08192017Headline:

Côte d’Ivoire-Voici la vraie raison du transfert de Simone Gbagbo à Abidjan

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L’ex-première dame, Simone Ehivet Gbagbo a été transférée lundi à Abidjan en provenance d’Odienné (Nord-ouest) où elle se trouvait en résidence surveillée.

Simone Ehivet Gbagbo est suspectée de plusieurs crimes par la justice ivoirienne parmi lesquels des « crimes de guerre », des « crimes de sang », des « crimes économiques ». Elle est encore poursuivie pour « troubles à l’ordre public, atteinte à la sûreté de l’Etat et entretien de bandes armées ». Tous ces chefs d’accusation sont en rapport avec la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, entre décembre 2010 et avril 2011.

L’ex-première dame, attestent les sources proches du ministère de la Justice et de sa Défense, a été transférée à Abidjan dans l’attente d’un procès en assises qui verra également la comparution de 80 pro-Gbagbo. Il serait toutefois naïf de ne pas inscrire ce transfèrement de Simone Gbagbo dans un contexte où l’ex-première dame, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (Cpi), est fortement réclamée à La Haye. La Côte d’Ivoire qui ne souhaite pas extrader l’ex-députée d’Abobo à la prison de Scheveningen a adressé plusieurs courriers à la Cpi, expliquant qu’elle compte juger Simone Gbagbo en Côte d’Ivoire.

Les avocats de l’Etat ivoirien à la Cpi, Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoît, ont introduit une requête en irrecevabilité auprès de la Chambre préliminaire 1. En retour, les juges de la Chambre préliminaire avaient demandé de fournir des éléments qui attestaient de la volonté et de la capacité de la Côte d’Ivoire à juger sa ressortissante. Des documents ont été acheminés aux juges de la Cpi dont plusieurs procès-verbaux d’audition de Simone Gbagbo, dans sa résidence surveillée d’Odienné. Son transfèrement lundi à Abidjan vise, d’une certaine façon, à accélérer la procédure et donner la preuve auprès de la Juridiction internationale que l’Etat ivoirien est déterminé à juger l’ex-première dame sur son sol.

Dans leur courrier à la Chambre préliminaire, le 10 Octobre 2014, Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoît indiquaient : « la République de Côte d’Ivoire entend faire usage de la faculté qui lui est ainsi ouverte de solliciter l’autorisation de compléter sa requête (en irrecevabilité), si et dans la mesure où l’évolution de la procédure visant Mme Gbagbo devant les autorités judiciaires nationales exigeait un tel complément pour la parfaite information de la Cour ». Il est évident que les responsables ivoiriens voudront renforcer leur dossier à la Cpi, en tenant dans les semaines à venir, le procès en assises de Simone Gbagbo. Ils espèrent convaincre…définitivement la Chambre préliminaire 1 de leur volonté et de leur capacité à juger l’épouse de Laurent Gbagbo.

Soir Info

Kisselminan COULIBALY

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