10212017Headline:

CPI : Le député Innocent Youté a rencontré Charles Blé Goudé à la Haye/ Il livre d’importants secrets

L’honorable Innoncent Youté est le député de Facobly. Elu sous la bannière Indépendant avant de former avec des camarades le groupe parlementaire ”Vox populi”, ce parlementaire s’est engagé dans le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire. De retour de la Haye, où il a échangé avec l’ex-leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, il y a deux mois, il donne sa position sur toutes les questions brûlantes de l’actualité ivoirienne.

Honorable, on vous a annoncé à la Haye pour une rencontre avec Charles Blé Goudé, il y a quelques mois. Ce voyage a-t-il eu lieu?

Oui, j’ai vu le ministre Blé Goudé le jeudi 15 juin 2017, de 9h à 13h. J’en ai profité également pour voir le président Laurent Gbagbo qui était sur place.

De quoi avez-vous parlé avec ces ex-dirigeants en détention?

De beaucoup de choses. D’abord, Charles Blé Goudé est un ami, c’est un camarade de lutte, c’est aussi un ami d’amphithéâtre parce qu’on était tous étudiants au département d’anglais avec le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. On était tous militants de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), on a tous connu la détention en 1994 sous le régime du président Bédié. Donc, on a gardé des rapports cordiaux, des liens de famille, même si on ne se voit pas toujours, parce que ce que nous avons vécu est assez fort. Le ministre Charles Blé Goudé, je ne l’avais pas vu depuis très longtemps, même avant la crise. Pour la situation dans laquelle il se trouve, il était important pour moi d’aller lui rendre visite. Et comme on ne peut pas dissocier l’individu Youté de l’homme politique que je suis, bien évidemment, on a parlé de politique, de l’avenir de la Côte d’Ivoire. On a échangé sur tout, parce que pour moi, le ministre Charles Blé Goudé, tout comme le président Gbagbo, sont des acteurs majeurs de la scène politique ivoirienne. Il était temps pour moi, en tant qu’élu de la nation, membre d’un groupe parlementaire, d’aller échanger avec eux, de leur apporter la nouvelle de mon élection, de ce que nous comptons faire, principalement sur des termes majeurs qui intéressent l’ensemble des Ivoiriens aujourd’hui. Parce que nous sommes du peuple, nous sommes dans le peuple, on a décidé d’être la voix du peuple dont nous portons les aspirations profondes. Et le peuple ivoirien, aujourd’hui, réclame la paix, la stabilité et la réconciliation nationale pour faire face aux défis du développement.

Avez-vous abordé cette question de la réconciliation dans vos échanges ? Qu’en pense Blé Goudé?

Notre groupe parlementaire, ”Vox populi”, s’est engagé à faire tout ce qu’il faut pour que la paix revienne et que la réconciliation se fasse en Côte d’Ivoire. Mais, pour réussir une réconciliation, ce n’est pas une seule personne qui la fait. On se réconcilie avec celui avec qui on a eu des histoires. Pour le cas de la Côte d’Ivoire, il faut que tous les enfants de ce pays se retrouvent pour se parler dans un dialogue inclusif. C’est important de pouvoir amorcer ce dialogue. Il faut parler avec les ex-dirigeants parce que ce sont eux qui sont en détention. Non seulement la libération du ministre Charles Blé Goudé et du président Laurent Gbagbo sont capitales, mais il y a aussi la libération de l’ensemble des prisonniers politiques de Côte d’Ivoire, le retour de tous les exilés. Parce que le développement de la Côte d’Ivoire ne va pas se faire avec une partie des Ivoiriens contre d’autres Ivoiriens. Chaque enfant de ce pays doit pouvoir apporter sa pierre à l’édifice. C’est donc important pour nous de faire la démarche de la réconciliation qui est l’aspiration de l’ensemble des Ivoiriens. Il y a un temps pour faire la guerre, il y a un autre temps pour faire la paix. Je suis allé parler à ces deux personnalités pour leur dire de voir, de là où ils se trouvent, comment ils peuvent jouer un rôle pour que la paix revienne et que la Côte d’Ivoire se réconcilie. J’ai constaté que je suis allé enfoncer une porte ouverte. J’ai trouvé deux personnalités qui étaient dans de très bonnes dispositions d’esprit. Pour eux, comme ils l’ont dit, aucun sacrifice n’est de trop pour que les Ivoiriens se comprennent et que la Côte d’Ivoire amorce un vrai développement.

Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale, a décidé, lui aussi, de s’investir dans cette réconciliation. Il promet même d’aller demander pardon à tous les Ivoiriens, y compris Laurent Gbagbo. Comment percevez-vous cet engagement?

