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CPI/Dernier jour d’interrogatoire pour Jérôme Tarlue Junior, Le témoin « heureux » d’avoir dit la vérité-ecoutez son mot de fin

Dernier jour d’interrogatoire pour Jérôme Tarlue Junior. Le témoin a répondu aux dernières questions de la défense de Laurent Gbagbo. L’équipe de Charles Blé Goudé s’est, de son côté, abstenu de poursuivre ce contre-interrogatoire, l’ex-combattant libérien ayant déjà raconté en détail son histoire et sa version de la crise postélectorale ivoirienne.

Par Camille Dubruelh

Rien de nouveau, seules quelques précisions à l’audience ce mardi 22 novembre. Interrogé par l’avocat principal de Laurent Gbagbo, Jérôme Tarlue Junior est revenu sur quelques points de son récit, notamment les attaques contre la RTI. Impossible pour l’ex-combattant libérien de définir la date de ces assauts. Mais une chose est sûre selon lui, les Nations unies appuyaient les groupes rebelles pour mener ces attaques.

« Junior Gbagbo » est également revenu sur son rôle à la résidence présidentielle. Il a expliqué qu’il agissait sous les ordres de Séka Séka mais que, sur le terrain, il commandait les opérations des combattants libériens. « Les gens criaient mon nom. Ils savaient que j’étais un combattant courageux », a-t-il insisté. Le témoin a également été interrogé sur « le commando invisible ». « Quelqu’un surgissait d’un taxi et commençait à tirer aux alentours. Il disait que Gbagbo ne voulait pas qu’on tienne des élections », a expliqué « Junior Gbagbo », précisant que cela se passait « dans les zones centrales » de la ville. « Vous voulez dire que le commando invisible menait des actions terroristes ? », a demandé l’avocat de Laurent Gbagbo. « Oui », a répondu le témoin.

Le témoin « heureux d’avoir dit la vérité »

De son côté, la défense de Charles Blé Goudé a préféré passer son tour, visiblement satisfaite du contre-interrogatoire mené par l’équipe de Laurent Gbagbo. Ca n’a pas été le cas du bureau de la procureure, qui a posé de nombreuses questions de réexamen au témoin, malgré les réticences de la défense. « C’est un nouvel interrogatoire principal auquel on assiste », a déploré Emmanuel Altit. Priée par le juge président de poursuivre, l’accusation a eu le loisir de revenir sur plusieurs sujets. Le dernier d’entre eux, évoqué à huis clos partiel, a provoqué de vifs débats. Ceux-ci ont finalement connu une issue publique.

La question portait visiblement sur la qualité de « mercenaire » à attribuer ou non au témoin. Eric Mac Donald, représentant de l’accusation, a justifié l’importance d’interroger l’ancien combattant libérien sur ce point. « Junior Gbagbo » ne « veut pas répondre » aux questions portant sur l’argent ou le salaire reçu « dans le cadre d’un échange contractuel », a expliqué le bureau de la procureure. « Nous voulons savoir s’il a peur d’être identifié en tant que mercenaire ». De son côté, Emmanuel Altit a regretté que l’accusation « tourne autour du pot » cherchant à « faire dire au témoin que c’est un mercenaire ». La bureau de la procureur « a posé 12 fois la question, il n’y arrive pas », a poursuivi l’avocat de la défense. « Nous avons obtenu suffisamment d’informations sur ce point pour trancher ultérieurement », a finalement tranché le juge.

« Je suis heureux d’avoir pu venir dire la vérité ici », a de son côté conclu le témoin, ajoutant qu’il était « très satisfait » de la manière dont la Chambre avait « mené l’affaire ». « J’espère que, suite à ce que vous faites ici, les leaders africains pourront bien se conduire et mettre en place de bons systèmes de gouvernance », a-t-il déclaré.

« Coup de gueule » d’Emmanuel Altit

Le témoin parti, les discussions ont porté sur le programme des semaines à venir. Emmanuel Altit en a profité pour exprimer son mécontentement face aux changements de dernière minute dans l’ordre de passage des témoins, s’insurgeant contre le manque de communication du bureau de la procureure. « On est toujours mis devant le fait accompli, on ne nous aide pas beaucoup du côté de l’accusation. C’est un vrai problème », a déploré l’avocat de Laurent Gbagbo, appelant à d’avantage de dialogue entre les parties. Coupant court au débat, le juge président a de son côté dévoilé toutes les mesures d’adaptation et de protection appliqués aux prochains témoins. Dans un souci d’éviter « une retraumatisation » des personnes « vulnérables » et pour garantir leur dignité, certaines d’entre elles seront entendues à huis clos. Ainsi, à la toute fin de la journée, le public n’a pas pu assister à la présentation du nouveau témoin.

ivoirejustice

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