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Crise des visas : Paris et Rabat affichent leur volonté de renouveler leur relation

La ministre française des Affaires étrangères, en visite au Maroc, a annoncé vendredi la fin de la crise sur les visas qui empoisonnait depuis plus d’un an les relations entre les deux pays.

“Ecrire ensemble une nouvelle page” des liens entre la France et le Maroc : Paris et Rabat ont affiché, vendredi 16 décembre, leur volonté de renouveler leur relation, mettant de côté les récents sujets de crispations, avant une visite d’État d’Emmanuel Macron prévue début 2023.

Signe d’une volonté de repartir sur de nouvelles bases, la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, en visite dans la capitale marocaine, a annoncé “le retour à la normale” en matière d’attribution des visas aux Marocains.

Cette “pleine coopération est effective depuis lundi dernier”, a-t-elle précisé, lors d’une conférence de presse avec son homologue, Nasser Bourita.

En d’autres termes, c’est la fin de la politique de restriction en matière de délivrance des visas.

En septembre 2021, Paris avait décidé de réduire de moitié les permis d’entrée accordés aux Marocains, arguant de la réticence du royaume à réadmettre ses ressortissants en situation irrégulière dans l’Hexagone.

Une mesure similaire avait été décidée à l’égard de l’Algérie voisine, où le ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin effectue à partir de vendredi une visite pour discuter, entre autres, des questions migratoires.

Cette mesure, qualifiée d'”injustifiée” par Rabat et décriée par les ONG humanitaires ainsi que les milieux francophones marocains, empoisonnait les relations bilatérales, même si Nasser Bourita s’est efforcé vendredi d’en minimiser la portée.

Les ministres ont insisté sur les liens historiques entre les deux pays, d’une “importance particulière… singulière… unique”.

Pour autant, cette relation doit nécessairement évoluer au moment où le Maroc diversifie ses partenaires et prend une place majeure sur le continent africain, ont-ils fait valoir.

Les deux capitales s’y attellent dans la perspective d’une visite d’État du président français dont la date n’est pas encore arrêtée mais programmée pour le “premier trimestre 2023”.

“Vision commune”
“Ma visite aujourd’hui acte la volonté commune de la France et du Maroc de nous projeter ensemble vers l’avenir, conformément à la volonté exprimée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président de la République Emmanuel Macron”, a expliqué la ministre française.

Emmanuel Macron et Mohammed VI se sont à nouveau entretenus mercredi soir – après la demi-finale France-Maroc au Qatar, après un premier échange le 1er novembre, a-t-elle précisé.

“Nous avons pour instruction de préparer ce rendez-vous très important, au plus haut niveau”, a déclaré de son côté Nasser Bourita, ajoutant que Paris et Rabat avaient une “vision commune” sur la manière de faire évoluer leur relation.

La France souhaite “être dans une relation de partenariat exemplaire avec le Maroc, un partenariat d’exception, fraternel et moderne”, a également assuré Catherine Colonna.

Il s’agit de proposer au Maroc “ce que la France, qui elle aussi a profondément changé, a de meilleur”, a-t-elle poursuivi.

Elle a invité à “écrire, ensemble une nouvelle page, dans un contexte où la France et le Maroc, ont plus que jamais besoin l’un de l’autre pour assurer leur sécurité, soutenir leur développement économique (…) et répondre aux attentes de leurs jeunesses et leurs sociétés”.

Interrogés sur le dossier épineux du Sahara occidental, les deux chefs de la diplomatie se sont efforcés de dissiper les crispations.

“Le Maroc n’a jamais considéré que la position de la France était négative”, a assuré Nasser Bourita, après que Paris se fut vu reprocher d’être trop attentiste sur ce que Rabat considère comme une “cause nationale”.

“Le Maroc sait qu’il peut compter sur l’appui de la France”, a déclaré Catherine Colonna, relevant “l’urgence” de parvenir à une solution politique “durable” au moment où “les tensions refont surface”.

Le conflit du Sahara occidental oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger. Le Polisario réclame un référendum d’autodétermination tandis que Rabat promeut une autonomie sous sa souveraineté.

La ministre française était arrivée à Rabat jeudi soir où elle a rencontré des conseillers du roi. Vendredi, avant son entretien avec Nasser Bourita, elle s’est rendue au mausolée Mohammed-V, abritant notamment la tombe du roi, grand-père du monarque actuel, qui dirigeait le pays lors de son indépendance de la France en 1956.

Vendredi après-midi, elle était attendue au Lycée français Descartes où elle défendra la langue française dans un pays où de plus en plus de jeunes se tournent vers l’anglais et l’espagnol.

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