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Déguerpissement à Yopougon Gesco : Des questions et…toujours des questions

Déguerpissement à Yopougon Gesco- Le 11 février 2024 et les jours qui ont suivi, la Côte d’Ivoire dans son entièreté et dans sa diversité, a vécu des moments intenses de joie avec la victoire de son équipe nationale, les Eléphants, à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations qu’elle a organisée.
Des familles sans abri, des élèves sans classes à Gesco
Mais le lendemain de cette Can et de cette joie inoubliable, qui avaient mis entre parenthèse la déprime quotidienne que vivent les ivoiriens, a rimé pour certains de nos concitoyens, avec détresse, désolation, désarroi et un avenir incertain.

En effet, les 19 et 20 février 2024, des machines infernales, des bulldozers, sous les ordres du ministre-gouverneur, Cissé Bacongo, ont détruit habitations, commerces et écoles dans plusieurs quartiers de Yopougon Gesco.

Des familles se sont retrouvées sans abris, des élèves sans salles de classes et des commerçants ont vu leurs échoppes réduites en ruines. C’est le désarroi total au sein de la population de ce quartier qui ne savent pas à quel saint se vouer et qui crient sans espoir, leur désespoir.

Face à cette situation, des questions taraudent l’esprit de nombre d’ivoiriens :

Quel est le plan de recasement pour ceux qui ont perdu leurs logis ?

Des solutions de rechange ont-elles été prévues en amont avant la destruction des logements ?

Que deviendront les élèves de l’établissement détruit en pleine année scolaire, surtout ceux qui sont en classe d’examen ?

Le Ministère de l’Education nationale, dont relève le groupe scolaire détruit a-t-il été associé à cette décision de destruction ?

S’il est possible de trouver des points de chute à ceux des élèves affectés et pris en charge par l’Etat, qu’adviendra à ceux dont les parents payent la scolarité ?

A l’observation, on peut se rendre compte qu’il y a un véritable dysfonctionnement dans l’action gouvernementale dans cette opération de déguerpissement, là où on était en droit d’attendre une convergence des points de vue et une synergie dans l’action de tous les démembrements de l’Etat.

La sortie très médiatisée du maire de Yopougon, Adama Bictogo avant la destruction des logis et des écoles de Yopougon Gesco, en dit long sur le fait que l’opération n’a pas fait l’objet de concertation entre le District d’Abidjan et la Mairie de Yopougon, encore moins avec le ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation.

A moins que la sortie d’Adama Bictogo ne soit une stratégie pour endormir la population et atteindre un objectif commun.

Il est difficilement concevable que le Ministre-Gouverneur puisse prendre une décision aussi importante et passer à l’action sans que le maire de la commune n’en soit informé et associé. On en viendrait à désespérer de ceux qui tiennent en mains notre destinée.

Au demeurant, si tant est que Cissé Bacongo est dans son bon droit pour la mise en œuvre de son programme d’actions, pourquoi ne prend-il pas soin de respecter les procédures en la matière mise en place dans les textes réglementaires ?

Dans cet imbroglio, sur les motivations du déguerpissement et des destructions, on ne sait plus où mettre la tête, ni qui croire, tant les explications et les démonstrations sont nombreuses et contradictoires.

Quand certains affirment que le quartier en question est une zone à risques, inadéquate pour des habitations, d’autres publient un plan de lotissement approuvé par l’Etat de Côte d’Ivoire. Des habitants publient également des Acd délivrées par le ministère de la Construction.

Alors peut-on délivrer ce fameux sésame si difficile à obtenir, pour des terrains situés dans une zone à risques ? Comment un lotissement peut-il être approuvé par l’administration, dans une zone notoirement connue pour sa dangerosité, avec des risques d’éboulement ou d’inondations ? Tout cela dépasse l’entendement.

On comprend également le souci du ministre-gouverneur d’assainir Abidjan et de lui donner une fière allure. Mais cela doit se faire dans le strict respect des procédures et surtout la prise en amont, avant les destructions, de mesures pour le recasement de ceux dont les logis devaient être détruits, et des points de chute des élèves de l’établissement Cha Hélène. On ne peut nullement ignorer que l’homme doit être au début et à la fin de tout projet de développement. Sinon à quoi cela servirait ?

On s’explique difficilement ces destructions au pas de course, comme on comprend tout aussi difficilement l’empressement de Cissé Bacongo qui agit comme un éléphant dans une chambre de porcelaine.

Espérons seulement qu’après ces déguerpissements au pas de course dans une zone déclarée à risques, ou sous l’emprise de l’autoroute, on ne verra pas surgir de terre des immeubles d’une certaine société immobilière, comme on l’a vu ailleurs !

Ainsi va le pays.

Mais arrive le jour où l’ivraie sera séparée du vrai.

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