07242017Headline:

Côte d’Ivoire:Présidentielle 2015: Voici Des raisons de l’échec de l’opposition

CNC

Quelle opposition au lendemain du scrutin du 25 octobre ayant consacré la réélection d’Alassane Ouattara ?

La question, comme un certain nombre, est aujourd’hui examinée par les observateurs de la classe politique ivoirienne. Si à l’épreuve du scrutin présidentiel, la coalition des Houphouétistes a pu démontrer sa vitalité, l’opposition, dans ses différentes composantes, ne s’est guère illustrée par une stratégie commune de conquête du pouvoir.

Le jeu électoral a mis en évidence une divergence de vues au sein d’une opposition sacrément multiforme. Entre l’Alliance des forces démocratiques (Afd) avec comme locomotive le Front populaire ivoirien de Pascal Affi N’guessan, et la Coalition nationale pour le changement (Cnc) dominée par le Fpi pro-Sangaré, les lignes politiques ne se rejoignaient que difficilement.

A l’intérieur de ces deux coalitions, subsistaient des conflits de toutes sortes : par exemple, à l’Afd, le Parti ivoirien des travailleurs avait fini par être marginal au point de prendre ses distances avec le Fpi. Affi N’guessan et ses partisans reprochaient au Pit de réclamer, aux côtés de certaines formations politiques, une transition en Côte d’Ivoire. A la Cnc, la guerre des égos a eu raison de la charte dont cette plateforme s’était dotée. Charles Konan Banny, entre-temps désigné président, a été « évincé » par Jean Bah Enoch. C’est une opposition fragmentée qui a affronté Alassane Ouattara le 25 octobre, avec à la clé une vague de défections. Le score large du président sortant (83, 66%) est loin de donner les coudées franches à l’opposition pour de prochaines revendications. Le fait que la communauté internationale ait salué un scrutin « apaisé » et « démocratique » ruine les espoirs de ceux des opposants qui espéraient donner dans la contestation et au besoin forcer la main au président réélu.

Au lendemain du scrutin, l’opposition ivoirienne a un double défi à relever : constituer un bloc solide, susceptible d’apporter la contradiction au Rhdp, et se remettre rapidement en ordre de bataille dans la perspective des élections locales. Les législatives et municipales qui s’annoncent devraient être un moment crucial pour les partis d’opposition. S’ils souhaitent animer la vie politique, ils n’auront pas d’alternative que la participation à ces échéances. Les élections au niveau du Parlement offriraient, de ce point de vue, une réelle possibilité pour l’opposition de se relancer. Si elle arrivait à obtenir une majorité à l’Assemblée nationale, l’opposition pourrait peser fortement dans le jeu politique. Dans les conditions actuelles, cette option a tout l’air d’une gageure.

Kisselminan COULIBALY

L’INTER

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