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Côte-d’Ivoire:Alerte !! Arnaque des logements sociaux: Des souscripteurs floués par une opération immobilière/ Ouattara interpellé

logements

Arnaque autour des logements sociaux: Des souscripteurs floués par une opération immobilière

L’opérateur immobilier dit ses vérités
Le président Ouattara interpellé

Ils ont souscrit avec joie au projet des logements sociaux lancé en 2012. Des années plus tard, ils sont nombreux les souscripteurs à s’interroger sur leur sort. Une enquête exclusive sur le sujet révèle qu’ils ne sont pas au bout de leur peine.

Octobre 2015. La campagne électorale de la présidentielle bat son plein. Alassane Ouattara, premier promoteur des logements sociaux dont il a fait un axe important de son programme, est sur le terrain pour solliciter le suffrage du peuple en vue d’un second quinquennat. Dans son bilan, «qui plaide en sa faveur», selon ses partisans et ses communicants, les logements sociaux sont mis en relief pour convaincre les électeurs. Pour certains citoyens, notamment des souscripteurs aux logements sociaux, plus préoccupés par leur sort, ce message a du mal à passer. Avec ce projet de logements, ils vivent une sorte de cauchemar entretenu par une arnaque qui ne dit pas son nom. Pourtant, ils ont cru en ce projet et y ont souscrit en grand nombre, malgré l’alerte venant des opposants qui criaient déjà à l’arnaque. Malheureusement ! Après avoir attendu plusieurs années, baladés de promesse en promesse, ces Ivoiriens voient leurs espoirs s’évanouir. Ils sont victimes d’un opérateur immobilier qui leur a mis la poudre aux yeux: l’entreprise Mouroufié Sarl dirigée par K. Adou, à qui le gouvernement a fait confiance pour bâtir des logements sociaux. L’une de ses dizaines de victimes est Amadou. Le vendredi 23 octobre 2015, dernier jour de la campagne présidentielle, ce dernier nous joint par téléphone et demande à nous rencontrer de façon urgente. Nous lui donnons rendez-vous le 26 octobre 2015, le lendemain du scrutin, à notre Rédaction. A l’heure indiquée, il est dans nos locaux. La tristesse se lit dans son regard. «Je suis venu dénoncer le promoteur Mouroufié et sa structure. Ils nous ont encouragés à souscrire aux logements sociaux malgré notre réticence. Ils nous ont convaincus que le chef de l’État a donné sa parole, et comme j’ai confiance au président Ouattara, j’ai accepté de le faire», déclare-t-il d’emblée, quand nous lui demandons le motif de sa visite. En effet, Amadou fait partie des premiers souscripteurs aux logements sociaux. Il a ouvert son dossier à Mouroufié Sarl en décembre 2013, en conformité avec les conditions du Centre de facilitation de formalité d’accès au logement (Ceffal). «Depuis décembre 2013, j’ai souscrit pour un logement social de deux pièces d’un coût de dix (10) millions Fcfa, à la cité Modeste sur la route de Bassam. J’ai payé un million quatre cent quatre-vingt quinze mille (1.495.000) Fcfa. On m’a présenté les plans des maisons et j’ai choisi. Ils m’ont demandé le type de contrat pour lequel je veux opter, et j’ai dit un contrat à tempérament», explique-t-il. Hormis cela, il doit payer 40 mille Fcfa par mois comme acompte.

