12102016Headline:

CPI: Libération immédiate de Laurent Gbagbo… Un expert optimiste donne son avis…

cpi gbagbo

Il y a quelques jours, lors d’un entretien accordé au site « Sputniknews», Alexandre Mezyaev, un éminent expert en droit international, de nationalité Russe s’est exprimé au sujet de la libération immédiate de l’ex-président ivoirien de la cour pénale internationale(CPI), ainsi que de son ancien ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé.

Cela fait suite aux multiples départs des pays africains de la CPI. Il faut dire que depuis quelques mois, l’on a enregistré le départ de plusieurs pays Africains de la CPI et le dernier qui a signalé son départ il y a quelques semaines c’est la Gambie du président Yahya Jammeh.

De l’avis de ce chef du département de droit international de l’Université d’administration Tisbi (Kazan, Russie), parler de la libération immédiate de Laurent Gbagbo ainsi que son bras Droit, est encore trop tôt. Selon lui, les pays africains en se retirant de la CPI, cela ne peut pas influencer sur le déroulement du procès et le verdict de leur procès.

« Difficile évidemment de faire une prévision en ce sens mais disons qu’il faut se rappeler que Laurent Gbagbo a été victime du jeu des élites d’un certain nombre de pays occidentaux, en premier lieu de la France. Ce que vous mentionnez peut avoir lieu et certains éléments laissent à le penser », a indiqué Alexandre Mezyaev, avant de continuer.

« Mais d’un autre côté je ne pense pas que des événements tels que le retrait massif des pays africains de la CPI pourront forcément influer sur le verdict. Ici ce ne seront pas les juges qui prendront la décision mais bien les élites concernées. D’ailleurs le fait même d’abandonner des charges contre Laurent Gbagbo ne stoppera vraisemblablement pas le processus déjà enclenché, puisque nous savons déjà qu’il est innocent. Aujourd’hui nous avons l’évidence de l’absence des éléments qui pourraient confirmer une quelconque culpabilité de sa part. Les témoins de l’accusation ne cessent de tomber comme des châteaux de cartes. L’accusation, y compris la procureure en personne, ne cesse de se ridiculiser », a-t-il poursuivi.

« Et d’ailleurs j’aimerai porter votre attention sur autre chose aussi qui caractérise ce système de la CPI. Lorsqu’ils arrivent au fait où ils ne peuvent ni condamner ni libérer l’accusé, il arrive aussi qu’il meurt tout simplement. Et nous avons déjà assisté à plusieurs morts de la sorte. On parle bien évidemment ici de morts violentes. Nous avons les exemples de Slobodan Milosevic, Slavko Dokmanovic, Milan Babic, et puis cette année même Zdravko Tolimir. »

Alexandre Mezyaev a fait montre d’un optimisme quant à la libération des détenus parce que d’après lui, il n’existe aucune preuve de culpabilité contre Gbagbo et Blé Goudé.

« Nous pouvons rester optimistes ne serait-ce que pour la raison qu’il n’y aucune preuve de la culpabilité des détenus Gbagbo et Blé Goudé. Au contraire, ce qui a été présenté par le bureau du procureur mérite d’engager des poursuites contre le bureau du procureur. D’ailleurs un exemple du passé : pratiquement toute l’équipe de défense de Jean-Pierre Bemba a été arrêtée et condamnée pour avoir soi-disant préparée de faux témoins, bien qu’il s’agissait surtout de frapper au moment où la défense était assez efficace.

Ou rappelez-vous du premier témoin dans l’affaire Lubanga qui avait fini par dire que tous ses témoignages n’étaient que des mensonges et que c’est le bureau du procureur qui l’a incité à proférer ces mensonges. Quoique dans ce deuxième exemple, la cour a fait comme si rien ne s’était passé. Mais malgré tout cela nous pouvons rester en partie optimistes », a conclu le professeur associé dans plusieurs universités sud-africaines.

En guise de rappel, l’ex-président Ivoirien Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé sont poursuivis par la CPI pour crimes contre l’humanité et de sang lors de la crise post-électorale de 2011 en Côte d’ivoire. Selon l’ONU, cette crise avait causé la mort de plus de 3000 personnes. Leur procès a été ouvert en janvier 2016 et se poursuit actuellement à la Haye avec l’interrogatoire des témoins de l’accusation.

afrikmag

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