C’est une bonne chose ! Toute initiative qui peut concourir à la décrispation de la scène politique ivoirienne et amener la Côte d’Ivoire à retrouver son sourire et sa quiétude d’antan est la bienvenue. Guillaume Soro n’est pas un personnage ordinaire. Soro a été quand même celui qui a géré et dirigé la rébellion depuis 2002. Donc, s’il estime aujourd’hui qu’il est temps de demander pardon, c’est une très bonne chose. Il ne s’agit pas de dire qui est habilité à demander pardon ou pas. Nous n’en sommes pas là nous autres. Mais, il s’agit de voir comment faire pour que les Ivoiriens arrêtent de se regarder en chiens de faïence. Donc, Guillaume Soro a décidé de demander pardon, c’est une bonne initiative! Mais, ce que je souhaite, c’est que ce ne soit pas du verbiage, que ce soit accompagné d’actes et d’actions qui puissent mettre la confiance entre les uns et les autres, et qu’effectivement les Ivoiriens se parlent et se réconcilient.

Qu’attendez-vous de Guillaume Soro, en termes d’actes ?

En décidant de demander pardon, je pense qu’il a certainement un calendrier et qu’il ne s’arrêtera pas là. Les actes majeurs qu’il peut poser pour qu’on sache qu’on est vraiment en train d’aller à la réconciliation, c’est sa contribution à la libération de l’ensemble des prisonniers politiques et au retour des exilés. Il faut que tous les enfants de la Côte d’Ivoire rentrent chez eux. Là, nous pourrons nous asseoir pour régler nos problèmes.

D’aucuns estiment qu’au lieu d’aller rendre visite à Laurent Gbagbo à la Haye pour lui demander pardon, Soro devrait commencer par Simone Gbagbo qui croupit dans une prison à Abidjan, à quelques minutes de sa résidence…

Pour moi, l’un n’exclut pas l’autre. Mais, il n’y a pas que Simone Gbagbo, Blé Goudé, ou Laurent Gbagbo. Il y a des multitudes de prisonniers qui croupissent dans des prisons ici. Il y a tous ces inconnus qu’il faut sortir des prisons. Leur place n’y est pas.

Pour vous, Soro est-il sincère ou c’est juste un effet de communication politique ?

Le temps nous le dira. Si c’est vraiment un ”buzz de com”, on verra. Mais, je pense que ce n’est pas dans l’intérêt du président de l’Assemblée nationale de venir faire du ”buzz de communication” dans une affaire aussi sérieuse. Si c’était le cas, alors ce serait regrettable !

N’est-ce pas la recherche de la popularité qui pousse votre groupe, ”Vox populi”, à vouloir rencontrer l’ex-président Gbagbo à la Haye?

Notre groupe s’est fixé comme objectif la réconciliation. Sur la scène politique ivoirienne, aujourd’hui, les partis politiques classiques ont échoué. Ça se voit par le nombre croissant des élus indépendants. De 35 hier, à aujourd’hui 76 députés indépendants. En plus du grand nombre de candidats indépendants de toutes les couches aux dernières élections. Vous avez des artisans, des étudiants, des gérants de maquis, etc. C’est le signe que le peuple a décidé de prendre son destin en main, parce que ceux qu’il envoie le représenter ne le font pas. Donc, les partis politiques classique sont en perte de vitesse aujourd’hui au profit des indépendants, qui symbolisent la liberté des populations. Deuxièmement, la quasi-totalité des Ivoiriens réclament la cohésion sociale. Les Ivoiriens n’ont pas l’habitude de se tirer dessus. Moi, je suis de l’Ouest, je réside au Sud, j’ai travaillé dans le Nord, mais à aucun moment, je ne me suis senti étranger nulle part en Côte d’Ivoire. Donc, nous partageons les aspirations de ce peuple. Nous disons qu’il y a quelque chose à faire pour aller au développement économique du pays, pour trouver de l’emploi aux jeunes… Le chemin, c’est la cohésion sociale et la réconciliation. Le groupe parlementaire ”Vox populi” en a fait son cheval de bataille. C’est dans ce cadre, justement, vu la situation actuelle du pays, que ce groupe a décidé d’aller croiser ces acteurs majeurs pour parler de réconciliation.


Vous avez dû suivre de près le procès de ces ex-dirigeants à la Haye. Que vous inspirent les témoignages qui se sont succédé jusqu’a présent?

J’ai l’impression qu’à la Cpi, personne ne veut prendre la responsabilité de libérer Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo, et personne ne veut prendre la responsabilité de les garder. C’est mon constat personnel au vu du ballet de ces témoins à charge qui deviennent à décharge. On se demande finalement où on va. La Chambre de cassation de la Cour a renvoyé la Chambre de première instance, la dernière fois, à sa copie en lui demandant de réexaminer la demande de liberté provisoire du président Gbagbo. Une façon de reconnaitre que les procédures ne sont pas respectées telles qu’elles se doivent. Si la Cpi n’a pas de preuve, qu’elle libère ces Ivoiriens.