Les souscripteurs vivent un vrai drame

A ce jour, le montant versé au titre de l’acompte avoisine les 380 mille Fcfa. Parmi les options de paiement des logements, à savoir le cash, le paiement sur trois ans et le paiement à tempérament, Amadou a choisi cette dernière option. Elle consiste à obtenir auprès d’une banque le paiement intégral du coût de la maison que le souscripteur devra rembourser sur une période de 20 ans, moyennant des frais d’intérêt. Mais le rêve d’Amadou d’entrer en possession de «sa maison» va se briser ce vendredi 23 octobre 2015 où il nous a contacté. Ce jour-là, il reçoit une convocation de son promoteur lui demandant de se rendre à ses bureaux, à la Riviera Golf. Pour Amadou, ce sera certainement la fin de la longue attente. Mais, sur place, grande sera sa surprise. «Je me rends là-bas et on me dit que nos maisons ont été vendues à des personnes qui ont payé cash», s’étonne le souscripteur. Pour le consoler, le promoteur lui fait savoir qu’il dispose d’une nouvelle parcelle à Vitré (Bassam) et qu’il pourra obtenir une autre maison là-bas, s’il le souhaite. Parce que les logements sur ce nouveau site n’auront pas les mêmes coûts. Ils ont augmenté de deux millions de Fcfa. Ceux de 7,5 millions de Fcfa passent à 9,5 millions de Fcfa. Ceux de 10 millions passent à 12 millions de Fcfa, quand ceux de 15 millions de Fcfa passent à 17 millions de Fcfa. Amadou n’en revient pas, il se sent floué et arnaqué. Non seulement il n’a pas la maison, mais il devrait payer encore plus. Il est ahuri. «Le chef de l’État dit que ce sont des maisons sociales, et là on voit que c’est pour les riches. Je dénonce. En plus, on nous parle de terrain disponible à Vitré, que nous ne connaissons même pas. Pour moi, c’est nous faire acheter le poisson dans l’eau. Qu’est-ce qui prouve que, demain, ils ne vont pas avancer les mêmes raisons pour vendre les nouvelles maisons et nous programmer pour un autre site?», s’interroge-t-il. La misère qu’il vit, lui et plusieurs autres souscripteurs, il veut la porter à la connaissance de tous. «Je suis venu dénoncer cela pour que toute la Côte d’Ivoire sache que ce qui se passe n’est pas bon. Quand on fait une promesse, il faut la tenir. C’est dans le mois de mai qu’on devrait nous livrer les maisons, mais ils ont fait croire qu’il y avait une pénurie de ciment. Et aujourd’hui, on nous dit que les maisons sont vendues cash. C’est de l’arnaque», soutient-il. Il y a un fait qui rend Amadou perplexe. Un ami qu’il a convaincu de souscrire seulement en 2015, qui n’était donc pas sur la liste de départ, a obtenu le numéro de sa maison. En février 2016, il est en train de remplir les formalités auprès de l’huissier de justice pour recevoir définitivement les clés du logement. «Son frère qui est en Europe l’a aidé à payer», révèle-t-il.

Le président Ouattara interpellé par les victimes

Face à cette situation, où trouver la solution à leur souffrance ? Amadou sollicite l’intervention du président Ouattara. Il espère trouver gain de cause auprès de lui. «Monsieur le président de la République, si vous êtes venu pour les pauvres et que vous voulez nous aider, pensez à nous. Nous ne pensions pas que nous aurions un jour une maison, mais c’est grâce à vous que cela est possible. Si on doit nous arnaquer chaque fois, qu’allons-nous devenir ?», supplie-t-il le président de la République. Amadou n’est pas la seule victime de l’entreprise Mouroufié. Bien des souscripteurs ont été floués, mais ont peur de parler. Ce qui n’est pas le cas de Fatou qui a aussi trouvé le courage pour dénoncer cet «abus de confiance». «Ce n’est pas normal ce qu’ils font. C’est vraiment injuste, et le chef de l’État doit réagir parce que c’est son projet. Il ne peut pas laisser des opérateurs nous malmener comme cela», martèle-t-elle. A l’entreprise Mouroufié, que nous avons joint par téléphone, une commerciale a confirmé la vente des maisons. «Oui, on peut avoir une maison cash même si on n’est pas sur la liste de départ. Mais, il n’y a plus de maison. Elles ont toutes été livrées depuis juin 2015», affirme t-elle. Le 23 novembre 2015, nous nous rendons sur le chantier de Mouroufié, sur la route de Bassam. Des ouvriers puis le chef de chantier, Kossonou, à qui nous avons exprimé notre désir d’acheter une maison, ont confirmé les dires des souscripteurs. «Si vous avez l’argent cash, vous pouvez avoir une maison, mais ce sera sur le nouveau chantier. Parce qu’ici, tout est acheté. Il ne reste que les maisons de haut standing de 35 millions de Fcfa. Si vous voulez, vous pouvez vous rendre au siège de l’entreprise», explique un ouvrier. Ces propos ont été confirmés par le chef Kossonou. Auprès d’eux, nous apprendrons que des personnes ont acquis plusieurs maisons sur le site, alors que selon les conditions du Ceffal, une personne ne peut avoir deux maisons en son nom. Tout cela, nous le vérifierons auprès des responsables de l’entreprise incriminée. Nous nous rendons à l’agence commerciale de Mouroufié, d’abord pour des renseignements sur les conditions de souscription, notamment le paiement par tempérament. Ensuite, nous prenons rendez-vous avec Sinan Ali, le responsable commercial à l’époque (il sera limogé quelques jours après notre échange, ndlr). Il ne veut parler qu’en présence de son responsable, K. Adou.

