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Devoir de memoire/ 18 Fevrier 1992-2016 : LE FPI se souvient du prisonnier Laurent Gbagbo

gbagbo

ABIDJAN- 18 FÉVRIER 1992-2016 : LE FPI SE SOUVIENT DU PRISONNIER GBAGBO 24 ANS APRÈS A LA HAYE

Ironie du sort, il y a 24 ans, mêmes acteurs mêmes résultats ! Les  militants du front Populaire ivoirien, le parti fondé dans la clandestinité avec ses compagnons opposants à Félix Houphouët-Boigny se souviennent en 2016 de son incarcération du pouvoir d’Abidjan  le  18 février 1992 sous la gouvernance de  l’actuel chef d’Etat Alassane Ouattara alors Premier  ministre, Laurent Gbagbo est toujours en prison.

En 2016, c’est  aux Pays-Bas, que Laurent Gbagbo célèbre le 24ème anniversaire de son arrestation, le 18 février 1992 commémoré  par son parti politique. Il était à la tête de l’ opposition  protestant contre l’agression survenue à la cité universitaire de Yopougon des étudiants par les  militaires  du régime Pdci-Rda alors Houphouët-Boigny au pouvoir.

C’est que Laurent Gbagbo, né le 31 mai 1945 à Gagnoa, homme d’État, historien et écrivain ivoirien, président de la République de 2000 à 2011 est détenu depuis 2011 à la prison de la CPI à La Haye. Son épouse, Simone Ehivet est détenue en un lieu tenu jusque-là secret à Abidjan. Et c’est Charles Blé Goudé, son ancien ministre de la Jeunesse est avec lui à la prison de Scheveningen à La Haye.

gbagbo le prisonnier ivoirienA La Haye Longtemps opposant à Félix Houphouët-Boigny, il est élu pour un mandat de cinq ans en 2000, face à Robert Guéï, à la présidence de la République de Côte d’Ivoire, fonction qu’il occupe du 26 octobre 2000 jusqu’au 11 avril 2011. Son mandat est notamment marqué pendant plusieurs années par une crise politico-militaire qui coupe le pays en deux.

L’élection présidentielle de 2010, qu’il a repoussée à six reprises, l’oppose à Alassane Ouattara : à l’issue de ce scrutin, il est considéré comme battu par la Commission électorale indépendante et la quasi-totalité de la communauté internationale, mais déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel. Il refuse alors de quitter le pouvoir, ce qui entraîne une crise de plusieurs mois. Il est finalement arrêté par les forces d’Alassane Ouattara le 11 avril 2011 et incarcéré auprès de la Cour pénale internationale à La Haye depuis le 30 novembre 2011. Il y est toujours 2016 avec son procès  ouvert le  28 janvier 2016 et qui se  poursuit.

laurent_gbagbo-prisonnier-en-1988 LAURENT GBAGBO…

Laurent Gbagbo est né le 31 mai 1945 à Gagnoa, en Côte d’Ivoire. Il voit le jour au sein d’une famille catholique modeste, originaire du village de Mama dans le grand-ouest ivoirien. Son père, Paul Koudou Gbagbo, est sergent de police1 et sa mère, Marguerite Gado, originaire du village bété de Blouzon, est ménagère. Son père est blessé et fait prisonnier par les troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale2 et est décoré à ce titre de la « reconnaissance de la Nation française » le 8 mai 20033,4.

Laurent Gbagbo est marié à Simone Ehivet, avec laquelle il a deux filles. Il a un fils, Michel, d’un premier mariage avec la Française Jacqueline Chamois. Membre du Syndicat national de la recherche et de l’enseignement supérieur (SYNARES), ce syndicaliste actif dans les années 1970 est emprisonné à Séguéla et Bouaké de mars 1971 à janvier 1973. Devenu directeur de  l’Institut d’histoire, d’art et d’archéologie africaine l’IHAAA en 1980, il se révèle lors des manifestations étudiantes du 9 février 1982, qui provoquent la fermeture des universités et des grandes écoles. C’est durant cette année que naît dans la clandestinité le futur Front populaire ivoirien (FPI).

Parti en exil en France en 1985,

il cherche à promouvoir le FPI et son programme de gouvernement visant à lutter contre la dictature du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, alors parti unique, à et promouvoir le multipartisme. Idéologiquement proche du Parti socialiste français, il se lie d’amitié avec Guy Labertit, membre du Parti socialiste unifié, du fait de son opposition à Félix Houphouët-Boigny.

Houphouët-Boigny s’inquiète de voir Gbagbo développer un réseau de contacts et trouve que «son remuant opposant serait beaucoup moins encombrant à Abidjan qu’à Paris». Fortement pressé de rentrer au pays6, Gbagbo retourne finalement en Côte d’Ivoire le 13 septembre 1988, Houphouët-Boigny ayant implicitement accordé son pardon en déclarant que «l’arbre ne se fâche pas contre l’oiseau».

AVEC LE FPI…

gbagbo_jeuneDevenu secrétaire général du FPI lors du congrès constitutif des 19 et 20 novembre 1988, il se présente à l’élection présidentielle du 28 octobre 1990 qui est marquée par la première candidature face à celle du président Félix Houphouët-Boigny ; Gbagbo remporte 18,3 % des suffrages, ce qui lui confère le statut de chef de l’opposition. Les élections législatives du 25 novembre de la même année sont les premières placées sous le signe du multipartisme ; le FPI y obtient neuf sièges sur 175, Gbagbo lui-même étant élu dans la circonscription de Ouaragahio, où se trouve sa ville natale8.

En mai 1991, puis en février 1992 ont lieu d’importantes manifestations étudiantes. Le 18 février, le premier ministre Alassane Ouattara fait arrêter Laurent Gbagbo, après avoir fait signer la veille au chef de l’État une loi anti-casseurs9. Il est condamné le 6 mars 1992 à deux ans de prison10 ; il est finalement libéré en août de la même année.

1992-2016, cela fait donc  24 ans de vie de prisonnier. Un exploit ?

 

.ledebativoirien

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