05242017Headline:

Cpi /ce qu ‘il faut retenir du procès du 2 sept /La marche des femmes d’abobo au cœur du témoignage de Ouattara-ce qu’il a dit

cpi temoin

Interrogé par le substitut de la procureure, le témoin Barthélémy Obiénéré Ouattara a évoqué la marche des femmes à Abobo, ce vendredi 2 septembre. Un événement retenu dans les charges qui pèsent contre les deux accusés, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, poursuivis à la Cpi pour crimes contre l’humanité. La défense a ensuite pris la relève…

Ce matin du 3 mars 2011, « j’ai vu trois dames qui portaient des pancartes », s’est rappelé le témoin, interrogé par le substitut de la procureure Eric McDonald. « Elles comptaient marcher pour réclamer leur liberté » et se dirigeaient vers Adjamé pour rejoindre un grand rassemblement de femmes.

Avant de poursuivre son récit, l’ancien chef du camp commando est amené à fournir quelques éléments de contexte. Le témoin rapporte donc qu’en ces temps-là, un poste de commandement avait été créé au camp d’Abobo pour rassembler les diverses forces de sécurité. Plusieurs unités de la police et de l’armée avaient rejoint le camp, désormais placé sous la responsabilité d’un officier supérieur de l’armée, le commandant Toualy Williams.

Comme chaque matin, ce 3 mars, des unités ont quitté les lieux, formant une rame de véhicules, direction le camp d’Agban pour assurer la relève. Peu après le départ de la rame, « j’ai reçu un coup de fil qui me disait que nos hommes avaient tiré sur des femmes », a expliqué le témoin, précisant que son unité ne faisait pas partie du convoi de véhicules incriminés. « D’autres personnes m’ont appelé pour me dire que la rame avait essuyé des coups de feu et riposté à cette attaque ».

 

Le témoin déserte après les morts de la marche d’Abobo selon son témoignage

Selon les déclarations du témoin, au passage des véhicules, des hommes dissimulés au milieu du groupe de femmes ont « ouvert le feu ». D’autres témoignages encore font état « d’une mise en scène » montrant des femmes tuées ou blessées par balles par les forces de l’ordre. « Mes collègues faisaient l’effort de disculper les éléments de la rame », raconte le témoin.

S’il ignore ce qu’il s’est réellement passé, c’est tout de même ce jour-là que Barthélémy Obiénéré prend la décision de déserter. « Je me suis rendu compte qu’il y avait eu mort d’homme », explique-t-il, évoquant le décès de huit femmes sous les balles. « Je me suis dit que je pouvais être associé à ces faits-là, c’est ce qui m’a poussé à quitter la caserne » conclue-t-il. Ce 3 mars 2011, il se rend donc à la caserne des forces armées françaises avant de rejoindre, dès le lendemain matin, l’Hôtel du Golf.

Après ce récit précis de la journée du 3 mars, la défense a finalement pris le relai pour interroger le témoin en début d’après-midi. Me O’Shea, avocat de Laurent Gbagbo, a pour l’instant concentré ses questions sur la sécurité des forces de l’ordre au camp d’Abobo, les procédures en cas d’incidents et le manque potentiel de ressources du côté des forces armées.

« Nous étions vulnérables à plus d’un titre » a raconté le témoin, notant par ailleurs que son unité disposait d’armes et de munitions en quantité suffisante. L’avocat de la défense a achevé cette journée en interrogeant le capitaine sur les positions des rebelles à Abobo. L’interrogatoire devrait reprendre sur ce thème dès lundi matin.

/ivoirejustice

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment