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Des dizaines de milliers de manifestants s’opposent à la réforme de la justice en Israël

De grandes manifestations ont été organisées samedi à Tel-Aviv et dans d’autres villes d’Israël pour la sixième semaine d’affilée, contre la réforme judiciaire portée par le gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Netanyahu.

À Tel-Aviv et dans d’autres villes d’Israël, samedi 12 février, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour la sixième semaine consécutive, afin de s’opposer à la réforme de la justice portée par le gouvernement Netanyahu.

“Démocratie”, criaient les manifestants au rythme des roulements de tambour, “Honte, honte !”, “On ne va pas abandonner”. La foule compacte brandissait une marée de drapeaux israéliens bleu et blanc, parsemée de drapeaux arc-en-ciel de la communauté LGBT+ et palestiniens.

Une première lecture de certaines des dispositions controversées de la réforme, visant à accroître le pouvoir des élus sur celui des magistrats, est prévue lundi à la Knesset, le Parlement israélien.

Les dirigeants du mouvement ont appelé à une grève le même jour.

Déjouant les prévisions selon lesquelles l’annonce de cette grève détournerait une partie des manifestants des rassemblements devenus habituels du samedi soir, les Israéliens ont manifesté plus nombreux que les semaines précédentes, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les médias israéliens ont fait état d’environ 50 000 manifestants à Tel-Aviv, jusqu’à 75 000 selon le quotidien Haaretz (gauche), environ 10 000 à Haïfa et 4 000 à Jérusalem, devant la résidence de Benjamin Netanyahu.

À Tel-Aviv, une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes de l’attentat de vendredi à Jérusalem-Est, dans lequel trois Israéliens, dont deux enfants, ont trouvé la mort.

Limitation des pouvoirs de la Cour suprême
“Le procès de Netanyahu est la raison de tout. Il essaye par tous les moyens d’affaiblir le pouvoir judiciaire pour échapper à son procès”, estimait Neta Keren-Tal, une mère de famille travaillant dans le domaine médical, en allusion au procès pour corruption en cours du Premier ministre.

Pour Ilan Tsabari, un directeur de produits high tech, il faut “trouver un équilibre entre l’extrême gauche et l’extrême droite pour créer une réelle démocratie en Israël”.

Pour la première fois depuis le début du mouvement en janvier, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés à Efrat, une colonie israélienne de Cisjordanie occupée.

Le gouvernement mis sur pied fin décembre par Benjamin Netanyahu, qui a adossé le Likoud (droite) à des alliés religieux et d’extrême droite, est considéré comme un des plus à droite de l’histoire d’Israël.

Les propositions de la coalition limiteraient considérablement la capacité de la Cour Suprême à invalider des lois et des décisions du gouvernement. Une “clause dérogatoire” permettrait à la Knesset de légiférer à nouveau sur des lois invalidées avec une majorité simple de 61 voix.

La réforme prévoit également de modifier le système de nomination des juges en donnant plus de poids au pouvoir politique.

Benjamin Netanyahu est lui-même jugé pour corruption dans plusieurs affaires. En Israël, le Premier ministre ne dispose d’aucune immunité judiciaire mais n’a pas à démissionner ni à se retirer pendant la durée de son procès.

 

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