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CPI /ce qu’il faut retinir du temoignage de Metche “Le GPP impliqué dans plusieurs incidents lors de la crise “

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L’accusation a poursuivi l’interrogatoire de Monsieur Metche Metchro Moise Harold Fabrice ce jeudi 20 octobre à la Cour pénale internationale. Les questions se sont concentrées sur les incidents impliquant le Groupement des patriotes pour la paix (GPP) lors de l’élection présidentielle et de la crise post-électorale.

Par Camille Dubruelh

Alors qu’il se faisait discret depuis les accords Désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) de 2007, le GPP est revenu sur le devant de la scène à l’approche de la présidentielle de 2010. « Officiellement il avait été dissout en 2007, il ne pouvait pas s’afficher en tant que tel », explique le témoin, lui-même ancien membre de cette unité. Pendant plus de deux ans, le GPP continuait d’exister« officieusement », selon ses dires mais se cachait derrière « l’interface » de l’Union des mouvements d’autodéfense, créée en 2008.

Le GPP remobilisé à l’approche des élections de 2010

C’est à l’approche du scrutin présidentiel que le GPP a de nouveau fait parler de lui, notamment lors d’un événement en septembre 2010, une marche organisée par les éléments du groupe paramilitaire. Objectif : faire savoir aux autorités que les indemnités prévues par les accords de Ouagadougou n’avaient jamais été versées. Suite à cette marche, interrompue par les forces de l’ordre, les manifestants ont reçu la visite d’Ahoua Stallone, l’un des leaders de la Galaxie patriotique, à leur base d’Adjamé. Relayant un « message de Charles Blé Goudé » selon le témoin, Ahoua Stallone a expliqué aux membre du GPP qu’ils avaient été « entendus en haut lieu ».

À partir de ce moment-là, les éléments ont rejoint les différents cantonnements. Et, d’après les dires du témoin, au mois de décembre, suite à une réunion au ministère de la Défense, la décision a été prise de commencer à les intégrer « dans les différents camps ». Metche Metchro Moise Harold Fabrice cite notamment le 1er Bataillon de commando parachutiste, le Bataillon d’artillerie sol-sol, le Bataillon blindé, puis plus tard, la Compagnie républicaine de sécurité et le palais présidentiel.

 

Le GPP mandaté pour identifier les soldats infiltrés

Le témoin, qui occupait de son côté la fonction de chef d’État-major adjoint du groupe paramilitaire, était pour sa part cantonné à Adjamé. C’est de là que Yoko Yoko Bernard Bouazo, chef du GPP, chapeautait les opérations du groupe, répondant aux ordres du « réseau », membres de la Galaxie patriotique et hautes personnalités politiques. Parmi les missions du groupe : la formation de jeunes au maniement des armes, dès le mois de septembre 2010, à Abidjan et à l’intérieur du pays. À l’approche de la présidentielle, le groupe paramilitaire se voit aussi confier des missions de surveillance, notamment autour des domiciles des membres du RHDP. L’objectif est de savoir s’ils recevaient des individus suspects, potentiellement proches de la rébellion.

À partir du mois d’octobre, le GPP est aussi mandaté pour mettre en place des« checkpoints » afin de fouiller les véhicules et vérifier les identités. Un ordre qui selon le témoin, provient du commandant Kipré, de la Garde républicaine. Lors de ces contrôles, le GPP procédait à l’arrestation de « personnes suspectes », des individus n’ayant pas de papiers d’identité et surtout aucune connaissance de la ville. Selon le témoin, il pouvait s’agir de soldats burkinabé ayant infiltré la ville pour combattre aux côtés des rebelles.

Une fois arrêtées, ces personnes devaient être remises au plus vite aux forces de l’ordre. Une « procédure » appliquée jusqu’à ce que la période devienne plus trouble.« A un moment nous étions vraiment débordés », a affirmé le témoin, faisant référence aux mois de février et mars 2011. « Soulèvement populaire » des partisans du RHDP, « affrontements à Abobo », les forces de l’ordre n’avaient alors plus le temps de venir récupérer les individus appréhendés par le GPP. « Dans certaines communes, précisément à Youpougon, ça a commencé de brûler les gens qui étaient taxés de rebelles, d’assaillants », raconte le témoin qui assure par ailleurs qu’à son niveau, il n’avait « pas reçu l’ordre bien défini de brûler quelqu’un ».

D’autres incidents ont également été abordés aujourd’hui, notamment la marche du RHDP sur la RTI au mois de décembre. Mais la plupart des discussions se sont déroulées à huis-clos partiel. Le témoin a rapidement expliqué que ses éléments avaient reçu l’ordre « d’appuyer les FDS » mais qu’ils « n’avaient pas reçu l’instruction de sortir armés ». Le témoin a par ailleurs évoqué un incident ce même jour avec le commissaire du 7ème arrondissement à la base d’Adjamé. « On était au bord de l’affrontement » a-t-il assuré, expliquant que le commissaire et ses éléments avaient tenté de rentrer de force dans les locaux de la GPP. « Ils n’acceptaient pas que l’on intercepte des marcheurs et qu’on les garde dans nos locaux », a poursuivi l’ex-numéro deux du groupe paramilitaires, précisant que certains manifestants avaient été « tabassés  ».

–ivoirejustice-

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