10212017Headline:

Côte d’Ivoire/Un poste de vice-président:Pdci, Rdr,Opposition,bataille à l’horizon/Ce qui se passe

bedié et ouat

Le parti unifié à l’épreuve
Bédié et Ouattara face à de gros défis

L’équation ne sera pas facile pour les présidents Bédié et Ouattara dans l’arbitrage de la guéguerre entres leurs partisans pour la succession

L’idée n’est pas nouvelle. Elle émane des résolutions du 12ème congrès du Pdci-Rda, qui l’avait adoptée. Une volonté du président Henri Konan Bédié, le président de cette formation politique et président de la Conférence des présidents du Rassemblement des Houphouétistes (Rhdp, coalition au pouvoir). Il s’agit de la création d’un poste de vice-président de la République en Côte d’Ivoire.

Cette idée a fait son chemin, et elle est en passe de devenir une réalité, depuis que le président de la République réélu, Alassane Ouattara, en a fait un chantier essentiel pour son second mandat. A peine son mandat renouvelé, le chef de l’Exécutif ivoirien n’a pas fait de mystère sur sa volonté de créer ce poste de vice-président de la République. Alassane Ouattara a laissé entrevoir une vaste réforme constitutionnelle dans laquelle il compte introduire cet aménagement, épousant du coup la proposition si chère à son ”aîné” Henri Konan Bédié. Une façon pour lui, selon ses dires, de régler d’une « manière plus transparente et démocratique » la question de sa succession. Le tenant du pouvoir ivoirien est bien décidé à passer à la vitesse supérieure qu’il ne s’en cache pas. « Si après trois ou quatre ans, ça va bien, pourquoi ne pas demander à un vice-président de prendre les choses en main ? J’ai vu que partout où il y a des postes de vice-président, cela a bien marché. Au Ghana et au Nigeria, quand le président est décédé, cela a bien marché… ». Ces propos lâchés au confrère français ”Le Monde” par Alassane Ouattara, aussitôt repris par des tabloïds ivoiriens, ont déjà ouvert la course à sa succession. Les appétits ont commencé à s’aiguiser dans son entourage, particulièrement à l’intérieur du Rhdp. Le projet fait naître déjà des clans, même au sein des formations politiques membres de l’alliance au pouvoir. Au Pdci-Rda, ils sont nombreux les cadres qui lorgnent le poste dont la création est en vue. Un pallier bien convoité pour qui veut ravir le pouvoir en 2020. En la matière, au Pdci, on ne se pose pas de question dans l’espoir que l’allié du Rdr tiendra les promesses contenues dans l’appel de Daoukro. Dans cet appel où il a demandé à tous de soutenir la candidature unique du président sortant, Henri Konan Bédié a pris soin de noter une alternance en 2020 avec son parti pour le maintien du Rhdp au pouvoir. Du coup, dès qu’on parle d’une vice-présidence, les cadres du Pdci sont fondés à se préparer à cette responsabilité. D’où, les ambitions qui se murmurent dans l’ombre, et les clans, qui ont commencé à se former à l’intérieur de ce parti, depuis l’annonce de l’idée. Dans le fond, cependant, les lieutenants de Bédié n’occultent pas l’option d’une confrontation avec leurs alliés du Rdr. Les cadres du parti de Ouattara sont, en effet, loin de s’exclure du débat. Ils ne manquent pas d’appétit, à leur niveau non plus, pour le poste en création. Tout comme au Pdci, à l’intérieur du Rdr également, ce n’est pas l’accalmie. Le clash des ambitions n’est pas à écarter. Des clans se regardent en adversaires virtuels et préparent des ralliements dans l’ombre. La guerre interne serait inévitable, selon un haut cadre de cette formation politique dans un aparté avec des camarades. Une sorte de primaire fratricide, qui pourrait anticiper la véritable bataille qui se profile à l’horizon entre alliés du Rhdp. Nul n’ignore qu’entre le Pdci et le Rdr, l’idylle est traversée par un vent pas serein. En raison des ambitions qui s’affichent dans l’un et l’autre camp pour l’après Ouattara. L’alternance proposée dans l’appel de Daoukro n’aura pas été entendue de la même oreille par tous. Certains estimant que c’est dans le parti unifié que cela devra se faire, quand d’autres pensent qu’il appartiendra à un cadre du Pdci actuel de prendre le relais du président au terme de son mandat. Une polémique qui met à mal le projet de la réunification. Les uns et les autres attendant d’être bien situés sur ce que leur réservera l’avenir en ce qui concerne le projet. Une sorte de guéguerre larvée, qui met le père de l’Alternance, Henri Konan Bédié et le président Ouattara, bénéficiaire de l’appel de Daoukro, face à leurs responsabilités. Il appartient aux deux leaders de trouver la formule pour apaiser leurs partisans afin de donner une forme réalisable à leur projet d’unification. L’équation n’est pas facile, face aux forces qui se regardent sur le terrain. Que faut-il attendre d’une personnalité comme Guillaume Soro, ex-Premier ministre, actuel président de l’Assemblée nationale, à deux pas de l’Exécutif ? Le chef du Parlement ivoirien n’a pas véritablement affiché ses ambitions. Mais, il n’échappe à sa personne qu’il trace sa trajectoire vers le fauteuil de son mentor. Projet somme toute légitime, mais, qui mettrait totalement en porte-à-faux Henri Konan Bédié face aux cadres de son parti. Un bien vrai dilemme qui se pose au président du Pdci-Rda et à son frangin Alassane Ouattara au pouvoir vers qui tous les regards restent tournés. Dans l’anti-chambre, l’opposition est aux aguets. Elle aussi ne dédaignerait pas de ravir un poste de vice-président, qui pourrait être un tremplin pour rebondir. Tous attendent, impatients, chacun avec ses arguments, l’heure de la réalisation du projet. Lequel s’annonce comme le début du renouvellement de la classe politique ivoirienne avec l’avènement d’une nouvelle génération de politiques en Côte d’Ivoire. Qui vivra verra !

Félix D.BONY

L’INTER

Comments

comments

What Next?

Related Articles

Leave a Reply

Submit Comment