07192018Headline:

Côte-d’Ivoire: Une semaine après l’évasion au palais de justice,Un grand mystère sur les auteurs du coup/Qui a fait ?..

Le mardi 8 août 2017, peu avant midi, un commando armé s’est invité au violon du palais de justice du Plateau pour en soustraire un prévenu qui était en instance de jugement. Le fait insolite avait créé la panique de laquelle ont profité 19 autres prévenus (officiellement, sinon plus) pour fuir la justice. Évidemment, l’affaire a suscité beaucoup de commentaires et les autorités ivoiriennes ont pris des mesures conservatoires en relevant de leurs postes tous ceux qui étaient en charge de la sécurité du palais. Parmi eux, le commandant et ses agents mis aux arrêts pour les nécessités d’enquête.

Cela fait une semaine jour pour jour et le mystère reste entier sur l’identité des assaillants qui ont opéré en plein jour sans être inquiétés. Qui a fait le coup et qui est ce prisonnier soustrait de la cellule ? Aucune information officielle ne vient pour l’instant éclairer l’opinion et dans cette grisaille sécuritaire, on apprend qu’une attaque déjouée à Dabou s’est soldée par l’arrestation de 10 personnes.

Au palais de justice, même si le dispositif sécuritaire n’est plus discret comme dans un passé récent avec un déploiement du CCDO, même si l’escorte des prisonniers a été renforcée comme nous l’avons constaté hier lundi, la rigueur laisse à désirer. Aux abords de l’édifice, toujours cette flopée de racoleurs au service des greffiers et autres magistrats pour l’établissement à délai moindre de papiers administratifs, toujours cet accès facile sans fouilles ni contrôle aux entrées, toujours ces vendeuses ambulantes et toujours ces véhicules qui stationnent n’importe comment devant et dans le palais. C’est comme si rien ne s’était passé là mardi dernier.

Retour sur les faits

Pourtant des témoins interrogés par ‘’Connectionivoirienne’’, affirment que les choses se seraient passées autrement s’il y avait eu un minimum de rigueur. Selon un témoin venu solliciter un permis de communiquer le jour des faits, le véhicule par lequel les assaillants ont pénétré l’enceinte du palais a longtemps attendu du côté du stade Houphouët-Boigny jusqu’à ce que ses occupants profitent de l’entrée d’une ambulance qui transportait un détenu malade. Ses vitres teintées n’ont pas attiré l’attention des agents de sécurité. « Par la suite et très rapidement, ils ont libéré un prisonnier. C’est lorsqu’ils l’ont sorti que les autres prévenus ont commencé à courir dans tous les sens avec ou sans les menottes aux poignets. J’en ai vu qui ont sauté la clôture pour se fondre dans la broussaille aux abords du stade Houphouët-Boigny. On n’a pas entendu de coups de feu mais c’était la panique », fait savoir notre interlocuteur.

Le sang-froid des policiers a sauvé des vies

Un autre témoin, cette fois, officier de police nous informe également que si les policiers en charge de la sécurité au violon n’avaient pas fait preuve de sang-froid, on aurait déploré plusieurs morts ce jour-là parce que les assaillants étaient loin d’être des enfants de cœur. « Au contraire de ce qu’affirment les autorités judiciaires, les gens qui sont arrivés portaient des treillis militaires. Quand ils sont arrivés, ils ont maîtrisé le policier qui filtre les entrées à la porte du violon pour qu’il ouvre. Ils ont dit aux autres qu’ils n’avaient pas affaire à eux mais quitte à eux de coopérer. Doucement, ils ont demandé qu’on leur remette leur gars pour qu’ils se retirent avec lui. Ils ont aussitôt sorti les armes qu’ils portaient sous les treillis et un des policiers a crié : ‘’Ils sont armés !’’. En un clin d’œil, ils sont repartis avec lui. C’est sûr, cet individu qui devait passer en jugement est lié aux récentes attaques des positions des forces de l’ordre. Il y avait eu des arrestations et ce type faisait partie des hommes arrêtés », explique notre source qui a requis l’anonymat.

Toujours est-il que ce précieux évadé et ses ravisseurs courent toujours. Son identité n’est pas officiellement révélée. Le confrère Notre Voie a certes publié une liste de 19 évadés dans sa publication du lundi 14 août 2017, mais rien n’indique que le gros poisson figure dans cette liste.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

 

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