Les vérités crues de l’opérateur immobilier

Ils acceptent de nous rencontrer le 3 décembre 2015. Pendant plus de 30 minutes, ces deux responsables et leur partenaire, un expatrié, expliqueront la procédure pour acquérir une maison sociale chez eux. Le directeur K. Adou se veut catégorique : «Aucun de nos clients ne peut dire que nous lui avons donné un numéro, après souscription, mais que nous refusons de lui donner la maison. Ce n’est pas possible». Ils estiment que les souscripteurs plaignants ne disent pas la vérité, parce que jamais il n’a été question qu’ils aient la maison à crédit. «Imaginez-vous que je négocie un prêt auprès des banques pour construire des maisons. Lorsque ces maisons sont prêtes, dois-je les livrer à des personnes qui n’ont pas soldé ? Comment nous rembourserons le crédit et construire les logements, puisque l’État nous a confié la construction de 3000 logements ? Cette opération est de 120 maisons, que nous avons réservées à ceux qui ont fini de solder. Je ne peux pas réserver une maison à quelqu’un qui doit payer sur trois ou quatre ans. Ce n’est pas une location-vente, mais plutôt des ventes directes», soutient K. Adou. Quant aux nouveaux coûts des logements, les trois responsables de Mouroufié les ont expliqués comme étant la conséquence de la pénurie de ciment et de l’amélioration apportée aux maisons. «Les clients gagnent en superficie», disent-ils. Deux agents du crédit immobilier à la Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire (Bhci) ont abondé dans le même sens. «Il n’est pas question de livrer les maisons à crédit. Mais chez nous, aucun client ne peut dire qu’il a eu un problème pour le financement d’un logement social. Mais, on ne peut pas monter un dossier de prêt pour une maison qui n’est pas encore sortie de terre et si elle n’a pas atteint un bon niveau d’avancement. Parce que les gens peuvent prendre l’argent et ne pas continuer les travaux. C’est moi qui gère les dossiers des souscripteurs des logements sociaux et à ce jour, tout se déroule bien», a dit un des responsables. Tout semble clair. Sauf que, selon des souscripteurs, l’entreprise Mouroufié ne leur a jamais dit qu’ils devraient entrer en contact avec une banque pour obtenir un aval. «On ne nous a jamais dit d’aller voir une banque. Au contraire, quand nous avons souscrit, ils ont gardé nos documents et ont dit qu’ils négocieront les prêts auprès des banques», a soutenu Amadou. Quand nous retournons vers Sinan Ali pour en savoir davantage, nous apprenons qu’il a été remercié. C’est le directeur K. Adou qui nous reçoit. Sur le motif du licenciement de son responsable commercial, il dira : «Il a commis trop d’erreurs. C’est à cause de toutes ces choses que je l’ai remercié». Il a semblé, par ailleurs, étonné que son entreprise ait pris l’engagement de rencontrer des banques à la place des souscripteurs.

