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Côte d’Ivoire : un code électoral qui met en mal la candidature de Tidjane Thiam

Le nouveau code électoral a été publié au journal officiel le jeudi 30 avril 2020, celui-ci indique que le prochain Président de la République de Côte d’Ivoire devra être « exclusivement » de nationalité ivoirienne. Cette mention va-t-elle frapper Tidjane Thiam, probable candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2020 ?

Le nouveau code électoral a été publié le jeudi 30 avril 2020 dans le journal officiel de Côte d’Ivoire. Mais un passage de ce code attire certainement l’attention de Tidjane Thiam, l’ex-directeur général de Credit Suisse qui s’apprête à descendre dans l’arène politique ivoirienne et certainement à prendre part à l’élection présidentielle d’octobre 2020.

En effet, l’article 43 précise que, « (…) le candidat à l’élection présidentielle doit jouir de ses droits civils et politiques et doit être âgé de trente-cinq ans au moins. Il doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d’origine ». La disposition sur la « nationalité exclusive », introduite dans la constitution en 2016 par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara risque d’exclure Tidjane Thiam de la course présidentielle. Elle a été reconduite par l’ordonnance présidentielle récente.

LE NOUVEAU CODE ÉLECTORAL DE CÔTE D’IVOIRE, LA CANDIDATURE DE THIAM ET OUATTARA
De fait, la constitution de 2000 dans son article 35 indique que, « (…) le candidat à l’élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante-quinze ans au plus. Il doit être ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine. Il doit n’avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité (…) ».

Tidjane Thiam est constamment présenté par les médias occidentaux comme possédant la double nationalité française et ivoirienne. « Il n’est plus revenu en Côte d’Ivoire depuis plus de vingt ans, indique, sourire en coin, un cadre du RHDP. Il est clair qu’il ne tournait pas, depuis tout ce temps, avec la nationalité ivoirienne exclusivement ».

Une disposition dans la constitution qui éliminerait la candidature de Thiam comme celle de Guillaume Soro est de fait éliminée, suite à sa condamnation controversée par le juge Amouroulaye Cissoko ? Les partisans de Thiam se montrent sereins. « Pour être candidat, il faut être Ivoirien, de père ou de mère Ivoiriens. Thiam remplit bien ces conditions. Il serait incongru que ceux qui ont proclamé vouloir combattre l’Ivoirité, deviennent eux-mêmes des chantres de l’Ivoirité, par peur de la compétition électorale », objecte un fervent supporter du célèbre banquier.

DE OUATTARA À THIAM, UNE AFFAIRE DE CODE ÉLECTORAL ?
Notons que le Président de la République, Alassane Ouattara a toujours combattu les dispositions tendant à éliminer des adversaires politiques. Du moins quand il était opposant. Le vendredi 29 novembre 2019, lors de la troisième journée de la visite d’État qu’il effectuait depuis le mercredi 27 novembre dans le Hambol avait souligné que le prochain scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire se tiendrait dans un environnement apaisé.

« Je voudrais rassurer les candidats. Il n’y aura pas d’exclusion, y compris Alassane Ouattara », avait fait savoir le chef du palais d’Abidjan. Le procès hâtif de Guillaume Soro, la candidature au forceps d’Amadou Gon Coulibaly pour le compte du RHDP, les tracasseries contre une partie de l’opposition, les brimades de voies dissidentes dénoncées par Amnesty International et le débat prématuré sur l’invalidité de la candidature de Tidjane Thiam prouvent que les paroles et les actes sont souvent deux choses différentes, en politique.

Avec Afriksoir

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