09212017Headline:

Côte-d’Ivoire:Mutinerie,cache d’armes Soro Guillaume fait des révélations

Côte-d’Ivoire: Soro à Bloomberg « Je ne peux pas poignarder Ouattara dans le dos, j’ai toujours démontré ma loyauté »

«Même si j’avais laissé une armée mal disciplinée, des choses auraient pu …»

Avec Afrikipresse version en Francais

Dans un entretien accordé à Bloomberg Businessweek, le magazine hebdomadaire américain spécialisé dans l’économie, le dimanche 29 mai 2017, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro a longuement commenté les dernières mutineries des soldats démobilisés non sans se prononcer sur ses ambitions politiques à venir.

Une série de mutineries par des soldats en Côte d’Ivoire exigeant des paiements pour avoir soutenu le président Alassane Ouattara, a humilié ce pays d’Afrique de l’Ouest, selon le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, qui a autrefois commandé les troupes en tant qu’ancien chef rebelle.

« Je peux seulement noter que nous sommes méprisés », a déclaré Soro, 45 ans, lors d’une interview dimanche dans sa résidence à Abidjan, la capitale économique. « C’est une humiliation pour nous – l’État , le président, moi-même et les institutions ».

Les mutineries ont été menées par 8 400 ex-rebelles qui ont aidé Ouattara à prendre le pouvoir en 2011 après une décennie de crise politique. Les soldats, qui ont été intégrés à l’armée nationale, ont paralysé plusieurs villes du plus grand pays producteur de cacao au monde, demandant des primes qui leur ont été promis pour soutenir Ouattara.

Finalement les soldats arrêteront leur mutinerie le 16 mai 2017, après quatre jours de manifestation, lorsque le gouvernement a accepté de compléter leurs paiements (5 millions fcfa, après un premier paiement de 5 millions en janvier sur les 12 millions revendiqués, NDLR). Cette manifestation de mai est la deuxième depuis 2017.

Ces troupes faisaient partie de la rébellion menée par Soro qui soutenait Ouattara après que le président Laurent Gbagbo a refusé de reconnaître sa défaite lors des élections présidentielles de novembre 2010.

Depuis lors, le gouvernement de Ouattara a considérablement rétabli le calme, a supervisé une économie qui a progressé en moyenne de 9% par an, et a mené sa coalition au pouvoir à gagner confortablement lors des élections législatives de l’an dernier, en reprenant 167 des 255 sièges. [ NDLR ( rdr (129),pdci(89) et udpci (9) soit 227 pour le Rhdp, 9 pour vox populi, 9 pour Nouvelle vision, 9 pour Agir pour le peuple et 3 pour le fpi de Affi Nguessan ]

Le Président Alassane Ouattara ‘choqué’

Soro a déclaré qu’il était en contact constant avec le président, Alassane Ouattara pendant les mutineries. « Il a été choqué », a-t-il dit. « Il n’était pas content du tout ».

Les demandes des soldats n’étaient pas légitimes, a déclaré Soro, et le gouvernement n’aurait pas accepté de leur payer des primes d’une valeur de 12 millions de francs CFA (20 457 dollars) chacun après les premiers troubles de l’armée de cette année en janvier.

Le mois dernier, le gouvernement a révisé son budget de 2017 alors qu’il faisait face à des revenus plus faibles du cacao, sa principale culture d’exportation, limitant sa capacité à payer les troupes.

Le cacao a chuté de 34% au cours des 12 derniers mois à New York sur les attentes des récoltes exceptionnelles en Afrique de l’Ouest, y compris les approvisionnements record en Côte d’Ivoire.

La découverte d’une cache d’armes des soldats mutins le 15 mai dans une maison qui appartenait au chef de protocole de Soro, Souleymane Kamaraté Koné , a alimenté les soupçons que Soro soutenait les mutins. Il a refusé de commenter l’affaire alors que la brigade d’enquête de la gendarmerie continue d’entendre son chef de protocole (après une première audition le 16 et une autre hier lundi, Soul To Soul qui est libre de tout mouvement sera à nouveau entendu demain mercredi, NDLR).

Arme à feu

Un groupe d’experts des Nations Unies a déclaré dans un rapport l’année dernière que Soro a acquis environ 300 tonnes métriques d’armes et de munitions en 2011 suite à la crise postélectorale. Soro a nié les accusations.

« Je ne suis pas une personne qui peut poignarder dans le dos », a-t-il dit. « J’ai toujours démontré ma loyauté envers le président Ouattara ».

Soro a été une figure dominante dans le paysage politique de la Côte d’Ivoire depuis près de 15 ans. Alors que les critiques l’ont appelé comme un seigneur de guerre impitoyable avec une ambition ardente de se présenterà la présidence en 2020, une grande partie des forces de sécurité lui est encore fidèle.

Ancien chef de l’union d’étudiants influents à l’Université d’Abidjan, Soro est apparu comme un cerveau politique des rebelles qui ont occupé le nord de la Côte d’Ivoire suite à une tentative échouée d’évincer Gbagbo en 2002. Après que plusieurs commandants insurgés ont été tués dans des conflits de leadership interne, Soro est monté au sommet.

Soro est considéré comme l’un des principaux prétendants à prendre le relais de Ouattara, qui doit quitter constitutionnellement après deux mandats en 2020. Mais il fait face à des rivalités au sein du parti Rassemblement des républicains du président et de la coalition au pouvoir. Il a dit qu’il n’avait pas décidé s’il allait se présenter à la présidence.

Engagement politique

« Quand on me dit que je suis impatient, je suis choqué », a-t-il dit. « Entre Emmanuel Macron, qui est président de la France à l’âge de 39 ans, et moi-même, qui ai 45 ans et pas encore président, qui est impatient? J’ai commencé mon engagement politique et syndical en 1991.  »

Soro a de nombreux supporters à l’intérieur et à l’extérieur du parti au pouvoir et il s’adresse aux jeunes sur les réseaux sociaux, Arthur Banga, un historien de l’Université de Côte d’Ivoire Felix Houphouet-Boigny, a déclaré par téléphone.

« Il a travaillé pour se revivifier comme un homme d’ État et il essaie aussi de faire la paix avec ceux qui ne le pardonnent pas pour la rébellion », a déclaré Banga. « Il construit son image pour devenir le président de la Côte d’Ivoire ».

Les mutineries ont montré que, malgré son économie relativement calme et rugissante, la Côte d’Ivoire reste vulnérable aux troubles et la main mise de Ouattara sur l’armée est fragile. Soro, qui était à la fois Premier ministre et ministre de la Défense jusqu’en 2012 quand il est devenu parlementaire, a déclaré qu’une partie du problème était que les anciens rebelles n’avaient pas assez de formation et avaient peu à faire.

» Même si j’avais laissé une armée mal disciplinée, des choses auraient pu être faites au cours des cinq dernières années pour améliorer », a déclaré Soro. « Les causes doivent être trouvées dans la vie quotidienne des soldats ».

Source : Bloomerg Afrique

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