10292020Headline:

Crise post-électorale: Des ex-com’zone convoqués par la justice ivoirienne

FRCI-ci

La justice ivoirienne a finalement franchi le pas en convoquant des ex-com’zone pour les entendre dans le cadre de la procédure judiciaire relative à la crise post-électorale.

C’est du moins ce que rapporte Rfi. Dans une de ses éditions du mercredi 24 décembre 2014, la radio française a en effet révélé que des convocations ont été adressées à des ex-chefs de guerre par les juges en charge du dossier de la crise post-électorale ; sans pour autant préciser lesquels de ces ex-chefs de guerre sont dans le collimateur de la justice. Toutefois, le confrère a ajouté qu’aucun de ces come’zone n’a daigné répondre favorablement à la convocation. En clair, ils ont envoyé paître les juges. Depuis, on en est là.

En laissant filtrer une telle information, à quelques jours du procès en assises de Simone Gbagbo et plusieurs autres partisans de Laurent Gbagbo, est-ce une façon pour le pouvoir de faire mentir les accusations de justice sélective portées contre lui ? Dans tous les cas, cette convocation adressée aux ex-com’zone est en soi un acte fort posé par les hommes de loi en charge de faire la lumière sur la guerre post-électrorale de mars-avril 2011. C’est en effet la première fois que la cellule spéciale d’enquête et tous ceux qui interviennent dans ce dossier osent orienter leurs enquêtes vers des ex-seigneurs de guerre. C’est sans doute une réponse du régime Ouattara aux pressions et autres accusations des organisations nationales et surtout internationales des droits de l’homme, qui n’ont de cesse de dénoncer une justice à double vitesse.

La dernière Ong à charger les autorités ivoiriennes sur cette question, n’est autre que la Fédération internationale des droits de l’homme Fidh. Dans une interview accordée à Rfi et diffusée mardi 23 décembre 2014, cette Ong s’est insurgée contre le fait que la plupart des personnes poursuivies à ce jour ne sont que des partisans de l’ancien régime Gbagbo. « On est dans le deux poids deux mesures c’est-à-dire que les actes d’instruction qui sont accomplis visent aujourd’hui quasi exclusivement les pro-Gbagbo alors que des actes tout aussi graves peuvent avoir été commis par des pro-Ouattara », a dénoncé Me Patrick Baudoin, président d’honneur de la Fidh. Et de citer l’exemple de l’arrestation d’Amadé Ouéremi, l’ex-chef milicien, dont le nom a été souvent mêlé aux événements qui ont défiguré l’Ouest du pays, au plus fort de la guerre post-électorale. « La seule arrestation et inculpation qui soit liée à ce camp( celui de Ouattara, ndlr) est celle de Amadé Ouéremi. Or, il apparaît qu’il était sous les ordres directs d’un commandant qui est M. Losseni Fofana, lequel était responsable de la zone concernée. On a insisté à plusieurs reprises pour que M. Fofana soit à son tour inculpé et poursuivi. Mais force est de constater que ce n’est pas le cas », a soutenu Me Patrick Baudoin, avant de dire, dépité : « C’est dire qu’il y a un blocage quelque part et certainement une interférence du politique dans le judiciaire, qui n’est pas acceptable ».

Il a, par ailleurs déploré la même situation au niveau de la justice internationale. « A la Cpi, c’est aussi du deux poids deux mesures », a encore fulminé le président d’honneur de la Fidh. ”La Cour pénale internationale Cpi devrait également s’intéresser à de hauts responsables du camp pro-Ouattara et faire en sorte que ces personnes puissent être réclamées pour comparaître aussi devant la Cour pénale internationale, si la justice ivoirienne, ce qui paraît être le cas, ne fait pas son travail », a-t-il insisté.

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