06232017Headline:

Crise en Cote d’Ivoire:C’est gâté pour Ouattara, les ambassades occidentales tiennent des réunions sécrètes en vue de parler aux urgences

Alassane Ouattara le sait désormais (On lui avait caché de nombreuses informations). Les services secrets le savent. Les grandes puissances le savent. Certaines institutions internationales (et financières) ont commencé à rapatrier leurs personnels vers le sud de l’Afrique. Procédure d’urgence automatique activée. Les ambassades des pays occidentaux tiennent chaque jour des réunions de crise pour évaluer, non plus la situation, mais les mesures d’urgence de cantonnement et d’évacuation de « leurs ressortissants ».

Le mouvement d’humeur des militaires de janvier 2017 s’est transformé en mutineries à répétition au fil des mois. Pour prendre une vitesse de croisière et atteindre le point d’affrontements entre frères (?) d’armes.

Si le chef de l’État ivoirien est en partie responsable (c’est quand même lui le ministre de la défense), il s’est laissé avoir à plusieurs reprises par ses ministres. Certains lui donnant des informations fausses ou le laissant voir une partie de la vérité. Il leur a fait confiance. Ils l’ont déçu. Au point de vouloir abandonner le navire, selon des indiscrétions.

Certains de ses collaborateurs ont agi de bonne foi. Faisant de l’autocensure et du zèle inutile. D’autres l’ont fait sciemment. À quelles fins ? L’histoire nous le dira.

Cette cacophonie militaire, rythmée de crépitements d’armes (avec leurs corollaires de morts et de blessés), ne fait que renforcer le sentiment de ceux qui croient que la réconciliation n’a jamais eu lieu dans l’armée. La reconstruction de la grande muette (?) a été bâclée.

La réforme du secteur de la sécurité, établie à coup de milliards, de temps et d’énergie, n’est finalement qu’un pétard dans l’eau. Ce qui guide les ex-combattants, « c’est l’argent ». Et rien d’autre.

Que sont devenus les projets pour les ramener à la vie civile ? Évaporés ! Les fermes et les bœufs offerts ont été revendus, une fois les cérémonies officielles terminées. Les mobylettes et autres motos-taxis ont été endommagés ou démontés pour être vendus en pièces détachées.

Hier, ils étaient 8400 à tirer. Aujourd’hui, ils sont 6000, ceux-là qui se revendiquent démobilisés. Mais, tout le monde sait que les vrais chiffres de l’ensemble des ex-combattants tournent autour de 74 000 (y compris les 8400) dont plusieurs ont été insérés à la douane, parmi les gardes pénitentiaires, les eaux et forêts, et (1500) à l’Office nationale de la protection civile (ONPC).

Sortir du mensonge d’État… mensonge de trop

Il faut arrêter ! Tout au long des différentes mutineries, la communication a été établie sur des lits de contre-vérités. La plus apparente, les « représentants des mutins », micro en main qui annoncent qu’ils abandonnent leurs revendications (d’ordre financier). Flagrant délit… On connaît la suite.

Et, plus récemment, la promesse d’insérer les démobilisés dans des projets. Encore ? Ou la volonté de montrer que tout va bien. Qu’on est saine et sauve. Même quand on a été séquestrée. Il faut arrêter !

Pour rester factuel, combien de morts et de blessés depuis les mouvements de ce mois de mai ? 3, 4, 6… combien ? Et les blessés ? A-t-on pris en compte les blessés par balles (perdues) ? Ces populations innocentes qui n’ont rien demandé qu’être des civils. On n’en tient pas compte dans le décompte ? Il faut que ça cesse !

Pourtant, ce n’est pas nouveau. Des millions, des villas en guise de promesses… jamais honorées. Des insertions dans les corps militaires et para-militaires ? Promesses non-tenues pour plusieurs. La vérité fait peur. Elle fait mal. Mais, elle est nécessaire.

Parce que quand la supercherie est découverte, la simple étincelle se transforme en incendie.

Dans les habits du Chef

La Côte d’Ivoire est dans une zone de turbulences. Le président de la République doit (enfin) prendre ses responsabilités. Le pays est « ingouvernable ». Et c’est peu de le dire.

L’issue réside désormais entre les mains d’Alassane Ouattara. Trois actions à entreprendre :

1) Remanier en profondeur son équipe gouvernementale, en n’hésitant pas à se séparer de ceux qu’on pourrait considérer comme « indéracinables ». L’heure de la reconnaissance politique est (dé)passée, depuis 2015. En première ligne : le ministère de la communication, le ministère de la sécurité et le ministère de la défense.

2) Changer les premières têtes des forces armées et de sécurité. Y mettre des personnes qui prennent leur ordre directement du président de la République.

3) Engager un dialogue direct et tenir un langage de vérité avec toutes les forces armées et de sécurité.

Cette liste n’est pas exhaustive. Il est cependant nécessaire pour le garant de la nation de se positionner… en chef.

Parce que l’horizon n’est pas rassurant. Les autres couches sociales regardent avec attention comment, alors qu’on leur demande de patienter voire de laisser tomber, des milliards de francs CFA sont distribués à des personnes qui ont choisi la voie de la violence pour revendiquer et se faire entendre. Avec des résultats en cash.

Ce n’est pas un bon exemple. Ça ne l’a jamais été. Mais, finalement, le président et son équipe (dé)montrent que c’est la seule voix/voie qu’ils comprennent. Hélas !

APR-News

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