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CPI -Voici le document accablant que Bensouda a encore déposé contre Gbagbo et Blé Goudé

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Avant l’ouverture du procès: Bensouda dépose un document accablant contre Gbagbo et Blé Goudé

La nationalité ivoirienne ”distribuée’ ‘à des mercenaires libériens

Ce n’est pas le document qu’elle compte présenter lors du procès commun de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (Cpi). Mais, on n’en est pas loin.

Fatou Bensouda, procureure de l’instance judiciaire internationale, a dévoilé la démarche et les arguments qu’elle entend utiliser pour ”couler” les deux accusés ivoiriens. Le document adressé le 16 juillet 2015 à la Chambre de première instance contient 153 pages à charge contre l’ancien président ivoirien et son fidèle lieutenant. Dans sa présentation, la procureure gambienne s’attèle à démontrer l’influence de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sur les groupes armés (forces régulières et milices) lors de la crise post-électorale. La procureure gambienne fait ainsi savoir dans son rapport que le fondateur du Congrès panafricain pour la Justice et l’égalité des peuples (Cojep) aurait favorisé le recrutement de plusieurs miliciens proches du défunt Maguy Le Tocard au sein des unités spéciales de la Police nationale. Ce, moyennant la somme de 2 millions de Francs Cfa. « Blé Goudé a donné 2 millions de Francs au Commandant Loba de la Bae (Brigade anti-émeute, ndlr) lorsque Maguy Le Tocard et son groupe de miliciens issus du Gpp ont été intégrés à la Bae et agissaient sous les ordres du commandant Loba », indique le rapport écrit en anglais.

Particulièrement indexé par Fatou Bensouda sur la question du recrutement et de l’équipement des mercenaires étrangers, Charles Blé Goudé est accusé par la fonctionnaire de la Cpi d’avoir octroyé à des combattants venus du Liberia voisin des pièces d’identité. « Blé Goudé a été personnellement impliqué dans le recrutement, le financement et l’organisation de mercenaires, écrit la procureure. En décembre 2010 , Blé Goudé a favorisé le recrutement d’ une centaine de mercenaires libériens du camp de réfugiés de Buduburam au Ghana . Il avait également, des extraits de naissance ivoiriens établis pour les mercenaires et qui semblaient avoir été signés par le maire de Yopougon. (…) Plusieurs boîtes de fausses cartes d’identité ont été retrouvées à son domicile ». Toujours dans son brief d’avant procès, Fatou Bensouda explique que Laurent Gbagbo a délibérément fermé les yeux sur les actes posés par ses forces. Selon l’ancienne ministre de la Justice de Gambie, ce silence de l’ancien chef d’Etat doit être considéré comme coupable. « Il est de la position de l’Accusation que le silence de Gbagbo a augmenté le risque que ses forces de commettre des crimes, commente Bensouda. Comme expliqué, Gbagbo commandait les forces pro- Gbagbo au plus haut point. En outre, l’essence même du plan commun était de maintenir Gbagbo comme président par tous les moyens. Il en résulte que Gbagbo avait la capacité matérielle de prévenir chacun des quatre faits qui lui sont reprochés. (…).Ces crimes n’auraient pas été commis si Gbagbo avait exercé son pouvoir pour les prévenir ». Les forces pro-Gbagbo ont également été passées au crible par Fatou Bensouda dans le document déposé devant le juge Geoffrey Henderson. Toujours fidèle à sa théorie sur l’existence d’un ‘’plan commun’’ ourdi par Gbagbo et ses plus proches pour maintenir coûte que coûte le fondateur du Front populaire ivoirien (Fpi) au pouvoir, la procureure de la CPI a expliqué que les forces armées ont joué un rôle capital dans l’exécution de ce plan. A l’en croire, les ex-Forces de défense et de sécurité (Fds) avaient une structure de commandement parallèle qui détenait l’effectivité du pouvoir militaire. Organigramme à l’appui, Fatou Bensouda a fait savoir dans son rapport que cette structure était commandée par Laurent Gbagbo qui avait pour principaux ‘’lieutenants’’ Dogbo Blé Bruno, Kadet Bertin. Dans cette chaine de commandement, la successeure de Luis Moreno Ocampo fait savoir que Philippe Mangou, Kassarté Edouard et Brindou M’Bia, chef des principales forces de défense, avaient un pouvoir extrêmement réduit sur la troupe.

Les proches de Gbagbo indexés

Pour la mise en œuvre de ce plan visant à le maintenir au pouvoir, Laurent Gbagbo s’est appuyé sur un cercle de proches personnalités civiles comme militaires parmi lesquelles Simone Gbagbo, Laurent Dona Fologo, Konan Boniface et surtout Hubert Oulaye accusé d’avoir recruté des mercenaires libériens au cours de cette crise. Cependant, la procureure de la juridiction internationale ne manque pas d’insister sur le rôle de Blé Goudé auprès de son mentor. «Gbagbo consultait régulièrement Blé Goudé pour la mise en œuvre du plan commun. Compte tenu de sa position de chef de file reconnu de la jeunesse pro- Gbagbo et de son extraordinaire capacité à galvaniser et mobiliser les jeunes, la contribution de Blé Goudé à l’élaboration et à la mise en œuvre du plan commun était essentielle et a eu un impact direct sur la commission par les forces pro- Gbagbo des crimes reprochés », peut-t-on lire dans le rapport. Les discours de Laurent Gbagbo ont également été passés au crible par l’accusation. Du célèbre ‘’si je tombe, vous tombez avec moi’’ prononcé face aux chefs militaire en 2010 à l’intervention de l’ex-chef d’Etat lors de l’installation de la caserne Crs de Divo en passant par le ‘’on gagne ou on gagne’’, Fatou Bensouda n’a rien oublié des sorties du détenu de Scheveningnen qu’elle n’a pas manqué de joindre à son dossier. « Ces crimes n’auraient pas été commis si Gbagbo avait correctement exercé son contrôle sur les forces pro-Gbagbo pour les prévenir », rappelle l’accusation pour conclure son exposé.

Abraham KOUASSI

 linfodrome.com

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