10182017Headline:

Côte d’Ivoire –Voici la déclaration de l’ex ministre Daniele Boni Claverie présidente de l’URD

Boni Claverie

Notre Pays sort difficilement d’une crise socio-politique qui a profondément traumatisé les populations et la Côte d’Ivoire avance inexorablement vers la date fatidique du 25 octobre 2015, jour de l’élection présidentielle.

Cette élection est importante parce que c’est elle qui devrait panser définitivement nos blessures et porter nos espérances d’une paix durable, d’une restauration de la cohésion sociale et d’une relance économique profitable au plus grand nombre.

Contre toute attente, cette campagne se déroule dans une indifférence jamais égalée. En lieu et place d’une élection disputée, vivante, joyeuse et loyale, on nous offre une campagne insipide, sans relief où la peur le dispute à la morosité. Deux raisons peuvent expliquer ce désintéressement.

Il s’agit de la disproportion des moyens entre le Président sortant et les autres candidats mais aussi de la mainmise du Pouvoir Exécutif sur le dispositif électoral et le déroulement du processus.

Ce manque d’intérêt des Ivoiriens traduit aussi le sentiment très largement répandu que les jeux sont déjà faits, les cartes déjà distribuées et qu’il ne sert à rien de participer à un scrutin dont les résultats sont connus d’avance et qui font même l’objet de pronostics en général très flatteurs à l’endroit du Président candidat.

L’URD n’a eu de cesse de réclamer la mise en place de conditions minimales de transparence pour garantir à nos compatriotes des élections apaisées et crédibles, l’une conditionnant l’autre.

A la suite de l’URD et d’un certain nombre de partis de l’Opposition, des candidats, dès leur entrée en lice ont eux aussi demandé un report de l’élection pour se laisser la possibilité d’engager des discussions constructives en vue de rechercher un consensus entre le Pouvoir et l’Opposition pour le bon déroulement du scrutin.

Des Centrales syndicales n’ont pas hésité à donner de la voix, s’inquiétant des signes de plus en plus visibles de tensions et de crispations à l’approche de l’élection. Elles ont interpellé le Président candidat pour que des discussions franches s’engagent afin d’éviter à notre pays des dérives graves, préjudiciables à la paix et au bien-être des populations. En dépit de ces appels pressants, le Président candidat est resté sourd à ces demandes et porte donc la responsabilité de ce qu’un climat délétère peut engendrer.

Le constat de l’URD est que pour la présidentielle de 2015, il n’y a eu ni concertation, ni dialogue, ni recherche d’un consensus, ce qui laisse la porte ouverte aux récriminations, au ras-le-bol et aux coups de colère. On veut nous imposer un passage en force, source de contestation et porteur de germes de conflit.

Depuis des mois, l’URD n’a eu de cesse de rappeler les maux dont entre autres nous souffrons. La réconciliation n’est pas faite, le processus est entaché de graves déficits dont celui d’avoir piétiné dès le départ l’article 35 de la Constitution et d’avoir rendu éligible le Président candidat. Le mode opératoire de cette élection souffre de graves irrégularités, de fraudes nombreuses auxquelles s’ajoute une bonne dose d’incompétence de la part de la CEI.

Et la dernière décision de cette Institution de proroger le délai de retrait des cartes d’électeurs est une nouvelle démonstration du mépris qu’elle porte aux lois et règlements qui nous régissent et dont le respect est le ciment d’une Nation.

Face à ces dérives, l’URD n’a jamais changé de cap. Nous restons attachés aux valeurs que nous ne cessons de prôner. Le respect de notre Loi Fondamentale, l’apaisement du climat social par la libération de tous les détenus politiques, notamment celle de nos jeunes dont Samba David, figure emblématique d’une jeunesse qu’on emprisonne pour délit d’opinion.

C’est pourquoi, l’URD demande aux candidats encore en lice de se retirer de la course, de ne pas participer à l’élection présidentielle tant que des conditions de transparence ne sont pas remplies. La restauration de notre pays passe par des élections transparentes, inclusives, crédibles et apaisées.

L’URD appelle tous les Ivoiriens à exprimer leur désaccord face aux pratiques antidémocratiques du Pouvoir en s’abstenant de voter le dimanche 25 octobre 2015. L’abstention est un choix démocratique que l’on retrouve même au Parlement et ne s’apparente en rien à un acte de désobéissance civile puisque le vote n’est pas obligatoire en Côte d’Ivoire.

L’URD en lançant cet appel, prend ses responsabilités face aux électeurs et devant l’Histoire. Elle estime que cette élection présidentielle doit être reportée d’une façon conséquente et déboucher sur une transition parce qu’elle est contraire aux intérêts de la Nation et susceptible de déboucher sur une crise encore plus grave que la précédente

apr-news.fr

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