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Devoir de memoire- Un ambassadeur fait De grandes révélations sur Ouattara -Comment il est devenu Premier ministre

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19/08/2014

Comment il est devenu Premier ministre
Révélations. C’est ainsi qu’on pourrait qualifier les propos de l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Burkina-Faso, Abdou Touré.

Révélations faites dimanche dernier à Dimbokro, au centre d’écoute de la ville, au cours d’une rencontre avec les militants du Rassemblement des républicains (Rdr). Et qui permettent de lever un coin du voile sur le processus d’accession du président de la République, Alassane Ouattara, au pouvoir, depuis Dakar où il était gouverneur de la Bceao jusqu’à la présidence de la République, en passant par la Primature. « Le président Alassane Ouattara était prédestiné au pouvoir d’État. Et cette révélation avait été faite avant même sa naissance. C ‘est à son père Dramane Ouattara que l’imam Karim a fait la révélation ici même à Dimbokro. Cet homme d’Allah a, par ailleurs, donné les qualités et les caractéristiques de la mère du président, c’est-à-dire Nabitou Cissé », a-t-il indiqué d’entrée, ajoutant que Ouattara lui-même ne prenait pas au sérieux ces révélations sur sa personne parce qu’il était intéressé par le monde des Finances.

« Le président n’a pas cru à tout cela parce qu’il était au Fmi (Fonds monétaire international, ndlr) pendant ce temps. Il a même dit à sa mère que le pouvoir ne l’intéressait pas. Que ce qu’il connaît, c’est l’économie. Mais, c’est plus tard que les choses vont se mettre en place progressivement. D’abord, par la mort du gouverneur de la Bceao de l’époque, Abdoulaye Fadiga. Le président Félix Houphouët-Boigny fait appel à Alassane Ouattara dont il connaissait les compétences, pour lui succéder à Dakar. Ensuite, la Côte d’Ivoire connaît une situation financière difficile avec la chute des prix des matières premières agricoles que sont le café et le cacao. Mais, la vraie raison, c’est que le président Félix Houphouët-Boigny étant très vieux, les partenaires européens ne voulaient pas prendre de risque en accordant des prêts à la Côte d’Ivoire. Et comme Alassane Ouattara était juste à côté, c’est-à-dire à Dakar, le président Houphouët va lui faire appel, tout simplement pour sauver la situation de la Côte d’Ivoire », a expliqué l’ambassadeur Abdou Touré. Qui poursuit : « mais, là encore, il refuse parce qu’il ne voulait pas faire de la politique. C’est à ce moment que le président Houphouët-Boigny passe par le fils du président François Mitterrand, alors président français. C’est lui qui, lors d’une de ses visites à Dakar, rencontre le président Alassane Ouattara et le convainc de venir sauver la situation économique ivoirienne. Il hésite puis vient finalement en Côte d’Ivoire ».

Ceux qui ont créé palabre entre Ouattara et Bédié

Par ailleurs, le diplomate ivoirien s’est prononcé sur le conflit qu’il y avait entre Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et le chef de l’État après le décès du président Houphouët-Boigny en 1993. « A la mort du président Félix Houphouët-Boigny, on a fait croire aux Ivoiriens que le président Alassane Ouattara voulait prendre le pouvoir. Ce n’est pas vrai. A l’époque Premier ministre du président Houphouët, Alassane Ouattara n’avait aucune intention de garder le pouvoir. C’est l’entourage du président Henri Konan Bédié qui a suscité la division entre les deux hommes. Parce que ceux-ci se battaient non pas pour la Côte d’Ivoire, mais pour eux-mêmes, pour leurs propres intérêts. Le cas s’est produit au Sénégal où l’entourage du président Abdou Diouf lui avait demandé de conserver le pouvoir, malgré la victoire d’Abdoulaye Wade après les élections présidentielles. Mais il a refusé », a rappelé le conférencier.