Qu’attendez-vous comme suite à cet arrêt de la Chambre d’appel ?

Je ne suis pas juriste, mais telles que les choses avancent, la chose normale qui devrait se passer, c’est la liberté provisoire accordée à ces prévenus. Je souhaite la libération de ces Ivoiriens à la Haye et de ceux qui sont dans les prisons en Côte d’Ivoire, ainsi que le retour des exilés. Personne ne quitte chez lui de gaîté du cœur.

N’est-ce pas une façon de prôner pas l’impunité ?

Non, pas du tout ! Excusez-moi, mais cette crise ne date pas d’avant-hier ! Les victimes remontent jusqu’en 2002. On pourrait aller jusqu’en 1999. Donc, si on décide de pardonner, on pardonne tout et on avance. La France et l’Allemagne ont fait la guerre mais aujourd’hui, c’est le binomme qui mène l’Europe à bon port.



Etes-vous d’accord avec certains de vos pairs qui militent pour une loi d’amnistie?

Quand je parle de libération, il faut que les choses se fassent dans les règles de l’art. J’ai entendu parler de la proposition de loi que veut faire mon collègue et frère Évariste Méambly. On l’attend! Si c’est par là qu’il faut passer, allons-y! On ne peut pas rentrer dans une spirale de vengeance en vengeance. On a envoyé Laurent Gbagbo et Blé Goudé à la Haye, après d’autres vont envoyer des gens du camp Ouattara à la Haye, et on n’en finira pas. Il faut qu’on termine l’action une bonne fois pour toute pour que la Côte d’Ivoire s’engage à penser ses plaies pour sortir de la situation de ni paix ni justice et avancer.

Que vous inspire la guéguerre entre le Pdci-Rda et son allié, le Rdr, qui forment la coalition au pouvoir?

Il faut qu’on se concentre sur les problèmes du pays et non créer des artifices pour cacher le soleil avec la main. On limoge des personnalités comme l’inspecteur général d’État, Niamien N’goran, en disant qu’il a perdu les élections, puis on le remplace par quelqu’un qui a perdu les élections comme lui. Il n’y a pas de logique! On suspend Jean-Louis Billon parce que, dit-on, il y a péril à la cohésion sociale dans le Hambol, mais on lit dans la presse qu’il a été élu sous la bannière Rdr et il prend des responsabilités au Pdci. Il est vrai qu’on peut remplacer quelqu’un à un poste parce que personne n’est irremplaçable, mais au moins, que ça repose sur des arguments solides et convaincants. Tout ça procède de la guéguerre avant les échéances de 2020. Mais, bon Dieu, nous sommes en 2017! On vient de finir des élections et tout le pays est tourné vers les élections de 2020. Il n’y a pas que les élections dans un pays ! Il y a du travail à trouver aux jeunes, il y a à faire face au problème de sécurité qui se pose, aux questions des infrastructures, d’éducation, etc. Parce que si on ne trouve pas des solutions à ces problèmes d’emploi des jeunes, d’éducation et autres, croyez-moi, on risque de déboucher sur une crise beaucoup plus grave que celle qu’on a vécue.

Billon serait-il dans le starting bloc pour la présidentielle de 2020 ?

Je n’en sais rien du tout, je ne suis pas de son parti politique. Mais on suit quand même l’actualité politique dans notre pays. De ce que j’ai pu avoir comme information, je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête mais c’est un Ivoirien. S’il estime qu’il peut apporter un mieux-être aux Ivoiriens, alors la course est ouverte !

Vous qui êtes proche de lui, en a-t-il parlé ?

Non ! Les rapports que nous avons sont beaucoup plus professionnels et moins politiques. Et puis, je ne suis pas du cercle fermé politique du ministre Billon, donc je n’ai pas accès à ce type d’information.


Revenons à la crise au Rhdp. Elle est alimentée par cette question de l’alternance en 2020 que réclame le Pdci. En politique, est-ce que les passes sont possibles ?

Je sais, comme la plupart des Ivoiriens, qu’il devrait y avoir un jeu de passes entre le Pdci et le Rdr après l’appel de Daoukro qui a surpris la majorité des militants du Pdci qui l’ont accompagné quand même. Mais, à entendre les déclarations d’Amadou Soumahoro du Rdr et de bon nombre de cadres de ce parti, il n’est pas question de faire cette passe. Quelqu’un a dit que les promesses politiquent n’engagent que ceux qui y croient. Est-on dans ce cadre ? Je n’en sais rien, mais il ne faudrait pas justement que cet effritement au sein de cette coalition politique ait encore des répercussions négatives sur le peuple ivoirien comme on est en train de le sentir. Ils ont fait leur deal, si ça n’a pas marché, qu’ils trouvent le moyen de le régler sans encore mettre en péril la stabilité et le bien-être des Ivoiriens. Sinon, on a vu, en 2015, que Bédié, avec l’appel de Daoukro, a fait la passe à Alassane Ouattara. On a vu également en 2010, au second tour des élections présidentielles. Si c’est ça la passe, je dirais que c’est possible.


