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Coup d’Etat de 1999: Des secrets d’Etat jamais livrés sur Bédié, Gbagbo et Ouattara

gbagbo bedié et ouattara

Il est des secrets d’Etat qu’une simple amitié ou encore une collaboration, si franche soit elle, ne saurait permettre d’avoir.

Ceux que nous livre Souhoné Zéphirin que nous avons rencontré le samedi 10 janvier dernier, en font certainement partie. Ami d’enfance de Laurent Gbagbo, il a eu le privilège de partager quelques intimités de l’ancien président ivoirien qui lui a fait des confidences sur des pans de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire. D’abord sur le coup d’Etat de 1999 qui a déchu Henri Konan Bédié du pouvoir, l’ami de Gbagbo confie que le successeur d’Houphouët Boigny, alors ministre de l’économie et des finances, a commis des erreurs, notamment face à l’ancienne puissance colonisatrice, la France. Erreurs qui auraient causé sa chute. « Bédié n’est pas dans le plan des Français depuis longtemps. Il a combattu le commerce français en Côte d’Ivoire avec la création de surfaces commerciales telles que les chaînes Pac, c’est pour cela que quand il y a eu le coup d’Etat de 1999, la France n’a rien fait pour empêcher sa chute », révèle M. Souhoné.

Il ajoute qu’une certaine pression exercée par la communauté internationale explique l’appel de Daoukro lancé par le président Bédié pour soutenir la candidature unique du président Ouattara. « C’est pourquoi avec l’appel de Daoukro, je demande aux gens de le (Bédié) laisser tranquille. En lançant cet appel, il n’oblige personne à voter Ouattara aux présidentielles de 2015. On ne peut pas obliger les militants du Pdci à voter Ouattara », se convainc-t-il.

Sur sa lancée, il fait savoir que l’ex-président Laurent Gbagbo, alors dans l’opposition, a joué un rôle capital en faveur de Bédié dans la bataille de succession avec l’ex-Premier ministre d’Houphouët, Alassane Ouattara. « Lorsqu’après le décès d’Houphouët Boigny, il a failli y avoir des brouilles dans sa succession, Gbagbo a pris fait et cause pour Bédié conformément à la constitution. Il a fait une déclaration allant dans ce sens. Nous étions en tournée dans le Zanzan et Laurent a demandé qu’on suspende tout pour rentrer », informe t-il. Et de noter que ce soutien a pesé dans la balance en faveur de Bédié qui était à l’époque le président de l’Assemblée nationale.

Gbagbo proposé comme Premier ministre d’Houphouët

Poursuivant, notre confident ouvre un autre chapitre de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Celui-ci concerne la création d’un poste de Premier ministre sous l’ère d’Houphouët Boigny. Il fait savoir que ce furent les instants les plus douloureux de la fin de règne du Bélier de Yamoussoukro. « Les Français voulaient forcer la main au vieux qui, très malin, les a dribblés. Ils ont dit à Houphouët de créer le poste de Premier ministre et qu’il fallait un jeune cadre pour diriger le gouvernement. Il a proposé Bédié que les français ont refusé. Eux, lui ont proposé Laurent Gbagbo, qu’Houphouët a refusé. Mais après, il a revu sa position. Quand Gbagbo est rentré d’exil, le vieux lui a proposé le poste, il l’a accepté à condition qu’on le laisse faire son gouvernement. Malheureusement, le vieux Houphouët s’est opposé à cette proposition. La pression était forte, c’est ainsi qu’il a nommé Alassane Ouattara, qui était neutre », révèle l’ami intime de Gbagbo.

Il se souvient également de la création du Front républicain et de ce qui a causé la brouille entre Ouattara et ” son ami ” Gbagbo. « Nous avons créé le Rdr avec feu Djéni Kobena dans la résidence de Gbagbo. En ce moment, Alassane Ouattara détenait les résultats de l’audit du comité interministériel qu’il dirigeait à l’époque. Il nous fallait récupérer ces résultats pour casser le Pdci qui venait de refuser la parole à Djéni à leur congrès. Ce sont les statuts et règlement intérieur du Fpi qu’on a pris, et on a seulement inséré le sigle Rdr en lieu et place du Fpi. Ensuite Djéni est allé déposer les dossiers au ministère de l’intérieur. C’est après que Gbagbo et Djéni ont fait la cour à Ouattara pour qu’il rentre au pays et prenne la présidence de ce parti. Nous nous sommes retrouvés au front républicain. Au sein de ce regroupement de partis politiques, Alassane Ouattara voulait être président de la commission qui devait présider aux destinées du groupe, chose que le Fpi a refusé. Pourtant Djéni Kobena soutenait Gbagbo. Quelque temps après ces discussions, Djéni est mort. Je n’accuse personne. C’est nous qui avons organisé sa veillée. C’était un frère pour Gbagbo », rappelle M. Souhoné.

L’inter

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