05242017Headline:

Cpi / Exclusif -Libération de Gbagbo: Albert Bourgi fait des révélations/Des réunions organisées en Asie, aux USA

Gbagbo CPI joel Menteur

Libération de Laurent Gbagbo: Albert Bourgi fait des révélations

Des réunions organisées en Asie, en Amérique
Ce qu’il pense de la pétition lancée depuis Abidjan

Dans une salle archi-comble de l’Association pour la gestion d’un centre d’animation culturelle (Ageca) au 179 rue Charonne dans le 12è arrondissement de Paris, l’ultime tentative de libération du leader charismatique du Fpi, Laurent Gbagbo, par une pétition, est organisée par la section France en présence de plusieurs personnalités ivoiriennes et étrangères vivant en France.

Après avoir fait le tour des questions d’actualité liées aux dernières initiatives entreprises par son parti, Mme Hortense Adé Assalé, présidente de la cérémonie, a donné la priorité à l’ancien ministre d’Etat sénégalais, M. Dansoko, présent dans la salle, de parapher la première cage de la pétition. Prenant part, ce soir-là, à la cérémonie, l’indéfectible soutien et ami du plus célèbre prisonnier de La Haye, l’infatigable professeur Albert Bourgi s’est prêté à nos questions.

Monsieur Bourgi, on vous voit dans presque toutes les manifestations pour la libération de l’ancien président Laurent Gbagbo. Croyez-vous en ces initiatives?

Oui! Je participe à une bataille qui est enclenchée par des milliers et des centaines de milliers de personnes, sans compter les Ivoiriens eux-mêmes. Dans mon cas personnel, j’ai un lien ancien et extrêmement fort avec Laurent Gbagbo. C’est un engagement qui a marqué, moi-même, je dirai, mon parcours politique. Tel que je suis engagé, je continuerai à le faire jusqu’à ce qu’une véritable justice nous soit rendue et que Laurent Gbagbo soit libéré. Car, il n’y a absolument aucun acte d’accusation lancé contre lui. Ce que fait la Cour pénale internationale est une imposture, et il va sans dire qu’on est dans un monde où il faut finalement faire pression sur les soi-disant détenteurs de pouvoir qui l’ont amené à la Haye. Ils faut faire pression sur eux, utiliser tous les moyens que nous offre l’espace universel. Et ce qui se dit ici est parfois repris partout ailleurs en Afrique et surtout sur le continent américain. Il m’est arrivé d’aller participer à des réunions pour la libération du président Gbagbo en Amérique du Nord, latine et même en Asie. Là aussi, des gens ne comprennent toujours pas ce qui a amené Laurent Gbagbo en prison. Ce qui l’a amené, c’est la volonté du gouvernement français et d’un homme, Sarkozy, de le casser et faire en sorte qu’à sa place vienne Ouattara. C’est tout simplement cela. Et je le dis ouvertement et fortement, c’est par la volonté de Sarkozy et sa seule volonté, qu’il y a eu tout ce qu’on sait. Notamment ce qui se passe aujourd’hui encore, et que Ouattara soit à une place qui n’est certainement pas la sienne et qui est devenue la sienne par la seule volonté de la France, il faut dire les choses telles qu’elles sont. Vous savez, la France fait partie un tout petit peu des grandes puissances, et ce qui a conduit Gbagbo à la Haye, c’est tout simplement l’espèce de prégnance qu’il y a entre les grandes puissances, bien entendu le système international. Ce système international, notamment, à travers les Nations Unies, est tout simplement au service des intérêts des grandes nations dont fait partie, bien évidemment la France.

Pensez-vous que cette pétition lancée par les amis de Gbagbo, notamment l’ancien Premier ministre togolais Koffigo et l’écrivain centenaire Bernard Dadié, pourrait avoir un effet?

Je suis convaincu que oui. Cette pétition va permettre d’élargir cette mobilisation. Parce qu’on dit souvent que ce sont les Ivoiriens, ce sont des gens du Fpi et, derrière, de vieux amis de Laurent Gbagbo. Mais que non! Il faut faire en sorte que tout le monde soit informé. Et c’est par cette mobilisation, cette pétition, qu’on arrivera à sensibiliser l’opinion internationale. Cela servira à dresser le constat de ce qui s’est passé au moment de la pseudo-élection qui a conduit prétendument à la défaite de Laurent Gbagbo et la suite de sa traduction à la Cour pénale internationale.

M. Bourgi, vous n’êtes pas sans savoir que, pour ce qui concerne la Cour pénale internationale, rien ne dépend des citoyens. Cette pétition n’est-elle pas peine perdue?

Rien ne dépend des citoyens, mais attendez! Aujourd’hui, l’opinion publique, lorsqu’elle se façonne, et notamment lorsqu’elle se bat pour mettre fin à une injustice, elle est susceptible de changer la position de certains Etats. C’est depuis que le prétendu procès de Laurent Gbagbo a commencé que la Cour pénale internationale est sur la sellette. Et depuis lors, la pression se répand de plus en plus et est même partagée par beaucoup dans le monde. Cette cour pénale n’est qu’une espèce d’appendice des grandes puissances.

Est-ce à dire que vous avez bon espoir de retrouver votre ami libre un jour?

J’ai complètement espoir. C’est pour ça que la mobilisation de l’opinion publique a parfois une force beaucoup plus importante que les attitudes de certains Etats ou même les conférences qui peuvent se tenir ici et là. Cette pétition peut peser, fortement peser sur certaines décisions politiques.

Entretien réalisé par Paulin Gessler (Correspondant à Paris)

L’INTER

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