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CPI /Procès Gbagbo-Blé Goudé: “L’accusation verse au dossier un agenda déchiré, illisible comme nouvelle preuve”

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Procès Gbagbo-Blé Goudé: L’accusation verse au dossier un agenda déchiré, illisible et froissé comme nouvelle preuve

Sur proposition de Mme Park, substitut de la procureure Fatou Bensouda, le juge président Cuno Tarfusser a retenu l’agenda pourtant illisible et déchiré du mercenaire libérien Jérôme Tarlue Junior, alias Gbagbo Junior, comme une nouvelle preuve contre l’ancien président ivoirien. C’était le jeudi 17 novembre 2016, en fin de journée. « Mmes, MM les juges, en examinant les documents papiers, l’accusation a identifié deux autres co-documents papiers que nous voudrions copier même s’ils n’étaient pas là. Ils faisaient partie des reçus, des agendas, etc… Je voudrais juste vous dire pourquoi je fais cette demande. Ils n’ont pas d’intérêt particulier. C’étaient des reçus et le destinataire c’est Tarlue Junior et c’est pour essayer de préciser la façon dont les noms sont écrits par le témoin. Vous avez vu des reçus des factures de l’hôtel de Koumassi 05. Eh bien, nous voudrions que ceci puisse être reversé au dossier », a sollicité Mme Park.
Sur l’agenda de Gbagbo Junior, les feuilles sont presque toutes froissées et déchirées et les dates ne sont pas lisibles, comme en témoignent les propos de la substitut de Bensouda. « L’un 13 juillet 2009 et l’autre (quelque chose) 2008. Et ce n’est pas lié à quoi que ce soit qui pourrait avoir un impact sur l’affaire », a confessé Mme Park.
S’en est alors suivie une vive altercation avec les avocats de la défense. L’un des défenseurs de Laurent Gbagbo, Me O’shea, s’est montré intraitable sur la question. Selon lui, on ne peut ajouter de preuves additionnelles à ce stade de la procédure car ceci devrait se faire lors des enquêtes préliminaires. « Le contexte, c’est que la chambre a demandé au témoin d’apporter son agenda. Et quelques documents supplémentaires sont arrivés avec l’agenda. Ce n’est pas à ce moment-ci dans le procès qu’on doit avoir des preuves supplémentaires. Je pourrais comprendre qu’il y ait des pièces importantes dans des circonstances exceptionnelles et la chambre pourrait alors prendre la décision d’accepter. Mais ce n’est pas le cas », a plaidé Me O’shea. « Ces documents ne figurent ni dans le système ni parmi ceux qui ont été divulgués et on ne voit pas pourquoi, à ce stade, ils devraient être ajoutés. Et, manifestement, ils ne font pas partie de l’agenda et nous ne savons même pas d’où ils viennent », a renchéri Me Zokou Seri, avocat de Blé Goudé.
Malgré ces objections de la défense, le juge Cuno Tarfusser a donné droit à la requête du bureau du procureur en retenant l’agenda de Jérôme Tarlue Junior comme une nouvelle preuve contre l’ancien président Laurent Gbagbo. « En ce qui concerne l’agenda, c’est la chambre qui a demandé au témoin de l’emmener dans le prétoire et de la lui présenter. Par conséquent, le document est versé au dossier, dans son entièreté tel qu’il a été présenté à la chambre. Et le greffe est ainsi invité à le scanner dans son intégralité, y compris toutes les pages mobiles qui sont contenues ou collées à cet agenda. Après, le greffe devra le charger sur le système de prétoire électronique. Il sera versé au dossier sans préjudice ou sans préjuger de l’issue, de la pertinence de ce document. Ce qui sera déterminé ultérieurement », a affirmé Cuno Tarfusser. Le juge-président a enfin donné des instructions fermes pour que « que toutes ces feuilles volantes qui font partie de l’agenda du témoin », selon ses propres termes, soient scannées et prises en compte.
Anel’G

abidjanactu

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