La guéguerre touche aussi Guillaume Soro, dont des proches ont été limogés de l’administration…

Ça fait trop de fronts ouverts pour le Rdr et le président Ouattara. C’est eux qui ont la gestion du pays, il faut qu’ils aient un peu de hauteur pour ces choses qui ont forcément des repercions négatives sur les Ivoiriens. Tant qu’ils peuvent faire leur guerre et leur guéguerre et que ça ne joue pas sur le peuple, il n’y a aucun problème. Mais il ne faut pas que leurs querelles intestines liées au respect ou non respect des accords secrets viennent encore empirer la situation déjà dégradée des Ivoiriens, avec le coût de la vie qui prend l’ascenseur pendant que les revenus chutent.

Guillaume Soro, probable candidat à la présidentielle de 2020, ça vous dit?

Guillaume Soro est un Ivoirien comme tous les autres. S’il se sent capable de briguer le suffrage des Ivoiriens et de diriger la Côte d’Ivoire, c’est son droit le plus absolu. A l’état actuel des choses, il ne faut pas chercher à faire de l’élimination préventive. Il ne faut pas chercher à empêcher ou affaiblir quelqu’un pour ne pas qu’il se présente, c’est contre productif.

Le premier semestre de l’année a été rythmé par des mutineries en Côte d’Ivoire. Comment appréhendez-vous ces moments de tumultes quotidiens ?

Assez difficile et triste à la fois pour la Côte d’Ivoire et pour les Ivoiriens. Honnêtement, pour moi, le paiement des primes après les premières mutineries a ouvert la boîte de pandore. Aujourd’hui, malheureusement, on est en train de se rendre compte que l’outil de travail le mieux rémunéré en Côte d’Ivoire, c’est la Kalachnikov. Et les autres Ivoiriens, les médecins, les enseignants ? On ne peut pas rythmer la vie d’un pays avec des mutineries à répétition. Au sein de mon groupe parlementaire, on a voulu en savoir davantage. Mais, on nous a répondu que c’était assez secret défense. Mais, encore une fois, je reviens à l’Exécutif. Le président de la République est le chef suprême des Armées. Il faut faire en sorte que les Ivoiriens ne se réveillent pas tous les matins avec les tirs de kalachnikov qui ont été achetés avec l’argent du contribuable. Il faut que ça cesse ! Si on veut pousser la réflexion plus loin, quel est engagement qui menace la paix sociale? À qui ces promesses de primes ont été faites, et par qui, pour que ça soit encore une charge pour le contribuable ivoirien ?

Dans cette affaire, une cache d’armes a été découverte à Bouaké. L’enquête diligentée tarde à révéler la réalité. Vous sentez-vous interpellé, en tant qu’élu?

La question qui me vient en tête est: est-ce que ceux qui étaient en charge du désarmement ont fait leur travail ? Sinon, dans ce pays, je n’ai jamais vu une enquête qui a abouti. Donc, je suis curieux de voir ce que ça va donner. Mais, encore une fois, ça ramène au problème de la situation sécuritaire. On a découvert une cache d’armes chez Soul to Soul, mais combien de caches d’armes y a-t-il encore de cette nature, sinon plus, qui sont encore dans ce pays? C’est la question qu’il faut se poser.

Dans toute cette ambiance, comment entrevoyez-vous l’horizon 2020 ?

C’est vrai qu’on fait de la prospective et de la planification, mais c’est prioritaire de s’occuper des problèmes du moment. Pour qu’il y ait 2020, il faut arriver à 2020. Il faut que les Ivoiriens mangent à leur faim, se soignent, mettent leurs enfants à l’école, que la jeunesse soit éduquée et trouve de l’emploi, etc. Pour que 2020 soit apaisé, on doit s’occuper des problèmes du pays aujourd’hui. Moi je rêve d’un 2020 en Côte d’Ivoire, où pour une fois au moins il y aura passation de pouvoir entre un président entrant et un président sortant. Jamais on n’a vu ça ici. Donc, apaisons le débat. Faisons tout pour qu’il y ait une cohésion, une réconciliation totale. Ainsi, nous arriverons en 2020 dans une atmosphère apaisée, et ceux qui veulent être candidats se présenteront, feront une campagne comme il se doit, et le le peuple choisira.

 

Entretien réalisé par Abraham Kouassi

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