05242017Headline:

CPI procès huit clos Gbagbo 11 Juillet 2016/ « Une véritable spéculation » ce que le témoin a declaré

cpi avocats

Une armée multi-ethnique en 2010-2011 selon le témoin à la barre

En cette nouvelle journée d’audience du 11 juillet, un témoin a dû répondre à des questions sur l’entourage de Laurent et de Simone Gbagbo. Une séance de nouveau entrecoupée par de très nombreux huis clos.

Par Antoine Mouteau

Le bureau de la procureure de la Cour pénale internationale s’est intéressé, aujourd’hui, aux proches de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo et de son épouse Simone Gbagbo, ainsi que de la composition de l’armée. Il a directement demandé au témoin du jour, dont nous ne disposons ni du nom ni d’un quelconque numéro de matricule, de revenir sur des déclarations passées.

« Une véritable spéculation »

Lors d’une précédente audience, le témoin aurait décrit Zadi Djédjé comme un « homme de confiance » de Laurent Gbagbo. Le bureau de la procureure a cherché à savoir ce qu’il entendait exactement par là. « Un homme de confiance est un homme de confiance », a répondu ce dernier. « Y en avait-il d’autres ? », lui a alors rétorqué Melissa Pack, substitute de la procureure. Une question qui a déplu à la défense de Laurent Gbagbo. « On rentre dans une véritable spéculation. Comment peut-on demander à un témoin, qui n’est même pas proche du président, de déterminer qui sont ses hommes de confiance ? », a-t-elle répliqué, avant d’être approuvée par le président de l’audience.

La substitute de la procureure a tout de même pu poursuivre partiellement son questionnement : « Et Kadet ? », lance-t-elle. « Kadet était ministre délégué à la Défense. Il vient du même village que Laurent Gbagbo. Il était le responsable d’une association de cadres de Mama », raconte le témoin. Mais avant d’aller plus loin, « pour être plus efficace », selon le président, la séance a été partiellement fermée au public.

« Plus du côté de Monsieur que de Madame »

Après la levée du huis clos, il a été plus précisément question des proches de Simone Gbagbo. « Qui se trouvait exactement dans le carré décisionnel de la Première dame ? », a demandé la substitute de la procureure. Le nom d’Anselme Séka a été cité par le témoin. « Et le pasteur Koré ? », relance la substitute. « Il était plus du côté de Monsieur que de Madame », affirme le témoin. « Vous parlez d’eux comme des preneurs de décision. Quelles décisions prenaient-ils ? », demande-t-elle. La session est de nouveau réduite au huis clos.

Le commando invisible « avait tout »

Le témoin a ensuite été longuement invité à décrire des images de scènes de rue, filmées pendant la crise post-électorale. C’est la défense qui lui posera la majeure partie des questions. Le témoin est amené à se prononcer sur des questions d’artillerie. Il doit notamment identifier des blindés et d’autres véhicules. Il est également entendu sur l’armement dont disposait, selon lui, le commando invisible. « Oui, ils avaient des Kalachnikov et des armes antichars, ils avaient tout. » Le témoin dit pouvoir certifier la présence de lances roquettes antichars.

Plus tard, la présence présumée d’une personne blanche maniant des armes a également été évoquée : « Portait-elle un uniforme ? », demande la défense, « Non, pas d’uniforme. », repond le témoin.

L’armée ivoirienne : « un mélange où tout le monde s’y retrouve »

Au cours de l’audience, il a également été question des origines ethniques qui composaient l’armée ivoirienne avant mais aussi pendant la crise post-électorale. La défense de Laurent Gbagbo a énuméré un certain nombre de noms de responsables de secteurs et de divisions militaires de l’époque. Elle a demandé au témoin de se rappeler de l’origine de chaque personne citée. Même si, dans le cas de plusieurs noms, le témoin s’est montré incapable de répondre à la question, la défense en a conclu que «cet échantillon très large» de responsables est représentatif de ce à quoi l’armée ivoirienne ressemblait au moment de la crise. Une conclusion validée par le témoin. « Oui, c’est un mélange où tout le monde s’y retrouve », a-t-il répondu.

Selon ce qu’on peut déduire de la séance, ce n’était pas la première fois que ce témoin était à la barre. Il est difficile de connaitre des détails des audiences récentes puisque le procès n’a pas été retransmis.

Les articles écrits à l’occasion du procès relatent les faits tels que décrits par l’accusation, la défense, la représentante des victimes ou les témoins. Ils ne traduisent pas la pensée d’Ivoire Justice et doivent être compris comme des récits d’audiences.

Ivoire Justice est une plateforme créée par le programme « Justice internationale » de l’ONG RNW Media, basée aux Pays-Bas. Nous nous efforçons d’expliquer et donner des informations sur les affaires ivoiriennes à la CPI mais nous n’en sommes en aucun cas rattachés.

Vous avez une question, un commentaire, un message pour nous ? Vous pouvez nous envoyer un courrier électronique à cette adresse : contact@ivoirejustice.net.

Comments

comments

What Next?

Related Articles

Leave a Reply

Submit Comment