10222017Headline:

CPI/ Procès de Gbagbo : Les 4 phrases chocs au passage de l’ex-Dg de la police,Le témoin P46 Brédou M’bia

Brédou M’bia, 62 ans, n’est autre que l’ancien Directeur général de la police ivoirienne, nommé à cette fonction en 2008 sous la présidence de Laurent Gbagbo et démis en 2017 sous celle d’Alassane Ouattara.

 

Ses fonctions «conférées par le chef de l’Etat» le liaient au ministre de l’intérieur à qui il devait rendre des comptes, ministre qui en référait lui-même au président. Le témoin Brédou M’bia ou P46 exerçait dans les sommets de la hiérarchie. La déposition écrite de ce haut-gradé de la police ivoirienne, a fait presque 400 pages et a comporté 333 documents. Son interrogatoire a duré six jours. Il a été le 34e témoin dans l’affaire mettant en accusation l’ex-chef d’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo et son dernier ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, pour ‘‘crimes contre l’humanité”. Pas un habitué de citations chocs ou provocatrices, le témoin a, pendant moins d’une semaine, livré des confidences qui certainement seront déterminantes à l’heure du bilan.

«L’indicatif radio du ministre était Atlas»

Au deuxième jour de son audition, l’ex-Dg de la police nationale a créé la surprise, en révélant les différents codes des hauts gradés de la police nationale. Sur insistance du substitut du procureur, Eric Mac Donald, les communications radio, les indicatifs de chaque réseau ou chef d’unité d’intervention ont été passés au crible. «Chaque structure avait son réseau radio», a confirmé le témoin précisant que ”Minos” était l’interface entre celui de la police et de la gendarmerie, et que son PC était situé dans les bâtiments du ministère. Même l’indicatif du ministre de l’Intérieur au moment de la crise post-électorale, Emile Guiriéoulou, a été dévoilé. «C’était Atlas mais il était très rare qu’il intervienne» a précisé le haut gradé de la police. Un indicatif qui avait été déjà mentionné le 8 février 2016, par le témoin Sinaly Dosso, ancien sergent-chef, et décrit «comme un donneur d’ordre».

«On nous a demandé de faire allégeance à Gbagbo»

Toujours au cours de son interrogatoire, l’accusation est revenue sur la journée du 2 décembre 2010 où ont été proclamés les résultats du scrutin présidentiel. Une journée que Brédou M’bia a interprété, d’abord, comme l’investiture du président, qui a en fait eu lieu le 4 décembre 2010. «Il y avait tous les grands commandants dont moi-même». Il s’agissait, en fait, d’une convocation du chef d’état-major, Philippe Mangou, lui demandant de prêter allégeance au président Gbagbo. «Le général Guiai Bi Poin et moi avons dit que ce n’était pas normal, que nous n’étions pas d’accord, et nous sommes repartis à nos bureaux. À 18h, on nous a rappelés en nous disant qu’on ne nous demandait pas notre avis mais de faire allégeance» déclarait Brédou M’bia aux enquêteurs de la Cour pénale internationale (Cpi) en 2011. Ce qu’il dit avoir fait par «mimétisme» avec les autres haut-gradés.

 

« Nous avons demandé au chef de l’Etat de se retirer»

Au quatrième jour de prétoire pour Brédou M’bia, la personnalité de cet ancien responsable de la police ivoirienne durant la crise 2010-2011, se révélait au fil des heures et des questions. On a appris avec lui qu’il avait, avec trois de ses homologues hiérarchiques , sollicité une entrevue auprès de l’ancien président pour lui demander «à l’unanimité» de se retirer du jeu début 2011. «Ce jour-là, il y avait le ministre de la Jeunesse, des Affaires étrangères, de l’Intérieur et de la Défense. Nous lui avons dit que nous ne souhaitions pas qu’il continue à exercer ses fonctions et demandé si possible de se retirer», a expliqué M’bia.

 

«On m’a demandé de démettre l’actuel Dg de la police»

Dans le fil des mouvements au sein des appareils d’Etat, il a été aussi question, lors de l’interrogatoire de la défense de Laurent Gbagbo mené par Me Emmanuel Altit, du limogeage de Youssouf Kouyaté, en janvier 2011, alors adjoint du préfet de police d’Abidjan. La raison de cette démission intimée par Laurent Gbagbo et ses proches ? Le fait que Youssouf Kouyaté aurait été représenté par un des anciens chefs de l’ex-Forces armées des forces nouvelles (Ex-Fafn), Chérif Ousmane, lors des obsèques de son père auxquelles il ne pouvait assister. «Les deux qui m’ont donné les informations avaient tous la même raison. Pendant la période de guerre, le commissaire Kouyaté avait perdu son père. Il n’a pu se rendre à Bouaké compte tenu de la situation de guerre. Il a été représenté aux obsèques de son père par le commandant Chérif Ousmane, un chef de guerre de Bouaké», a expliqué le témoin. Le fait que Youssouf Kouyaté aurait été représenté par Chérif Ousmane, lors des obsèques de son père auxquelles il ne pouvait assister. «Ils ont établi une relation entre eux» a relaté l’administrateur général de la police en précisant que selon lui, il n’avait «commis aucune faute». La déposition de Brédou M’bia s’est refermée avec deux jours d’avance par rapport à ce qui avait été annoncé. Le procès reprendra le 6 mars.

Cyrille DJEDJED

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