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CPI /REsume du procès du 29 Nov /Témoignages par vidéoconférence -Ce qu’il faut retenir

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Deux témoins ont déposé ce jour dans le cadre du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. La matinée a été consacrée à l’audition à huis clos de P350, une « personne vulnérable ». Un second témoin a fait son apparition cet après-midi pour évoquer la marche du 16 décembre 2010.

Par Camille Dubruelh

C’est par vidéoconférence qu’ont été entendus les deux témoins du jour. Ce matin, P350 a déposé à huis clos afin d’« éviter d’exposer son bien-être à des risques », selon les mots des juges. Cette mesure décidée la semaine dernière, avait pour but de protéger cette personne « vulnérable », témoin de la marche sur la RTI.

Cet après-midi, un autre témoin a fait son apparition, cette fois-ci en public. Monsieur Saydou Zouon, blessé le 16 décembre 2010, témoigne lui aussi à distance. Sa déposition devant les enquêteurs du bureau de la procureure en 2012 ayant été versée au dossier, le témoin n’est pas revenu sur le récit de cette journée.

Une balle au genou gauche

L’accusation a simplement présenté un certificat médical avant d’interroger le jeune homme sur les conséquences de sa blessure. Celui-ci avait en effet déclaré avoir reçu une balle au genou gauche lors de la marche sur la RTI, balle qui n’a jamais été délogée. Peu loquace, Saydou Zouan a simplement expliqué qu’il avait dû arrêter son travail d’installation d’antennes paraboliques depuis cette date. « Avec mon état, ça me fatigue pour grimper sur les échelles. Mon pied gauche ne fonctionne plus normalement », a-t-il affirmé.

Très rapidement, la défense a pris le relai pour le contre-interrogatoire. Andreas O’Shea, avocat de Laurent Gbagbo, s’est notamment penché sur les déclarations faites par le témoin au bureau de la procureure et aux autorités ivoiriennes. Ainsi, Saydou Zaouan a confirmé avoir déposé dans le cadre d’une procédure contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, entre 2012 et 2013. L’avocat a également voulu savoir si le témoin avait entamé des procédures pour obtenir une compensation financière suite à sa blessure. L’homme a expliqué que son grand frère avait en effet déposé des dossiers à une ONG, assurant ne pas en savoir plus.

Appel à « une marche pacifique » selon le témoin

En fin de séance, Andreas O’Shea en est venu à la marche sur la RTI. Dans sa déclaration préalable, le témoin avait évoqué l’appel de Guillaume Soro pour « libérer la RTI ». Le but était d’opérer une « marche pacifique », et non d’aller prendre la RTI par la force, a affirmé Saydou Zaouan. Peu convaincu, la défense a voulu savoir pourquoi Guillaume Soro avait, d’après la déposition du témoin, employé les mots « déloger l’ancien directeur », en « installer un nouveau » et « protéger la RTI ».

Questions « alambiquées »

Mais le témoin a nié avoir utilisé le mot « protéger » dans sa déposition au bureau de la procureure, insistant sur le fait qu’il s’agissait de « marcher ». « Donc l’enquêteur n’a pas consigné correctement vos propos ? », a demandé l’avocat. « Sur le mot « protéger », ils se sont trompés », a répondu Saydou Zaouan.

Cette dernière question a provoqué une opposition du bureau de la procureure et un rappel à l’ordre des juges. Le président de la Chambre a reproché à la défense de poser des questions « trop alambiquées ». « Parfois, le témoin n’a aucune idée de ce que vous dites, c’est ce que je ressens », a expliqué le juge Cuno Tarfusser. Il faut dire que tout au long de son audition, la communication a été complexe, le témoin ayant des difficultés avec le français et souffrant visiblement de « manque de concentration ». Une partie du problème devrait être réglé dès demain. Des interprètes supplémentaires seront présents à la CPI afin de traduire au témoin les questions en Dioula, sa langue maternelle.

ivoirejustice

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