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CPI/Ce qu’il faut retenir du temoin,le commandant de la Garde républicaine

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commandant de la Garde républicaine évoque la bataille d’Abidjan

Dernier jour d’interrogatoire pour le colonel Edouard Kouaho Amichia. Le commandant de la Garde républicaine a répondu, ce lundi 26 septembre, aux questions de la défense de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Parmi les sujets abordés : la bataille d’Abidjan et la composition de l’armée ivoirienne avant et après la crise postélectorale.

Par Camille Dubruelh

Ce lundi à la Cour pénale internationale, la bataille d’Abidjan a retenu l’attention de la défense de Laurent Gbagbo. Emmanuel Altit, l’avocat principal de l’accusé, a voulu en savoir plus sur les protagonistes de cet événement, intervenu dans la deuxième quinzaine du mois de mars 2011. Le colonel Edouard Kouaho Amichia, qui dirigeait à l’époque le groupement n°1 de la Garde républicaine, a expliqué que les Forces de défense et de sécurité s’opposaient alors à « des groupes armés non identifiés ». Parmi ces derniers, des « rebelles », le « Commando invisible » et des « jeunes d’obédience RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix) » qui s’attaquaient à des commissariats.

L’attaque des casernes et les combats menant à l’arrestation de Gbagbo

La défense s’est ensuite intéressée à l’attaque contre la caserne de Treichville, base du groupement n°1 de la Garde républicaine. « Nous avons été bombardés » dans la nuit du 4 au 5 avril, raconte le témoin avant de poursuivre : « Tous nos moyens de défense et de combat ont été mis hors d’usage (…) Dieu merci, il n’y a pas eu de morts».

Il s’agissait selon ses dires, d’une attaque aérienne menée par des appareils appartenant à la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) et à la force française Licorne. « Donc l’ONU et la force Licorne ont participé à la bataille d’Abidjan ? », demande alors Emmanuel Altit. « Affirmatif », répond le témoin, précisant qu’il s’agissait dans un premier temps d’une « bataille ivoiro-ivoirienne ». Le commandant a par ailleurs expliqué que d’autres casernes avaient été bombardées ce même jour. Après le 5 avril, « toutes les unités étaient dans l’incapacité de combattre », a-t-il affirmé.

Poursuivant son récit, le commandant de la Garde républicaine a ensuite évoqué les batailles ayant mené à l’arrestation de Laurent Gbagbo. « Les forces de la rébellion »qui disposait « d’armement lourd » étaient engagées dans ces combats, note le témoin avant de préciser qu’il avait appris plus tard que celles-ci avaient reçu l’appui des forces Licorne. La défense a ensuite cherché à savoir ce qu’il était advenu des éléments de la Garde républicaine qui protégeaient la résidence présidentielle de Cocody suite à leur défaite. Selon les dires du témoin, certains de ces éléments sont partis en exil, d’autres ont répondu à l’appel de Guillaume Soro de rejoindre les casernes et ont été « affectés à d’autres corps ». 

 

Affectations et nominations des officiers

Sur cette question des affectations, la défense a voulu en savoir plus, notamment sur la nomination d’officiers à des postes-clés. Il a été question du lieutenant-colonel Ouattara Issiaka, dit Wattao, actuellement commandant en second de la Garde républicaine. « Avait-il un rôle politique ou militaire entre 2002 et 2010 ? » demande l’avocat de Laurent Gbagbo. D’après le témoin, il était le numéro 2 des Forces nouvelles à l’époque, et responsable de la sécurisation d’une zone entre Treichville et la frontière sud lors de la bataille d’Abidjan.

La défense de Charles Blé Goudé s’est pour sa part concentré sur la répartition ethnique au sein des forces armées ivoiriennes, avant et après la crise.« Culturellement, géographiquement, les groupes Krou et Akan sont différents ? », a demandé Seri Zokou, l’un des avocats de l’accusé, avant d’être interrompu par le président de la chambre : « Il n’est pas ethnologue, il est militaire, pourquoi devrait-il répondre à ce genre de questions ? ». L’acte d’accusation du bureau de la procureure « contient une information importante qui ne répond pas aux données sociologique de la Côte d’Ivoire, à savoir que ceux qui composaient les loyalistes étaient en majorité d’ethnies Bété et de groupes apparentés », s’est expliqué Claver N’Dry, autre membre de l’équipe de défense de Charles Blé Goudé. « On veut présenter la réalité de la composition de l’armée ivoirienne », s’est-il justifié.

Ainsi, la défense a cherché à comprendre pourquoi le témoin imputait sa mise à l’écart lors de la crise à des considérations ethniques, d’autant que, parmi les Appolo (l’ethnie du colonel), beaucoup soutenaient Laurent Gbagbo. « C’était un épiphénomène », se justifie le témoin. « Votre nomination (au poste de commandant du groupement n°1 en 2004, ndlr) constituait un honneur ? », demande Seri Zokou.« Oui, c’était un honneur qu’on me faisait » répond le témoin.

Avant de quitter la salle, ce dernier a tenu à clarifier un point, concernant sa nomination au poste de commandant de la Garde républicaine suite à la crise.« Beaucoup de choses ont été dites (…) Si j’ai été nommé à ce poste, c’est que le président m’a recruté sur mon CV », a-t-il expliqué, précisant que c’était « la volonté de Dieu ».

ivoirejustice.

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