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Cpi /ce qu’il faut retenir du procès du 24 Octobre :La « fiabilité » du témoin mise à l’épreuve/ce qu’il a dit et dedit

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Le contre-interrogatoire de Metche Metchro Moise Harold Fabrice a commencé ce lundi 24 octobre. La défense de Charles Blé Goudé a ouvert le bal, s’intéressant de près aux précédentes déclarations du témoin. Objectif : démontrer à la Chambre que les propos du témoin « varient d’un jour à un autre »

Par Camille Dubruelh

Évaluer la « fiabilité » de l’ancien numéro deux du Groupement des patriotes pour la paix, groupe paramilitaire pro-Gbagbo, c’est le travail qu’opère depuis ce lundi matin la défense de Charles Blé Goudé. Jean-Serge Gbougnon, l’un des avocats de l’accusé, est ainsi revenu sur plusieurs points des déclarations antérieures de Metche Metchro Moise Harold Fabrice. Des déclarations faites la semaine dernière à la Cour pénale internationale (CPI), d’autres en 2016 lors du procès de Simone Gbagbo ou encore pendant sa détention à la Direction de la surveillance du territoire (DST) ivoirienne en 2014. Objectif : démontrer à la Chambre que les propos du témoin « varient d’un jour à un autre ».

La défense est tout d’abord revenue sur un détail du parcours du témoin. Celui-ci avait indiqué la semaine dernière qu’en 2002, il était alors en classe de 3e. « Vous aviez 19 ans ? », s’est étonné Jean-Serge Bougnon, avant que ne confirme le témoin.

Financement du GPP, le témoin dit et se dédit

Les conditions de l’arrestation de l’ancien numéro deux du GPP en 2014 ont ensuite été longuement examinées par la défense. Le témoin a expliqué qu’avant d’être appréhendé, il « avait joué les fous » pour éviter d’être reconnu, alors qu’il était recherché par les forces de l’ordre et les chasseurs traditionnels dozos. Barbe longue, haillons et scarification, Metche Metchro Moise Harold Fabrice aurait passé plusieurs mois dans la brousse, avant d’être finalement identifié par des villageois. Remis aux mains des Dozos, il a été transféré à la gendarmerie de Tabou avant d’atterrir finalement à la DST à Abidjan, le 5 mai 2014, où il a « reconnu les faits ». 

Lors de son interrogatoire, le témoin avait notamment évoqué l’ancien ministre Assoa Adou. Il avait à l’époque assuré qu’il était l’un des financeurs du GPP. Mais deux ans plus tard, au procès de Simone Gbagbo, l’ex-paramilitaire a déclaré être « revenu sur (sa) déclaration » suite à une confrontation avec l’ex-ministre. Jean-Serge Gbougnon a donc cherché à savoir pourquoi le témoin avait donné des « versions différentes ». Celui-ci a expliqué qu’il n’avait « pas reçu d’argent en main propre » de la part de l’ancien ministre et qu’ainsi, il ne pouvait pas « confirmer » qu’Assoa Adou avait bien financé le groupe paramilitaire.

« Confidences » entre Metche et Lida Kouassi Moise, le témoin maintient ses allégations.

Autre sujet abordé : les relations entre Metche Metchro Moise Harold Fabrice et Lida Kouassi Moise, ancien ministre de la Défense qu’il aurait fréquenté lors de son exil au Togo. Lors de son interrogatoire à la DST, le témoin avait ainsi rapporté des confidences de Kouassi Moise, dans une buvette à Lomé. L’ancien ministre lui aurait avoué avoir commandité l’assassinat du Général Robert Gueï. Mais l’avocat de Charles Blé Goudé a noté qu’une autre version avait été donnée au procès de Simone Gbagbo. Selon le compte-rendu, c’est un dénommé

Touré qui aurait rapporté au témoin que Kouassi Moïse était le commanditaire de ce meurtre. « Je n’ai jamais mentionné aucun Touré », a rétorqué le témoin, évoquant une erreur dans la retranscription d’audience. « Ça a été mal saisi. J’ai dit que le ministre me l’avait dit à Lomé », a-t-il justifié.

Une évaluation psychiatrique du témoin versé au dossier de la défense.

Les débats de l’après-midi ont porté essentiellement sur l’utilisation par la défense d’un rapport d’évaluation psychiatrique du témoin datant de 2014, un document rendu public lors du procès de Simone Gbagbo. Le bureau de la procureure s’est en effet opposé à l’utilisation de cette pièce, datée d’il y a deux ans. Motif : « On ne sait rien de l’auteur » de ce rapport, ni de la méthodologie utilisée. La défense de Laurent Gbagbo a de son côté souligné « l’importance » de ce document officiel, réclamé dans le cadre d’une procédure juridique. Il s’agit d’un élément « fondamental » pour évaluer« la plausibilité, la fiabilité du témoin », a argumenté Andréas O’Shea, l’un des avocats de l’ancien président.

Les juges ont pris leur décision, en fin de journée.  Ils ont accepté que le document soit versé au dossier mais les parties ne pourront pas interroger le témoin sur le contenu de ce rapport. Si le rapport était bien versé au dossier, les parties ne seraient en revanche, pas autorisées à poser des questions sur le « contenu dudit rapport ». Justification : «Il s’agit d’une expertise psychiatrique portant sur l’état de santé du témoin. Il n’est pas en mesure de se prononcer sur une évaluation faite par des experts ».

ivoirejustice.net

 

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