Le directeur du Ceffal refuse de parler

Que doivent faire ces derniers pour obtenir le prêt bancaire afin d’avoir une maison? La question, Amadou dit l’avoir posée au service commercial de Mouroufié, et la réponse est toute crue. «Allez-y vous débrouiller, on ne peut rien faire pour vous. Dans tous les cas, sachez que l’État ne vous dit pas la vérité, il vous trompe», lui aurait dit une des commerciales. Pour tirer au clair cette affaire, nous nous adressons au Ceffal, structure du ministère de la Construction en charge des logements sociaux. Après plusieurs coups de fil, le directeur, M. Doumbia, nous fixe un rendez-vous le 6 janvier 2016, au siège du Ceffal, à Cocody-les 2 Plateaux. A cette période, les rumeurs de remaniement ministériel couraient. «J’ai voulu mettre un visage sur le nom et la voix, puisqu’on ne communique que par le téléphone. Je vous demande de passer après que cette affaire de remaniement soit tirée au clair. Parce qu’on ne sait pas ce qui va se passer, et je ne veux rien dire qui soit compromettant », nous dit-il après que nous lui avons expliqué l’objet de notre visite. Une semaine après la formation du nouveau gouvernement, soit le 18 janvier 2016, nous rappelons monsieur Doumbia. A notre grande surprise, il affirme qu’il ne peut rien dire sur le sujet des logements sociaux par obligation de réserve. Attitude tout de même étrange, car on pourrait se demander ce qu’on veut bien cacher aux Ivoiriens. Que deviennent les sommes déposées par les souscripteurs dans ce méli-mélo ?. «Les souscripteurs n’ont pas accès à leur argent qui se trouve dans des comptes séquestres ouverts par l’État. Donc leur argent est là. S’ils veulent le reprendre, ils pourront le faire. Sinon, ils peuvent continuer à faire des dépôts jusqu’à atteindre le coût du logement parce que l’opération des logements sociaux va s’étendre sur une longue période», fait savoir K. Adou, le directeur de l’entreprise Mouroufié. Mais jusqu’à quelle période ? Aucune date n’est donnée. La situation d’Amadou et de bien d’autres souscripteurs ressemble, malheureusement, à la partie immergée d’un iceberg qui risque de causer le naufrage du bateau «logements sociaux» du président Ouattara, avec son lot de victimes comme dans le Titanic. Le gouvernement doit se prononcer.

César DJEDJE MEL

L’inter

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One Response to "Côte-d’Ivoire:Alerte !! Arnaque des logements sociaux: Des souscripteurs floués par une opération immobilière/ Ouattara interpellé"

  1. Patrick Passions says:

    Voici un bref résumé de mon aventure avec Marie-Jeanne, qui selon ce qu’elle m’a dit demeure au 25 Bis Rue des Ponts, 54000 Nancy, France. Mon aventure a commencé avec Skype, je communiquais avec d’autre personne et elle m’a demandé de communiquer avec moi à 3 reprises et je l’ai bloqué à chaque fois sauf que la 4e fois j’ai finalement accepté de lui parler et il ne fut pas question d’argent au début et la relation semblait très bien s’établir, elle m’a dit qu’elle était née en Espagne et qu’elle faisait de l’import export pour des produits de beauté elle est déjà venue rencontrer une cliente à Ottawa en 2014. Elle m’a dit que via l’Angleterre elle avait envoyé 2 conteneurs à Abidjan et qu’elle faisait affaire avec King Cash un magasin très répandu en Europe et en Afrique. Alors qu’elle m’a dit qu’elle faisait cette transaction je lui ai conseillé de se rendre elle-même à Abidjan pour négocier la transaction sur place. Alors rendu sur place elle m’a demandé si je pouvais l’aider car il fallait qu’elle paie un montant astronomique de douane mais qu’en retour elle me rembourserait. Je lui ai envoyé 3800 dollars et ensuite la demande se faisait plus pressante chaque fois.
    j’ai commencer à douter de sa sincérité alors j’ai exposé mon cas à une amie qui ma mise en contact avec Mr GEORGE ARTHUR qui est un agent Interpol qui m’a beaucoup aider.
    En effet il m’a démonté que s’était de l’arnaque alors il m’a aider a me faire rembourser.

    VOICI son ADRESSE E-mail : lieutenant.icpo@hotmail.com

    Merci.

    Patrick Passions

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