Concernant le rapprochement des deux présidents, le professeur Abdou Touré a fait encore des révélations. Selon lui, cela a été favorisé par la crise militaro-politique de 2002. Ce sont les négociations engagées dans le cadre du règlement de cette crise, a-t-il soutenu, qui ont créé les conditions d’un rapprochement véritable entre les frères ennemis d’hier. « C’est lors des discussions d’Accra, quand le président John Kuffor était au pouvoir au Ghana, que les deux personnalités se sont rapprochées. Dans l’hôtel où le président Alassane Ouattara était logé, le président Henri Konan était aussi, mais mieux, les deux chambres se faisaient face. Et c’est le petit frère d’Alassane Ouattara qui a fait le premier pas vers son aîné. Un soir, lorsque nous sommes allés lui rendre visite, il nous a demandé d’aller saluer le grand frère Konan Bédi, et c’est ce que nous avons fait. Ensuite, il a proposé à Bédié de prendre le petit déjeuner le lendemain, ensemble. Ce que le président Konan Bédié a accepté à son tour. C’est comme cela que les deux frères se sont rapprochés. Et le résultat, aujourd’hui, tout le monde le voit. Pendant les élections présidentielles, le grand frère a demandé aux militants du Pdci de voter pour Ouattara. Aujourd’hui, le président Alassane Ouattara ne fait rien sans le consulter », a-t-il indiqué. Avant de soutenir que la prochaine visite d’État de Ouattara dans le Ifou, région natale de Konan Bédié, est la preuve de l’excellente relation entre les deux hommes.

« (…) L’argent du pétrole a été distribué n’importe comment… »

« Par cette visite, le chef de l’État tient à rendre un hommage mérité à son aîné », a-t-il justifié. Déjà, à ses yeux, Daoukro a changé de visage au regard des travaux qui s’y font, dans le cadre de cette visite. L’ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Burkina et au Niger a donc demandé aux militants du Rdr et aux Ivoiriens d’accorder un second mandat au chef de l’Etat. « Le président de la République est un gros travailleur. C’est le digne fils du président Houphouët-Boigny. Depuis son arrivée au pouvoir, la Côte d’Ivoire est en chantier. Il lui faut un second mandat et c’est par votre union que cela sera possible », a-t-il conseillé.

Répondant ensuite à des militants frustrés, il a dit qu’il comprenait leurs plaintes, d’autant plus que leur parti est au pouvoir. « Ils ont raison d’exprimer leur ras-le-bol parce qu’effectivement, ils vivent des situations difficiles alors que le Rdr est au pouvoir. Mais, au temps de Laurent Gbagbo, qu’il cite comme référence, il faut dire qu’il n’y avait pas d’État. Gbagbo dort le jour et travaille la nuit. Au temps de Laurent Gbagbo, l’argent a circulé mais il n’a pas travaillé, puisqu’il n’a pas profité à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens. L’argent du pétrole a été distribué n’importe comment et il a servi à faire autre chose. Alors que le président de la République, lui, travaille pour le pays et vous voyez les traces. C’est vrai qu’au moment de la lutte, on ne demandait pas de diplôme, mais nous n’allons pas faire comme eux. Le président Alassane Ouattara est pour l’excellence. Cependant, nous allons voir dans quelle mesure on pourra aider nos jeunes gens », a-t-il plaidé.

En revanche, il a reconnu à Laurent Gbagbo le mérite d’avoir tracé les sillons du traité de coopération entre la Côte d’Ivoire et le Burkina. « Laurent Gbagbo a su l’importance du traité de coopération entre le Burkina-Faso et la Côte d’Ivoire. Le chef de l’État actuel a renforcé et amélioré cette coopération. Cela s’est ponctué par des visites entre les deux pays. Les ministres burkinabé sont venus ici et les ministres ivoiriens sont allés au Burkina-Faso », a rappelé le diplomate ivoirien

Gnandé TIA, Correspondant à Toumodi

L”INTER

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