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Dégradations infrastructures, drame des pluies diluviennes: Le Directeur Pays de la Banque mondiale livre des confidences…

En marge d’une table internationale organisée les 21 et 22 juin à Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, le Directeur Pays de la Banque mondiale, Pierre Laporte s’est confié à linfodrome.ci. Il parle de la dégratation prématurée des infrastructures au cœur de la rencontre, mais aussi du drame des pluies diluviennes à Abidjan et de la solution trouvée pour la pénurie d’eau à Bouaké.

Monsieur le Directeur, A quel problématique répond cette deuxième table-ronde mondiale sur la gouvernance et les outils de l’infrastructure dont le le thème est ”Construire la bonne infrastructure pour demain”?

Cette rencontre est focalisée sur l’aspect gouvernance des infrastructures. Comme on le sait, l’infrastructure, surtout en Afrique, reste une grande contrainte pour le développement, parce qu’on n’a pas suffisamment d’énergie, de ressources, de l’eau potable, suffisamment de route pour permettre le mouvement des biens et des personnes. On a eu beaucoup d’investissements pendant des années, mais souvent l’efficacité de ces investissements n’a pas été à la hauteur. L’objectif de cette table-ronde est de regarder de plus proche les axes de gouvernement pour s’assurer que ce n’est pas seulement une questions de mettre de l’argent pour construire des infrastructures, mais comment le faire de manière efficace, de façon saine, en prenant en compte les normes et standards de bonne gouvernance.

Y a-t-il des constats qui ont conduit à ces ré réflexions ?

Oui, en effet, c’est la deuxième conférence dans ce secteur. La première était au Cap il y a deux ans. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement qu’on réfléchit, on essaie d’adresser pour avoir une nouvelle vision, mais aussi de tirer des leçons des pays où les choses ont bien évolué, où on a eu des expériences positives et aussi négatives qui nous permettront de ne pas répéter les mauvaises pratiques, et en même temps de s’inspirer de l’expérience de là où les choses se sont bien passées. Si je peux aller un plus dans les détails, quand on parle de la gouvernance, c’est toute la chaîne de l’investissement. C’est dans la préparation, les projets. On doit avoir un cadre réglementaire légal, qui gouverne toute cette question. On doit avoir les compétences du gouvernement, des investissements privés pour monter des projets quoi sont fiables. Des projets qui sont alignés au besoin stratégique d’un pays ou d’une région, à tous les stades d’investissements et à tous les aspects de passations de marchés. On évite les mauvaises pratiques, on met les ressources à la disposition des gens qui sont mieux placés ou aux financiers qui nous donnent les meilleures conditions. Il y a aussi l’aspect suivi, pour s’assurer qu’on a donné un contrat à un contractuel qui va mettre sur la route l’argent qu’il doit mettre. Ou bien, est ce qu’il mettra une partie de l’argent à coté pour faire une route de 3mm au lieu de 5 mm. Et il y a tous ces aspects que nous sommes en train de voir aujourd’hui.

Justement, existe-t-il un mécanisme de suivi pour éviter ces détournements et ces manquements ?

Si je parle des projets de la Banque mondiale, oui ! Parce que, d’abord quand on a un projet pour un pays, ça doit être dans le cadre de notre stratégie pour le pays. C’est considéré comme une priorité. Deuxièmement, pour tous les projets de la Banque mondiale, avant qu’on ne donne de l’argent à l’Etat, on va s’assurer que la structure qui va gérer ces ressources est fiable. C’est un test, nous avons nos experts fiduciaires, comptables, en passation de marchés, qui regardent les structures. Est-ce que ces structures ont des compétences pour assurer la bonne gestion de nos ressources ? Si oui, on fait le projet, si non, on met en place ces structures. Pendant l’exécution des projets, on a tout un mécanisme de suivi en interne chez nous. Tous les marchés qui sont passés pour les projets de la Banque mondiale, par exemple si on donne 100 millions de dollars pour faire une route, les Etats ne peuvent pas donner le contrat à qui ils veulent.Ils doivent d’abord passer le marché, le système d’offre et cet appel d’offre doit venir vers la banque et on vérifie tout ça pour s’assurer que le contractuel qui a la meilleure proposition aura le projet. Pendant l’exécution aussi, on a tout un suivi, sur les aspects financiers, les aspects sauvegardes. Si un projet de route va impacter les populations, que ces populations soient indemnisées avant qu’on ne fasse le projet.

