01182017Headline:

Côte-d’Ivoire/Retour au Pdci-Rda/Parti unifié: Pourquoi Ouattara reste sourd à l’appel de Bédié

bedie ala

Retour au Pdci-Rda, alternance au pouvoir: Pourquoi Ouattara reste sourd à l’appel de Bédié

«Pour faire œuvre utile, en plus de sa commémoration annuelle, je souhaite que l’appel de Daoukro débouche sur un parti unifié qui verra le retour de tous les formations politiques du Rhdp au Pdci-Rda tout simplement. Le Pdci-Rda est l’œuvre la plus chère à Félix Houphouët-Boigny».


e souhait d’Henri Konan Bédié pour soutenir la candidature unique du chef d’Etat sortant à l’élection présidentielle de 2015, restera certainement un vœu pieux. Alassane Ouattara, une fois élu pour un second mandat de cinq ans à la tête de la Côte d’Ivoire, feint de ne pas entendre cet autre appel de Daoukro à lui adressé à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire de l’Appel de Daoukro, le 20 septembre dernier.

 

Plusieurs observateurs de la vie politique ivoirienne juraient, à juste titre d’ailleurs, qu’Alassane Ouattara appellerait, dès qu’il aurait eu la confirmation de sa victoire à l’élection présidentielle du 25 octobre par le Conseil constitutionnel, les « enfants d’Houphouët », regroupés au sein du Rhdp, la coalition au pouvoir, à commencer par ses propres partisans du Rdr, à se rassembler autour de l’Appel de Daoukro du 20 septembre 2014. Il aurait ainsi évité à Henri Konan Bédié de réunir à nouveau les siens comme il a fini par le faire, le mardi 17 novembre, pour réitérer son appel aux partis membres du Rhdp à revenir à la «maison du père fondateur».

A la vérité, si Alassane Ouattara voulait retourner l’ascenseur à celui à qui il doit son deuxième mandat présidentiel, il ne laisserait pas ses partisans créer un débat inutile autour de l’Appel de Daoukro. Comme l’atteste cette confidence de Joël N’Guessan, porte-parole du Rdr, à L’Expression, journal proche du Rhdp, dans son édition du jeudi dernier : «Pour l’heure, cela reste au stade des souhaits parce que les partis politiques sont régis par des textes. Pour la décision de choisir un candidat unique au Rhdp, chaque parti politique a organisé une convention ou un congrès pour pouvoir entériner cela. Parce que si cela n’avait pas été fait, on n’aurait pas eu un candidat unique. Donc sur le sujet du parti unifié ou de revenir au Pdci, c’est un dossier qui va être soumis à l’attention de chacun des partis politiques qui va apprécier en fonction de ses organes». Se confiant également, hier, au quotidien Le Patriote (journal pro-Rdr), le porte-parole du Rdr a indiqué que « ce n’est pas lorsqu’il (Bédié, Ndlr) a dit : « Je veux que Ouattara soit candidat unique» que tout de suite cela a marché. Il a fallu consulter les bases et instances des différents partis. C’est par la suite que vœu est devenu force de loi pour les différents. Ce sera donc la même chose pour le parti unifié ».

Quant à Habib Sanogo, premier président de la jeunesse du Rdr, il a confié au Patriote, dans son édition d’hier que s’il est vrai qu’il y a des appréhensions, s’agissant du parti unifié, il faut des discussions préalables. « Si nous nous parlons en nous regardant droit dans les yeux, nous pourrons sortir des entrailles du Rhdp un parti à la dimension et à l’ambition de notre ». Et ce parti-là, ce n’est sûrement pas le Pdci-Rda si l’on suit ces deux responsables du parti d’Alassane Ouattara. Et cela tout le monde savait depuis longtemps. Seul le président du Pdci-Rda n’a pas vu venir le danger.

Lors de la commémoration du premier anniversaire de l’Appel de Daoukro, le 20 septembre dernier, Alassane Ouattara avait déjà milité pour le maintien du Rhdp comme le parti qui rassemble le mieux les enfants d’Houphouët quand Henri Konan Bédié a appelé à leur retour à la maison du père fondateur. «Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, porté par votre vision, le 25 mai 2005 à Paris, crée un gage de stabilité pour notre pays, puis un vivier extraordinaire et unique de compétences capables d’assurer le développement du pays pour les décennies à venir. Et je dis bien pour les décennies à venir », avait-il répondu ce jour-là.

Si donc Joël N’Guessan et le jeune Habib Sanogo peuvent aujourd’hui se taper la poitrine et s’exprimer ainsi, c’est justement qu’ils ne disent pas autre chose que n’a pas dit leur mentor. Convaincu qu’il a désormais toutes les cordes à son arc. Et pour cause, Alassane Ouattara a eu une grande majorité à la dernière élection présidentielle. Il a atteint tous ses objectifs dont le plus important est celui d’être le président de la République de Côte d’Ivoire. Pourquoi irait-il donc se mélanger les pédales dans des affaires où il est question de l’alternance au pouvoir, de la mise en place d’un parti unifié des houphouétistes ou du retour des partis membres du Rhdp au Pdci-Rda ? Advienne que pourra, Alassane Ouattara ne reviendra pas en arrière pour demander à ses partisans du Rdr ou du Rhdp de se saborder pour faire plaisir à un allié même s’il se nomme Henri Konan Bédié.

Mais en même temps qu’il laisse désormais M. Bédié à en découdre seul avec ses partisans, il y a à craindre qu’il jette en pâture les militants de son propre parti politique lorsqu’ils seront, demain, seuls face aux membres des autres organisations politiques du Rhdp pour la conservation du pouvoir d’Etat en ne soutenant pas son plus grand allié Henri Konan Bédié.

Ce débat qui a aujourd’hui cours n’aurait jamais dû exister si Alassane Ouattara avait dit haut et fort sa volonté de renvoyer l’ascenseur à cet autre héritier de feu Félix Houphouët-Boigny qui a sacrifié son parti politique, le Pdci-Rda, pour lui assurer une victoire écrasante à l’élection présidentielle de 2015. Contrairement à ce que déclarent les partisans du président Ouattara, en l’occurrence Joël N’Guessan et Habib Sanogo, le Sphinx de Daoukro n’a pas eu besoin d’un congrès pour imposer aux militants du Pdci-Rda la candidature de leur mentor.

Robert KRASSAULT ciurbaine@yahoo.fr

notre voie

Comments

comments

What Next?

Related Articles

Leave a Reply

Submit Comment