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CPI/ 06 Sept 2016/tout ce qu’il faut retenir du PROCÈS du 06 Sept 2016/Le témoin déserte l’armée…

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Le témoin déserte l’armée parce que sa vie menacée pendant la crise

Le témoin, ancien chef du camp commando d’ Abobo, interrogé par la défense de Laurent Gbagbo puis par celle de Charles Blé Goudé, ce mardi 6 septembre, à la Cour pénale internationale, en dit un peu plus sur sa désertion et son séjour à l’Hôtel du golf.

Par Camille Dubruelh

Retour sur le parcours professionnel et les faits d’armes du témoin. L’avocat principal de Laurent Gbagbo a pris le relai pour interroger Barthélémy Obiénéré Ouattara. Me Altit a interrogé en premier lieu le capitaine sur son expérience à Danané, ville de l’ouest du pays où le témoin a été en poste pendant quelques mois en 2002. Principal sujet évoqué : les groupes armés présents dans la région à l’époque. Barthélémy Obiénéré Ouattara a ainsi expliqué avoir combattu le MPIGO, force composée de Libériens. « Nous n’avons pas pu tenir la ville », a-t-il reconnu. En revanche, impossible pour le capitaine de savoir si le groupe avait des liens avec la rébellion du MPCI, dont Guillaume Soro était le porte-parole. Interrogé sur les exactions commises par les rebelles dans l’ouest, le capitaine a affirmé que le MPIGO « a perpétré beaucoup de massacres, sans compter les pillages ». 

Poursuivant sur les attaques commises contre les forces de l’ordre, la défense s’est ensuite concentrée sur la période de la crise post-électorale dans la zone d’Abobo. Là encore, le témoin a rappelé plusieurs incidents, notamment une attaque contre des éléments de la CRS aux alentours du rond-point de la mairie. « Plusieurs d’entre eux ont été tués », dit-t-il, précisant que les auteurs étaient, selon ses informations, « des jeunes gens qui sont sortis du quartier Marley ». 
« Ceux qui attaquaient (les forces armées) avaient infiltré le quartier. Ce n’était pas la population habituelle », a-t-il précisé, expliquant par ailleurs que les habitants avaient petit à petit fui la zone, laissant le camp commando d’Abobo « en état de siège », dès le second tour de l’élection présidentielle.

 

La vie du chef du camp commando d’Abobo menacée

La discussion a finalement portée sur la désertion du témoin. « Vous craigniez pour votre sécurité physique ? », demande Me Altit. « C’est bien cela », répond le capitaine, qui avoue avoir « beaucoup hésité ». En détails, le témoin raconte ensuite comment il a rejoint le bataillon français  43e BIMA ce 3 mars 2011 avant d’être transféré à l’Hôtel du Golf le lendemain. Sur l’organisation du QG d’Alassane Ouattara, l’ancien chef du camp commando d’Abobo n’a donné que très peu d’informations. Etant resté« dans sa chambre », il ignorait l’identité des hommes en uniforme présents sur place. S’il reconnaissait les forces onusiennes, le témoin se dit avoir été incapable de distinguer le reste des hommes en uniforme, rebelles ou membres des forces armées régulières. Quant à la présence de forces françaises, c’est à huis clos partiel que le capitaine dévoilera l’identité des deux soldats français qu’il a rencontré à l’Hôtel du Golf. « Vous auriez préféré ne pas témoigner ? », demande finalement Me Altit en conclusion de ce contre-interrogatoire. « Effectivement », affirme sans ambages le témoin.

Mais restait encore à la défense de Charles Blé Goudé de réclamer des précisions. Me N’Dry  a donc interrogé le témoin sur divers événements évoqués plus tôt, comme la marche sur la RTI. L’ancien chef du camp commando d’Abobo a ainsi confirmé, suite au visionnage de vidéos, que des hommes  en armes lourdes se trouvaient parmi les manifestants. « Nous avons appris que des membres des FDS ont été tués ce jour-là », a-t-il attesté.

ivoirejustice

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