A propos d’impact, la table-ronde a prévu un chapitre sur l’impact du climat. Quels solution entrevoyez-vous pour amortir l’impact climatique auquel ne semblent pas résister les infrastructures?

C’est un aspect très important pour nous. Quand on parle de gouvernance des infrastructures, on ne néglige pas la question des aspects de changement climatique. C’est pourquoi, dans tous les projets que fait la banque, on a toujours un expert en sauvegarde de l’environnement, parce que la question qu’on se pose toujours est est ce que ce projet va avoir un impact important soit sur les populations ou sur les ressources de l’Etat. Ce n’est pas seulement sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan culturel. Par exemple si on doit faire une route qui nécessite la destruction d’un bâtiment avec des valeurs historiques, on ne va pas le faire. Si demain, on va faire une route qui va affecter une source d’eau ou des zones sensibles ou protégées, on ne va pas le faire. C’est pourquoi, pour nous, l’aspect changement climatique est toujours une des plus grandes questions qu’on pose avant d’adopter un projet avec la banque.

Comment est-ce que vous expliquez le cas d’Abidjan où à la moindre pluie, tout est pratiquement foutu en l’air, routes, immeubles, habitats…. ? On vient de vivre un drame avec une vingtaine de morts…

Aujourd’hui, on voit Abidjan, la réalité c’est que chaque jour dans le monde on voit que les choses évoluent différemment que d’habitude. On voit qu’ en Europe les temps froids deviennent chauds et lors des temps chauds parfois, il y a de la neige. C’est dommage qu’à Abidjan on vivent ce drame. Je profite pour dire les condoléances de la Banque mondiale au pays et aux populations ivoirienne. La réalité c’est que ça nous rappelle chaque fois qu’il faut toujours avoir dans notre esprit que c’est une situation avec laquelle on vit aujourd’hui. On parle plus simplement de changement climatique, mais d’adaptation avec le changement climatique, et c’est sur ça que nous travaillons. Nous avons par exemple un projet que le conseil vient d’approuver, pour 45 millions de dollars Américain (23 milliards de F Cfa). Et c’est un projet qui va aider les endroits les plus vulnérables sur la côte de la Côte d’Ivoire. On va vous aider avec des ressources pour mieux gérer les impacts des changements climatiques.

Est-ce que les cas vécus en Côte d’ivoire explique le choix de ce pays pour la tenue de la rencontre de Grand-Bassam ?

Dans un sens, je dirai oui parce que la Côte d’Ivoire est l’une des plus grandes économie de la région après le Nigeria. C’est une économie de la zone Uemoa avec 40% du Pib. C’est un pays qui tire quand même le développement de la zone Uemoa. Et la Côte d’Ivoire a des expériences très positives en ce qui concerne les infrastructures et avec le privé. Dans le secteur de l’énergie, la Côte d’Ivoire a des expériences très intéressantes à partager avec d’autres pays. Comment vous avez pu attirer le privé. ? Mais en disant ça, il reste des choses à faire, c’est pourquoi nous la banque, on travaille avec le gouvernement. Vous pouvez toujours voir le cadre institutionnel en termes de renforcement de capacité pour aller de l’avant pour attirer plus d’investissements privés et d’infrastructures.

La banque mondiale a promis récemment de voler au secours des populations privées d’eau depuis quelques mois à Bouaké. Où en sommes-nous avec cette promesse ?

La bonne nouvelle est que les fonds ont été décaissés il y a un ou deux jours. Ce qui s’est passé, c’est qu’après ma visite, on a dû travailler avec le gouvernement pour identifier les actions dans ce plan d’urgence, et ça pris quelques semaines à mettre tout en place. Le moment qu’on a eu, il y a une dizaine de jours. On a lancé le mécanisme interne pour que ce fonds soit disponible, et aujourd’hui je peux vous confirmer que 5 milliards de francs Cfa sont dans le coffre de l’Etat pour utiliser pour ce programme d’urgence.

 

 

jeune afrique

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