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Écoute téléphonique au Burkina: Qui en veut à Soro ?La guerre de succession à Ouattara au menu

entourage de ouatt

Écoute téléphonique sur le coup d’État au Burkina: Qui en veut à Guillaume Soro ?

La guerre de succession à Ouattara au menu
Le projet de réforme constitutionnelle à l’épreuve

L’avenir politique de Guillaume Soro se joue avec cette bande sonore qui circule sur son compte à propos du Coup d’État au Burkina Faso

L’affaire a envahi la cité. Tout le monde en parle depuis jeudi dernier, jour de la mise en ligne sur les réseaux sociaux, d’une bande sonore révélant le contenu de l’écoute téléphonique d’une conversation entre le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro et l’ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Djibril Bassolé.

Cette bande sonore accable le chef du Parlement ivoirien quant à son implication éventuelle dans le coup d’État manqué chez le voisin du Nord. On y décrypte des instructions que Guillaume Soro aurait données pour la réussite de ce putsch manqué, au moment de son accomplissement. Des faits qui, s’ils sont avérés, pourraient mettre sérieusement en difficultés, au-delà du chef du parlement ivoirien, les relations naturellement cordiales entre le Burkina et la Côte d’Ivoire. Depuis 3 mois déjà, cette affaire bruisse dans l’ombre. Les autorités burkinabé, pour élucider le putsch qui a failli mettre fin à la Transition en cours, ont diligenté des enquêtes menées à divers niveaux. Celles-ci devraient permettre, en plus d’identifier les commanditaires du coup manqué, de déterminer s’il y avait eu d’éventuelles complicités extérieures. A propos, des bruits avaient couru sur un rôle probable joué par le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, dont le domicile à Ouaga a fait l’objet d’une perquisition. Ces procédures diligentées par les autorités burkinabé n’ont pas rendu leurs conclusions qu’une bande sonore est diffusée sur les canaux des réseaux sociaux, incriminant le chef du Parlement ivoirien, qui s’en défend. Guillaume Soro, dont les services ont réagi promptement, ne se reconnaît pas dans les propos à lui attribués. Ses collaborateurs vont plus loin et dénoncent un « montage grossier visant à l’incriminer ». Une sortie qui sème le doute dans les esprits. Est-ce vraiment la voix de Guillaume Soro qu’on retrouve sur la bande en circulation ? Qui l’a balancée sur les réseaux sociaux ? A quelle fin ? Quelqu’un en voudrait-il au chef du Parlement ivoirien ? La question prend tout son sens dans le choix que les commanditaires de la diffusion de la bande sur les réseaux sociaux ont opéré. Si le président de l’Assemblée nationale est effectivement impliqué dans le coup d’État au Burkina Faso, il existe bien des moyens légaux pour l’épingler. Les enquêtes diligentées remonteront jusqu’au Parlement ivoirien et toutes les procédures en la matière suivront leur cours jusqu’à ce que le mis en cause réponde de ses actes devant les juridictions compétentes, s’il le faut. Mais, tel que les choses ont été faites, elles donnent l’allure d’une volonté d’éclabousser publiquement les personnalités citées avant même que les enquêteurs ne rendent les conclusions de leurs investigations. Quelqu’un aurait-il intérêt à noyer l’homme politique Soro ? Le contexte dans lequel intervient la diffusion de la bande litigieuse en dit long, et les collaborateurs de l’actuel numéro 2 ivoirien n’occultent pas cette piste. Eux qui soutiennent mordicus que leur mentor est victime d’une cabale. En effet, la guerre larvée de succession au président de la République, Alassane Ouattara, n’est pas étrangère à cette affaire soudaine. Il aura suffit que le chef de l’État lâche du leste sur sa volonté d’opérer une réforme constitutionnelle, et surtout de céder le pouvoir à un vice-président pour terminer son mandat, pour que les appétits s’aiguisent. Depuis un bon moment, il y a une sorte de bouillonnement souterrain au niveau de la scène politique ivoirienne. Les clans rangés s’activent, qui pour se neutraliser, qui pour affiner ses positionnements en prélude au grand rendez-vous. Dans ce bouillonnement, point de répit pour les adversaires. Tous les moyens sont propices pour atteindre le but. Y compris les réseaux extérieurs, pour gagner un pas d’avance ou plomber la stratégie des camps adverses. Ce n’est un secret pour personne, les connexions que de nombreuses personnalités, dans l’entourage du président Ouattara, entretiennent avec les dirigeants politiques au Burkina Faso. Le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, fait partie de ces personnalités qui se sont toujours affublées de l’amitié de certains leaders au pays des hommes intègres. L’ancien leader de l’ex-rébellion partie du nord de la Côte d’Ivoire paye-t-il le prix de ces amitiés ? L’actuel dauphin constitutionnel du président ivoirien aura-t-il été victime d’une manipulation pour l’écarter de la course à la succession ? Toujours est-il que le sujet ne manque pas au débat et risque de mettre à l’épreuve le projet de réforme constitutionnelle annoncé. Car, il faudra redouter que cette volonté affichée du chef de l’État ne se transforme en boite de pandore dans les états-majors politiques pour constituer une autre source de désordre sur l’échiquier ivoirien. En définitive, au moment où le débat fait rage sur l’authenticité ou non de la bande sonore en circulation, seul les autorités burkinabé peuvent aider à faire éclater la vérité. Les enquêtes sur les implications dans le putsch manqué de septembre dernier ayant été bouclées, les dirigeants de la transition au Burkina ont la possibilité de mettre fin à la montée de fièvre au sujet de cette bande sonore qui défraie la chronique. Tous les regards doivent se tourner vers le président Michel Kafando et son équipe. A moins que les dirigeants du pays des hommes intègres ne décident d’observer une omerta, qui en dira long sur la suite des événements.

Félix D.BONY

L’INTER

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