10212017Headline:

David Monsoh Crée sa Chaine de Television-BBlack

David Monshoh

Au nombre de ses activités, le producteur de musique, David Monsoh vient d’ajouter la télévision. Co-fondateur de la chaîne BBlack à Paris, Monsoh a mis un coup d’accélérateur à son rythme de travail. Causerie avec l’ex-producteur de Fally Ipupa.

• Tes activités au niveau de BBlack ne vont-elles pas tuer le producteur de musique que tu es ?

– Non, pas du tout ! Le producteur de musique continue. Mais vous savez, à un moment donné dans la vie, il faut savoir vieillir dans ce qu’on fait. A 50 ans, David Monsoh ne va pas continuer à suivre les artistes à des spectacles pour toucher 1 000 ou 2 000 Euros (environ 659 000 ou 1 318 000 F CFA). Mon objectif était de créer plus tard un grand groupe d’information, de musique, de magazine… Aujourd’hui, je suis content parce que mon objectif est presque atteint. Mais je n’ai pas encore fini. Le producteur David Monsoh sera toujours là pour trouver des pépites.

• Okay !

– Là, pour 2014-2015, je vais lancer un nouvel artiste congolais qu’on ne connaît pas encore. C’est une exclusivité. Il s’appelle Héritier Watta. Il a fait une chanson pour rendre hommage à Didier Zokora lors de son mariage. Je travaille là-dessus. C’est ce genre de pépite-là que je vais essayer de faire découvrir et lancer comme l’éclosion que j’ai faite pour les autres artistes. Aujourd’hui, on a Serge Beynaud qui est en train de monter, Fally Ipupa qui est arrivé à son piédestal. Donc, le producteur sera toujours là. C’est ma passion, c’est mon champ d’action, c’est ma matière grise, c’est ce que j’aime.

• Tu vas aussi bosser désormais avec Ferré ?

– Oui, j’ai signé avec Ferré Gola qui est un très bon artiste. Fally est parti et a signé ailleurs sans que je ne le sache. Mais, bon, cela fait partie de la vie. Comme c’est mon métier et que Ferré Gola est aussi un bon chanteur qui a besoin de visibilité, alors, je m’occupe de lui. Ce que les gens doivent savoir, c’est que c’est moi qui ai fait le premier album de Ferré Gola. Mais vu leurs histoires de rivalité avec Fally, il n’a pas voulu suivre la concurrence et a préféré partir. Maintenant que Fally est parti de la maison, Ferré y revient parce qu’il a compris que le travail que je fais est toujours très professionnel.

• Pourquoi Fally est parti ?

– Vous savez, les artistes sont ce qu’ils sont. Quand tu mets un enfant au monde, c’est bien qu’il parte quand il grandit. Mais c’est juste la manière dont il part qu’on n’apprécie pas souvent. C’est tout.

• En clair, il est parti sans te dire ?

– Il peut partir et la vie continue. Ce que je n’ai pas apprécié, c’est le fait que Fally signe avec d’autres personnes pendant qu’on est encore sous contrat et sans m’en aviser. Je l’ai appris sur les réseaux sociaux.

• Malgré tout ce que tu as fait pour le positionner…

– Malgré tout l’investissement que je n’ai même pas encore récupéré. Quand on commence à lancer un artiste, on espère rentrer dans ses fonds à partir du 4ème album. C’est un travail à long terme. Mais, les artistes africains, en général, sont très pressés. Ils se disent qu’ils ont atteint un certain niveau. Et quand ils commencent à “voir clair”, ils se disent : “peut-être que le producteur me vole…”. C’est très difficile avec les artistes. Mais c’est sans rancune. Au contraire ! C’est bien qu’il aille découvrir d’autres choses. Voilà !

• Tous ces problèmes ne te découragent-ils pas ?

– Non,  bien au contraire, ça me grandit parce que j’ai de la hauteur. Puisque quand je prends un artiste au départ, je me dis qu’il va me quitter un jour. Mais je fais mon métier, et ça me plaît de le faire.

• On a entendu dire que Fally est parti de chez toi parce que Serge Beynaud est entré dans ton écurie…

– Non, ça n’a rien à voir.

• Qu’est-ce qui a motivé le choix de Serge Beynaud ?

– Serge Beynaud est un bon arrangeur. Jusque-là, il n’y a pas encore eu un bon représentant du couper-décaler qui fait des chansons avec des mélodies. Il y a eu beaucoup de bruit, mais ce n’est pas le bruit qu’on doit toujours écouter. Quand Serge Beynaud est venu me voir, je lui ai dit ceci : tu as des mélodies, tu joues bien de la guitare, au piano; et tu es un bon arrangeur. Essaie de faire des choses mélodieuses pour qu’on puisse écouter le couper-décaler. Serge Beynaud est aussi un artiste conscient qui sait ce qu’il veut. Il ne faut pas que les gens croient qu’être chanteur est un jeu. C’est un vrai métier. Serge Beynaud est un artiste en progression qui fait la fierté du couper-décaler.

