10202017Headline:

CPI /tout ce qu’il faut retenir du dernier jour du témoin /La défense met en doute la « crédibilité » de Sanogo Abdourahmane et…

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Les équipes de défense de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé ont interrogé Sanogo Abdourahmane, ce mardi 4 octobre, à la Cour pénale internationale (CPI). Il a été une nouvelle fois question de la crédibilité des vidéos filmées par le témoin, pendant certains événements de la crise post-électorale.

Par Camille Dubruelh

« J’avais l’habitude de filmer les événements qui m’intéressent ». C’est ce qu’a expliqué le témoin à la Cour, répondant à de nouvelles questions de la défense sur ses vidéos. Un autre film a notamment été présenté à l’audience ce mardi, sans que le public n’ait la chance de le voir. « C’est une promesse que j’ai faite ce jour-là aux jeunes et je tiens à respecter mes engagements », a expliqué le témoin pour justifier sa demande de huis clos partiel.

Egalement filmées d’un balcon à Williamsville, ces images montrent, semble-t-il, des jeunes qui venaient de « libérer » la Compagnie républicaine de sécurité. Autour d’eux, une foule les félicitant, criant « Bravo !» et « On est libéré !». Selon les dires du témoin, ces jeunes, venus d’Abobo avec des armes, combattaient « pour rétablir l’autorité d’Alassane Ouattara » et non pour le compte d’Ibrahim Coulibaly (IB). « Je marchais avec eux pour entendre ce qu’ils disaient », a expliqué le témoin, niant avoir échangé directement avec ces combattants.

 

Des vidéos retirées de Facebook par mesure de protection

S’en est suivi un long interrogatoire sur les rencontres préalables entre le témoin et le bureau de la procureure en 2015. Jennifer Naouri, membre de l’équipe de défense de Laurent Gbagbo, a voulu savoir comment et pourquoi les enquêteurs avaient aidé le témoin à retirer ses vidéos de Facebook. « Par mesure de sécurité » a répété Monsieur Sanogo, expliquant qu’on avait pu remonter jusqu’à lui grâce à ces vidéos. Suite à une objection du bureau de la procureure, la défense a répliqué, accusant la partie appelante de vouloir régulièrement « cacher les auteurs des vidéos ».

Une autre salve de questions sur l’origine du téléphone utilisé pour filmer a suivi. Il s’agit de juger de la « crédibilité du témoin » et de la « plausibilité de son récit » est intervenu Me Altit, l’avocat principal de Laurent Gbagbo, répondant aux interrogations du juge sur la pertinence de ces questions. « Peut-être qu’il n’a pas filmé ces images, peut-être qu’on lui a remis ce téléphone », a argumenté de son côté Jennifer Naouri.

La défense de Blé Goudé interroge le témoin sur les détails de la tentative d’attaque du camp Agban

La défense de Charles Blé Goudé s’est de son côté intéressée à un autre événement, la tentative d’attaque du camp Agban par « les forces d’IB » à la mi-mars, incident que le témoin aurait pu observer depuis un balcon. Geert-Jan Alexander Knoops, avocat principal de l’accusé, a notamment voulu savoir comment Monsieur Sanogo pouvait connaître autant de détails sur cette attaque. Ce dernier a expliqué qu’au lendemain de l’incident, les précisions lui « avait été rapportées » par les jeunes du quartier, qui avaient échangé avec les assaillants.

Claver N’Dry, autre avocat de Monsieur Blé Goudé, a également posé quelques questions au témoin, au sujet des titres donnés à ses vidéos. Il a pris l’exemple d’un fichier titré « Tirs sur les civils aux mains nues ». L’avocat a cherché à comprendre ce choix de titre, sachant qu’il n’est pas possible de voir sur les images si des membres des forces de l’ordre tirent effectivement sur des civils. « C’est moi qui ai filmé. Je sais très bien que c’est sur des civils qu’ils ont tiré même si ce n’est pas perceptible », fini par s’emporter le témoin.

Avant qu’il ne quitte le prétoire, l’avocat a également demandé à Monsieur Sanogo de s’expliquer sur un extrait de sa déclaration préalable : « Après que la Commission électorale indépendante déclare Ouattara vainqueur, je suis moi-même sorti avec les gens de mon quartier car nous étions contents », avait-il dit devant les enquêteurs.« Nous étions contents car c’était la fin d’une longue attente (…) Ce n’était pas forcément mon candidat mais au moins ils ont donné les résultats, c’est ce qu’on attendait », a expliqué Abdourahmane Sanogo.

ivoirejustice.net

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