite de groupe » aux Etats-Unis, a eu toutes les peines à convaincre les Américains sur « la nécessité de l’existence d’une presse d’Etat ». A chaque réunion du groupe avec les Américains, il lui était donné la parole pour s’expliquer. C’est que pour les Américains, la presse, « quatrième pouvoir » dans un régime démocratique, ne peut faire bon ménage avec un autre pouvoir, notamment le « pouvoir exécutif » qui doit « se défendre tout seul » par divers moyens dont le droit de réponse, les conférences de presse, etc. Le parlement aussi est un autre pouvoir qui doit être « indépendant », tout comme le « pouvoir judiciaire »… et les partis politiques et la presse, ainsi que les syndicats, tous concourant à la dynamique démocratique.

Jeu funambulesque

Ainsi donc, nous devons apprendre à œuvrer pour la promotion de la démocratie dans notre pays, en laissant « chaque pouvoir » (dont l’opposition) et chaque citoyen (donc la société civile) jouer « librement » leur partition. Arrêtons ces « pitreries » d’un âge révolu qui nous rappellent les pirouettes des personnalités au Zaïre de Mobutu et au Togo de Eyadema, où même les ministres, avant de prononcer leur discours, se devaient d’esquisser des pas de danse. Oh, que c’était ridicule ! On voyait chacun déployer des efforts surhumains pour être le meilleur danseur, le meilleur apologiste ! Comme aujourd’hui Adjoumani et consorts qui, pour plaire à leurs « nouveaux maîtres », se livrent à ce « jeu funambulesque » !

Oubliant qu’ils sont au pouvoir qui exige la « retenue » dans leurs prestations publiques. Ce n’est point la même exigence du côté de l’opposition qui est, pour ainsi dire, dans de « beaux rôles ». Et puis, transfuges du PDCI-RDA, ils devraient se demander pourquoi à eux de faire les sales boulots.

Une chose est cependant certaine : les mêmes qui vilipendent aujourd’hui leurs « anciens maîtres », on les verra demain servir de « nouveaux maîtres » avec le même zèle, les mêmes flagorneries. Et c’est là que ceux qui les « utilisent » aujourd’hui doivent faire attention : adeptes de la philosophie « fologoïenne », ils chercheront toujours à sécher leur linge là où brille le soleil. Même si pour Fologo, « Il n’est pas très intelligent de sécher son linge là où il n’y a pas le soleil ». Bien dit ! Mais l’autre jour, mon épouse m’a appris que s’agissant des « pagnes de qualité », il faut éviter de les sécher au soleil, au risque de leur faire perdre leur couleur. Ce sont donc les « mauvais pagnes » qu’on sèche au soleil.

En choisissant d’aller sécher leur linge là où il y a le soleil RHDP, les « judas » du PDCI-RDA risquent de déprécier eux-mêmes, leur valeur. D’ailleurs, contrairement à ce qu’on pense, ces « judas » du PDCI-RDA sont « méprisés » par leurs « nouveaux maîtres », car ils savent quelle valeur incarnent de tels individus : la traitrise et le manque de dignité ! Et les « rois » n’aiment pas ce genre d’individus. C’est pourquoi il faut éviter de trop s’extérioriser en « prenant les palabres des rois pour ses palabres ».

Car ces rois s’entendront demain comme deux larrons en foire, privilège de classe obligeant ! Principe par lequel un « sujet » (on parlerait aujourd’hui de « subalterne ») qui élève la main sur un roi, ou l’insulte, peut être « puni » par le roi qu’on sert, car il considère ce comportement comme un crime contre lui-même ! On connait le cas de ce jeune homme dans la Bible qui, après avoir tué Saül, l’ennemi de David, a été tué par ce dernier : on ne tue pas un « oint de Dieu ». A la vérité, David défendait la « classe » (ou club) des rois !

En définitive, ces individus qui courent pour aller sécher leur linge au soleil RHDP, ce sont les mêmes qui, si demain, dans sa rotation, le soleil change de côté, reviendront se prosterner devant leur « ancien maître » (ou leur « nouveau nouveau maître ») et, toute honte bue, au lieu de faire profil bas, se mettront à vilipender le « nouvel ancien maître » comme du « poisson pourri » (comme on dit à Adjamé). Sous le prétexte qu’ils n’ont pas la « culture de l’opposition ». Ah !bon, il y a une « culture de l’opposition » !

A la vérité, on n’est pas prêt à contribuer à la promotion de la démocratie qui implique la « lutte » et autres privations.

En effet, et pour paraphraser Bernard Zadi Zaourou, « le combat démocratique n’est pas une élection de Miss CI ». Or, dans le cas d’espèce, on se trouve dans cette alternative : le choix entre le « ventre creux » qu’occasionne la lutte et la panse pleine que procure le « poste ». Dans cette alternative, pas d’hésitation pour les « pouvoiristes ».

Dommage pour la Côte d’Ivoire de demain ! Heureusement qu’on peut trouver dans le « nouveau bédiéisme » », une nouvelle raison d’espérer. Que Dieu nous bénisse.

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