• De nombreux artistes aimeraient travailler avec toi, mais ils te trouvent inaccessible…

– Quand tu es compétent et que tu veux bien travailler, tu sais comment me joindre. C’est très facile. Je suis joignable à tous moments. Serge Beynaud sait comment il a fait pour me trouver. Je demande aux jeunes ivoiriens de ne pas se mêler des clashes. Il n’y a que par le travail qu’ils deviendront meilleurs. Il faut se concentrer pour être meilleur dans son domaine car la musique est un métier.

• Tu étais à Ouaga, à la cérémonie des Kundé ?

– J’étais de passage à Ouaga. Non seulement pour la cérémonie des Kundé, mais également pour installer une équipe de représentation de la télé BBLACK au Burkina Faso. Cette représentation va permettre au public burkinabè de communiquer.

• Raconte-nous l’histoire de la chaîne BBlack.

– BBLACK est une belle aventure qui a vu le jour en fin 2011 avec un ami, un jeune guadeloupéen du nom de Sébastien Gadja. Il est mon associé. Par hasard, comme ça, un jour sur les Champs-Elysées à Paris, on parlait, on discutait entre nous du fait que les Africains ne sont pas bien représentés dans les médias français. En tant que producteur, j’en ai beaucoup souffert. Chaque fois que j’envoyais des clips de mes artistes sur les chaînes françaises, on me les refusait. D’abord parce qu’on ne chante pas en français. Ensuite, ils ne comprennent pas ce qu’on dit dans nos chansons et enfin, c’est trop africain. Du coup, on a beaucoup de mal à accéder à ces chaînes. J’en ai souffert pendant au moins 15 ans en tant que producteur africain. Surtout que je ne produis que la musique africaine. Je veux faire valoir la culture africaine. Donc, en discutant, on s’est dit que si nous-mêmes on se lançait dans la télé, en ayant une chaîne de télé propre à nous, cela arrangerait les choses. Et comme ça, on a dit « Be Black ». Ça m’a fait penser à B.E.T (Black Entertainment Television, aux Etats-Unis). Au départ, on a eu un peu peur, car on se demandait si ce n’était pas péjoratif, sectaire, du genre les Noirs sont ensemble. Après, on s’est dit que BBlack, c’est le rassemblement de toute la communauté et de tous ceux qui aiment la culture black.

• Et que veut dire BBlack ?

– Littéralement, c’est être noir. Si on veut élargir, on va dire : tu es noir, tu es black, tu aimes ta culture.

• C’est quoi la thématique de la chaîne ?

– C’est la promotion de la culture africaine pour ne pas dire black. Qui dit culture black, dit culture noire-américaine, jamaïcaine, antillaise… et africaine.

• Où est situé le siège de BBlack ?

– Le siège de BBLACK Africa et BBLACK France est basé à Abidjan. Mais on émet depuis la France où se trouve tout le service technique, sur le bouquet Canalsat (Canal 61). J’ai donné du travail aux jeunes ivoiriens car l’habillage de la chaîne a été fait par des ivoiriens. Le site internet de BBLACK international est fait en Côte d’Ivoire et aussi par des Ivoiriens.

• Une chaîne de télé, c’est très lourd comme investissement. Où as-tu gagné les fonds ?

– Effectivement, c’est très lourd et ça demande beaucoup, beaucoup d’investissements. Nous avons eu à économiser. On a un petit fonds d’investissement qui essaie de nous suivre. C’est très difficile. Mais on a de bons partenaires, quelques annonceurs qui commencent à arriver sur la chaîne. Il y a aussi le gros partenaire qui est Canal qui nous a pris. Il y a les abonnés et quelques redevances qu’on nous verse. C’est ce qui nous permet de supporter un peu le poids de la chaîne.

• Jusqu’où veux-tu aller avec ta chaîne ?

– Je veux que ce soit la première chaîne panafricaine pour les jeunes, pour la culture black.

• La chaîne va-t-elle se contenter de ne diffuser que de la musique ?

– Non, justement, le programme va s’élargir. Quand une chaîne commence, il faut qu’elle soit d’abord en rodage. Il y a encore quelques petits bugs des fois. Il faut donc continuer d’acheter du matériel. Une fois que la chaîne est bien rodée, des émissions vont intervenir. Nous venons même de lancer un teaser où c’est marqué BBLACK Movie : il y aura des films black américains, des émissions de mode, des émissions de cuisine, des concerts en direct…

Par Omar Abdel Kader à Ouaga

Source : Topvisages.net

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