10202017Headline:

CPI:Procès de Gbagbo /Pascal Turlan ,le Conseiller de Bensouda parle de la protection de Sam l’Africain

pascal turlan

Cour pénale internationale: Le Conseiller de Bensouda parle de la protection de Sam l’Africain

Pascal Turlan: «Nous sommes noyés de rumeurs» «Le procès de Gbagbo et Blé Goudé suit son cours normal»
”Le cas de Simone Gbagbo devra évoluer”

La 10è Conférence trimestrielle de la Coalition ivoirienne pour la Cour pénale internationale (Ci-Cpi) a été le cadre choisi par Pascal Turlan, conseiller en coopération au Bureau du Procureur, pour intervenir sur cette question. Dans son intervention, M. Turlan n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour rassurer le témoin. Il a indiqué que la sécurité de Sam l’Africain est une priorité au niveau de la Cpi, comme celle de tous ceux qui iront témoigner. Elle est, dit-il, l’affaire du Bureau du procureur, du Greffe ou des services spécialisés qui s’adonnent à des évaluations avant, pendant et après son témoignage. «Au fur et à mesure du procès, nous essayons de suivre la situation dans la réalité. Au terme de la comparution d’un témoin, nous faisons une évaluation post-témoignage pour évaluer les circonstances d’une menace éventuelle, les risques pour cet individu, avec les services compétents du Greffe», fait savoir le conseiller de Bensouda, soulignant que tout sera mis en œuvre avant un ”éventuel” retour de Sam l’Africain en Côte d’Ivoire. La cérémonie du jour avait pour thème: «Les défis de la répression des crimes internationaux par les juridictions nationales: Mythes ou réalités». En présence de M. Kouassi Bernard, directeur de cabinet au ministère de la Justice, de M. Ali Ouattara, président de la Ci-Cpi, et d’autres invités, Pascal Turlan, évoquant la bonne coopération entre la Cour pénale et la Côte d’Ivoire, a fait le point des premiers jours du procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Il a informé que le procès de l’ancien président ivoirien et de l’ancien président de l’Alliance des jeunes patriotes ”suit son cours normal” avec environ 138 témoins à charge qui seront présentés, 5300 éléments de preuves documentaires qui seront diffusés et environ 700 personnes qui sont reconnues comme victimes. L’invité de la Ci-Cpi a demandé à ceux qui critiquent la Cpi de savoir raison garder parce qu’il sera très difficile à l’organe judiciaire d’arrêter le procès parce qu’il a fait le choix de poursuivre Laurent Gbagbo et Blé Goudé. «Nous sommes noyés de revue de presse, d’appels, d’allégations et de rumeurs concernant cette affaire. Nous lisons tous les jours des articles, des pseudos articles, des blogs, des brèves ou des communiqués qui disent que la Cour abandonne, que le juge a sermonné le procureur, que le témoin s’est rétracté, que les témoins ont refusé de comparaître, que la composition de la Chambre a changé parce que les juges ont réalisé qu’il n’y avait rien dans le dossier, que les audiences ont été stoppées parce que les juges réfléchissent à arrêter toute cette affaire… Tout cela est une campagne de désinformation», a-t-il développé, indiquant que le Bureau du procureur ne fera pas le procès dans les médias. «Nous ne ferons pas de campagne médiatique à démontrer tel ou tel aspect de la procédure. Les aspects qui sont l’objet de cette procédure et qui sont sujets à débat devant la Cour seront débattus devant la Cour. Nous sommes choqués de l’ampleur des campagnes médiatiques de dénigrement. Mais, nous continuerons à faire notre travail devant les juges, et peut être à expliquer comment se déroule cette procédure, pour contrer les campagnes qui ne sont autre chose que de la désinformation », a-t-il ajouté.

Le cas Simone Gbagbo

Le cas de Simone Gbagbo, troisième personnalité ivoirienne a être poursuivie par la Cour pénale internationale, a été rappelé. Selon cette haute juridiction internationale, Simone Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité dans les violences post électorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Pour Pascal Turlan, depuis le 27 mai 2015, l’admissibilité de l’affaire contre Mme Gbagbo est confirmée par la Cpi. Donc, légalement, la seule conséquence, ajoute-t-il, doit être la remise de Mme Gbagbo à la Cpi. «La Cour a confirmé l’admissibilité des affaires en concluant que les poursuites qui étaient engagées en Côte d’Ivoire contre Mme Gbagbo ne portaient pas sur la même conduite que celle pour lesquelles la Cour souhaitait la poursuivre. A nouveau, la situation va évoluer, en apportant pour la Cour, dans le cadre du Statut de Rome, des éléments légaux que la Côte d’Ivoire a accepté en ratifiant», a-t-il éclairé. «Des déclarations ont été faites, mais ce que nous attendons maintenant, c’est que les autorités ivoiriennes reviennent vers la Cour, soit en remettant Mme Gbagbo, soit en faisant valoir officiellement, dans le cadre de la procédure devant la Cour, des raisons qui pourraient s’opposer à la remise de Mme Gbagbo», a-t-il conclu.

Cyrille DJEDJED

L’INTER

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