03232017Headline:

Côte d’Ivoire:législatives prochaines/ Akoun livre enfin les confidences de sa rencontre avec Gbagbo à la CPI

laurent akoun

Congrès de Mama, législatives prochaines/ Akoun livre enfin les confidences de sa rencontre avec Gbagbo

Il avait promis de rendre compte à son parti d’abord. Et, c’est ce qu’il a effectivement fait, le samedi 2 juillet 2016, au cours d’une réunion du Comité central ordinaire du camp Sangaré au Front populaire ivoirien (Fpi)

Au cours de la rencontre, qui s’est tenue à la résidence de Laurent Gbagbo (où habite actuellement son fils Michel) à la Riviera-Golf de 10 h à 13 h 30, Laurent Akoun a enfin levé le voile sur les deux audiences qu’il a eues, récemment, avec son mentor à La Haye. Selon des sources informées, il a dit à ses camarades du parti réunis, avec à leur tête Sangaré Abou Drahamane, que le fondateur du Fpi lui a indiqué qu’il endosse les résolutions du congrès de Mama, tenu fin avril-début mai 2015. Laurent Gbagbo lui aurait dit que ceux qui le connaissent savent qu’il a un grand respect des décisions du congrès. Et, le congrès de Mama, aurait poursuivi l’ex-président ivoirien, est une décision du Fpi. « En conséquence, aurait souligné M. Gbagbo, je soutiens sans réserve le Congrès de Mama et tout ce qui en est issu ».

Ce compte-rendu d’Akoun Laurent a donné lieu à deux interprétations au sein du camp Sangaré. Pour les « Gbagbo ou rien », « le chef » a ainsi entériné les deux décisions majeures prises à Mama. Un : Laurent Gbagbo est désormais l’ancien-nouveau président du Fpi. Deux : Affi N’Guessan est exclu du parti.

En tout cas, ils étaient nombreux à le penser et en s’en réjouir au sortir de ce Comité central.

Sur la question de la participation aux législatives prochaines, Laurent Akoun a rapporté que le célèbre détenu de La Haye a déclaré soutenir que le débat soit envoyé dans les fédérations du Fpi. C’est que, depuis le mois passé, le camp Sangaré au Fpi a demandé à ses Assemblées fédérales de dire si oui ou non, leur groupe doit participer à ces députations prévues début novembre 2016. « Que les Assemblées fédérales se laissent guider par l’intérêt du peuple, et non (par) les intérêts individuels », aurait déclaré Laurent Gbagbo à Akoun Laurent.

Un communiqué muet…

Pour le reste, les participants à cette réunion ont réaffirmé qu’ils s’opposent à l’élaboration d’une nouvelle Constitution, comme souhaité par le chef de l’État, Alassane Ouattara. C’est ce qui ressort d’ailleurs du communiqué de ce Comité central envoyé, le dimanche 2 juillet 2016), à la presse. « De tout ce qui précède, le Front populaire ivoirien, réuni en Comité central ordinaire, le samedi 2 juillet 2016 (…), marque son refus catégorique de cette nouvelle constitution dont il rejette en bloc les termes ; interpelle la Communauté internationale sur les graves violations de la Constitution ivoirienne par Alassane Dramane Ouattara ; salue et appuie les organisations politiques déjà mobilisées contre ce projet inopportun d’une nouvelle Constitution ; invite les démocrates de tout bord à tout mettre en œuvre pour contraindre Ouattara à renoncer à sa nouvelle forfaiture ; entend se donner les moyens légaux pour faire barrage, avec toutes les forces de progrès, à cette imposture à relent monarchique ; décide de se mettre en mission sur toute l’étendue du territoire nationale en vue d’informer amplement le peuple ivoirien sur les enjeux cachés de l’élaboration d’une nouvelle Constitution par Alassane Dramane Ouattara ; demande, enfin, à ses militants, à ses sympathisants et au peuple de Côte d’Ivoire de rester mobilisés et de se tenir prêts », peut-on lire dans le texte final de cette réunion du camp Sangaré qui ne fait aucunement mention du compte rendu des deux échanges de Laurent Akoun avec Laurent Gbagbo.

Toutefois, à en croire des participants à ce Comité central, l’ex-député d’Alepé a bel et bien évoqué, samedi, ses rencontres à La Haye avec ses camarades. Cela ne devrait surprendre guère. Car, pendant les deux mois environ qu’il a passés en Europe, le président-délégué du Fpi-camp Sangaré, Laurent Akoun a refusé de dire mot, publiquement, sur les audiences avec Laurent Gbagbo. Même quand il a foulé le sol abidjanais, le dimanche 19 juin 2016, il s’est contenté de lire un bout de papier. « Me revoici parmi vous après 58 jours hors du pays. Votre présence massive pour m’accueillir ne me surprend guère (…). Je suis vraiment heureux de me retrouver parmi vous, avec vous et chez nous. En cet instant de joie réelle et profonde, je ne me permettrai pas de vous raconter les détails de mon séjour. Ce ne serait pas juste politiquement et correcte parce que c’est aux organes dirigeants du Front populaire ivoirien que je dois d’abord donner les nouvelles », avait fait savoir M. Akoun, ajoutant toutefois ceci : « Mais vous me permettrez pour ceux qui, hier, authentifiaient les discours ou les écritures de Gbagbo, de dire ceci : c’est un petit voyage mais (dans) ce voyage, l’aspect le plus important, c’est que par deux fois le président de notre parti, Laurent Gbagbo et moi avons partagé, pendant des heures, des réflexions sur l’histoire de la Côte d’Ivoire et son lendemain. C’est ça qui est important. Le deuxième élément que vous devez retenir, sans entrer dans les détails, c’est qu’à l’occasion de cette visite, j’ai aussi été en direct dans ce qu’on appelle la salle du public à La Haye. J’ai vu en direct ce qui se passait dans le prétoire, mais évidemment vous avez aussi vu. Et quand on regarde ça, nous disons que Gbagbo va nous revenir et il reviendra le plus vite ».

On peut le dire : l’omerta a été enfin levée, samedi, sur les audiences, au Pays-Bas, entre les deux Laurent. Il reste les commentaires que les uns et les autres feront de ce compte-rendu de Laurent Akoun.

SYLLA Arouna

 linfodrome

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