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Création d’un parti politique: Alcide Djédjé, resté fidèle à Affi, dans la crise fratricide au FPI, a décidé de quitter l’ancien Premier ministre de Gbagbo pour lancer sa propre formation politique.

Le diplomate Alcide Djédjé, resté fidèle à Pascal Affi N’guessan, dans la crise fratricide au Front populaire ivoirien (Fpi), a décidé de quitter l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo pour lancer sa propre formation politique. C’est un coup dur pour Affi N’guessan. Mais le chef de parti fait contre mauvaise fortune bon cœur. « C’est le jeu politique », conçoit-il, dans un entretien à L’inter, qui l’a joint, par téléphone, dans l’après-midi du mardi 28 août 2018. Le député de Bongouanou sous-préfecture plaide aussi pour un réaménagement du calendrier électoral.

C’est, ce mercredi 29 août, la date limite du dépôt des candidatures aux élections locales. Votre parti a-t-il déposé ses différents dossiers de candidature auprès de la Commission électorale indépendante (Cei) ?

Il y a beaucoup de dossiers en retard compte tenu des jours fériés, des problèmes liés au réaménagement préfectoral et aux vacances judiciaires. Nos responsables chargés de ces questions attendent que la Cei prolonge la date limite du dépôt des candidatures et, éventuellement, réexamine la date de tenue des élections. Il y a de nombreux problèmes d’ordre administratif.

Avez-vous écrit à la Cei pour demander un report du délai de dépôt des dossiers de candidature ?

Personnellement, j’ai écrit au chef de l’État pour que tous les problèmes liés aux élections soient examinés, notamment la question de la réforme de la Cei. Alassane Ouattara, lui-même, a annoncé, le 6 août, que la Cei serait reformée en application de l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. Nous attendons qu’il y ait des changements et que le processus de dépôt des dossiers de candidature soit mieux organisé, que cela ne se fasse pas dans la précipitation, dans la confusion, comme s’il y avait une sorte de course contre la montre alors que les problèmes d’arbitrage, au niveau des partis, sont manifestes. Les candidats sont disséminés sur l’ensemble du territoire. Il faut du temps. Je crois que la Cei, elle-même, en est consciente. Le calendrier est trop serré. Les choses se font dans la précipitation. Il n’y a pas, selon moi, de raison que le calendrier soit maintenu sous cette forme. Si on veut des élections transparentes et inclusives, il faut adopter un calendrier qui permette à tous les acteurs de participer, dans la sérénité, à ces compétitions. Je crois qu’il faut reporter la date limite de dépôt des candidatures. Si ce report devrait impacter la date de la tenue des élections, il ne faut pas hésiter à le faire.

Êtes-vous informé que votre camarade de parti, l’ambassadeur Alcide Djédjé, a créé un parti politique ?

Oui, j’ai cette information, comme tous les Ivoiriens.

Vous en a-t-il parlé avant ?

La veille de sa déclaration, il a eu la courtoisie de venir m’en parler.

Vous sentez-vous trahi par Alcide Djédjé ou, simplement, déçu ?

Les Ivoiriens sont libres de faire ce qu’ils veulent. C’est son droit légitime d’appartenir à un parti puis de décider de créer son propre parti. Dans le contexte actuel, rien ne devrait nous surprendre. Nous sommes dans un contexte de recomposition du paysage politique. Certains quittent la gauche pour le centre ou la droite, d’autres quittent la droite pour la gauche. Il y a des rapprochements entre partis comme celui entre le Pdci-Rda et le Fpi. C’est le mouvement lié au contexte actuel après la grave crise que nous avons connue. Le paysage politique est en train de se recomposer. Et les élections de 2020 permettront, certainement, à cette recomposition de se stabiliser. Je ne suis pas de ceux qui sont prêts à utiliser un vocabulaire ancien, rétrograde dans le style : « il a trahi ! ». Les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent. Ils sont arrivés librement au Fpi. Ils sont libres de créer leur propre parti ou d’adhérer à un autre parti. C’est le jeu politique.

Est-ce que cette nouvelle donne ne vous fragilise pas un peu plus ? Est-ce que cela ne ruine pas, quelque part, les chances de réconciliation du Fpi ?

Nous sommes en train de reconstruire le parti. Nous le faisons avec tous ceux qui adhèrent aux valeurs du parti, à la vision politique que nous portons. Et ceux-là sont dans le Fpi traditionnel, ils sont également dans des courants adverses. Ils sont de toute la Côte d’Ivoire. La recomposition a une dimension interne au Fpi qui est la modernisation du parti, le repositionnement politique. Encore une fois, je ne suis pas surpris. Je considère qu’on ne peut sortir d’une crise comme celle que nous avons connue, vouloir partir d’un nouveau pied, et penser qu’il n’y aura pas assainissement et enrichissement. Il y aura assainissement, dans la mesure où les gens qui ne sont plus en phase avec le parti seront laissés sur le bord de la route ou prendront leur destin en main. Il y aura enrichissement parce que des personnes qui n’étaient pas associées à l’action du parti découvriront un nouveau parti, avec une nouvelle vision, un nouveau style de management, se sentiront intéressées et viendront au Fpi. Nous sommes donc dans une phase d’assainissement et d’enrichissement, à tous les niveaux. Aussi bien au Fpi, au Pdci, qu’au Rdr. Il ne faut pas être étonné des allées et venues qui vont se faire pendant ces deux années qui nous séparent de la présidentielle de 2020.

Réalisé par Kisselminan COULIBALY

linfodrome.com

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