12112017Headline:

Côte-d’Ivoire /Un créateur d’emplois prêt à supprimer 63 emplois: La liste dans les couloirs de la Présidence…

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CIV-Un créateur d’emplois prêt à supprimer 63 emplois: La liste dans les couloirs de la Présidence…

La problématique de l’emploi demeure une préoccupation majeure pour les jeunes, en grande partie, éternels abonnés au chômage presque endémique.

En dépit des chiffres avancés par le gouvernement, la situation des jeunes reste presque intacte. Une agence a été mise sur pied pour gérer cette épineuse question. Et des chèques ont été distribués aux jeunes à grands renforts publicitaires, mais sont quasiment revenus impayés jusqu’à ce jour. Leurs comptes bancaires, logés dans les différentes agences de la Coopérative d’épargne et de crédit (COOPEC) du pays, restent sans irruption d’une pièce de 100 FCFA. La fusion faite de la ribambelle de structures créées pêle-mêle pour gérer cette laborieuse question de l’emploi des jeunes semble produire des effets contraires. Le Fonds national de la jeunesse (FNJ), le Fonds ivoirien pour le développement de l’entreprise nationale (FIDEN) et l’Agence d’étude et de promotion de l’emploi (AGEPE), rappelons-le, ont été dissouts par le décret N°2015-459 du 24 juin 2015, pour la création de l’Agence Emploi Jeunes (AEJ). A cet effet, le président de la République avait donné des instructions fermes en tapant du poing sur une table – dont tout le monde s’étonne de la voir tenir encore sur les pieds – de ne pas laisser les employés de ces structures dissoutes dans la nature. Histoire de ne pas résoudre la question de l’emploi par le renvoi de certains pour en faire d’autres chômeurs. C’est ainsi qu’un administrateur par intérim, un certain Ange-Désiré Danho, avait été nommé pour conduire la fusion devenue aujourd’hui une confusion presque parfaite. Un processus qui, à terme, devrait permette une incubation achevée des compétences et de l’expérience des structures dissoutes. Raté! Pour ce qui concerne le FNJ, par exemple, depuis septembre 2015, la Couverture d’assurance maladie (CAM) a été arrêtée. Ils ont été privés de gratification à la fin de l’année 2015. Pauvres travailleurs, ils n’ont même pas eu droit à un peu d’argent de plus pour beurrer leur pain comme cela était de tradition! Un licenciement inexprimé qui suivait son cours et dont les effets sont palpables en ce moment. A titre d’illustration, la confirmation du licenciement et d’une modification unilatérale du contrat de travail. La nouvelle grille salariale est prête. Certains verront leur salaire se réduire considérablement… Ensuite, les recrutements n’ont pas été faits comme cela se devait, selon des sources de «L’Eléphant». Aucun membre des anciennes structures dissoutes n’a été convié à un entretien. Seules des personnes étrangères à la structure qui, pour certaines, sont venues avec l’administrateur par intérim, étaient les heureuses privilégiées de ce recrutement. Après cette «farce» appelée recrutement, dont les résultats étaient presque connus d’avance, les directeurs ont été nommés, les sous-directeurs également, ainsi que les chefs de service. A l’Agence emploi Jeunes, ça va vite. Certains stagiaires sont automatiquement bombardés chefs de service, avec, à la place de la case expérience, «zéro». Ils sont en même temps chefs de service, et en formation. Des stagiaires sont des sous-directeurs et chefs de service, avec un niveau de Brevet de technicien supérieur (BTS)!

 

Une liste de 63 personnes ʺindésirablesʺ

Ce n’est pas encore officiel! La liste est sous les manteaux, dans les couloirs de la Présidence et dans certains tiroirs du cabinet du jeune ministre. Les premiers responsables de cette faîtière, qui devraient jouer le rôle de créateur d’emploi, sont à la recherche de «glue» pour afficher nuitamment cette liste. Sauf cataclysme, cette liste sera affichée aujourd’hui. «L’Eléphant», dont chacun connaît son mauvais penchant pour les choses de ce genre, s’est offert le luxe de consulter cette liste. Les noms qui y figurent sont au nombre de 63 agents. 32 fonctionnaires seront mis à la disposition de la Fonction publique, et 31 contractuels virés de l’Agence. Semble-t-il, ils ont de petits diplômes, ces contractuels. Mais dis-donc! On ne leur donnait pas aussi des salaires au-delà du seuil de tolérance de leur diplôme! Déjà, leur prime de rendement a été supprimée à la fin du mois de juillet. Voilà comment une structure sensée créer des emplois fabrique des chômeurs et déplace les fonctionnaires comme les pions dans un jeune de dames.

 

Adama Bictogo sait de quoi il parle…

Le mercredi 03 août, à la Rue Lepic, à l’occasion d’un dialogue direct entre dégés des structures publiques et ministres de la même écurie politique, le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Emploi des Jeunes et du Service civique, Sidi Tiémoko Touré et l’ex-ministre de l’Intégration africaine,  Adama Bictogo, se sont retrouvés nez-à-nez avec les jeunes voulant quitter les rangs des chômeurs. Les jeunes du RDR voulaient tous savoir à quand la fin de leur chômage. Ecoutons l’un d’entre eux, un certain Diomandé Soualio. «Dès demain, prenez la liste des jeunes du RJR (Rassemblement des jeunes républicains) pour les employer dans votre cabinet. En ce moment-là seulement, l’on saura que M. Sidi a travaillé pour les jeunes».  Sidi Tiémoko Touré devrait le faire rapidement pour avoir la reconnaissance des militants de son parti. Pour les autres jeunes de Côte d’Ivoire, ça ne devrait pas être sa priorité si l’on s’en tient à la multitude d’intervention des jeunes du parti à la case. Malgré l’intervention du jeune ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Emploi des Jeunes et du Service civique – au curriculum vitae kilométrique – d’expliquer son rôle institutionnel, les jeunes ne voulaient pas entendre parler de ce couplet. Heureusement que Adama Bitocgo était à ses côtés pour lui venir en aide. «Le parti doit faire embaucher les jeunes. Que chaque ministre et DG fasse sa part. Il faut un quota de recrutement à chacun des responsables (…) Avec le ministre Sidi Touré, nous travaillerons et vous verrez les résultats d’ici peu.» Dixit Bictogo Adama. Eh bien, on espère que cela n’a rien à voir avec les 63 agents qui seront privés de pain définitivement pour certains et voir leur ration alimentaire diminuée, pour les plus chanceux! En effet, pour la plupart de ces agents à licencier qu’on traite de ceux ayant un petit niveau à l’Agence – Certificat d’aptitude professionnelle (CAP); Brevet d’études professionnelles (BEP) et Brevet de techniciens (BT) – au lieu de recevoir une prime de 600.000 FCFA par trimestre, ils auront un peu plus que leur salaire de la Fonction publique qui est de 105.000 FCFA, pour être désormais plafonnés à 190.000 FCFA le mois. Du moins, pour ceux qui non seulement resteraient après cette hémorragie, mais qui seraient fonctionnaires! «Et nous qui avons pris des engagements auprès de nos banques en fonction de nos revenus actuels?» Interroge un agent de cette catégorie…comme si «L’Eléphant » avait la réponse à une telle question.

F.TAKY (L’Eléphant déchainé 470)

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