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Éditorial d’Adama Koné: « L’homme du Président »

Généralement, les Premiers ministres ou les Présidents s’attribuent des postes baptisés de souveraineté : la Défense, les Affaires étrangères, l’Économie, la Justice. Confier au nouveau Premier ministre, Robert Beugré Mambé, les Sports, est une option claire. Mettre la balle de la Can au centre du terrain, pour une nouvelle partie de jeu. Une partie plus dynamique, plus coordonnée, plus efficiente comme diraient les économistes. L’efficience, ici, a tout son sens. C’est qu’il faut mesurer les résultats obtenus sur la base des moyens mis à disposition. C’est donc au-delà de l’efficacité. Il s’agit de mettre le turbo dans l’organisation de cette Can. Si l’ancien Premier ministre a joué avec brio sa partition, le Chef de l’État compte beaucoup sur la nouvelle équipe de la Primature pour marquer le but de la victoire de l’organisation.

Toute chose qui explique qu’il donne aujourd’hui le brassard de capitaine de cette fête africaine au nouveau Premier ministre. Le faisant, il sait parfaitement à qui il s’adresse. Robert Beugré Mambé a dans son curriculum vitae, une étape importante de son parcours. L’organisation réussie des 8es Jeux de la Francophonie en Côte d’Ivoire, en 2017. Une édition citée en exemple par l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). Tant le rendez-vous d’Abidjan a séduit organisateurs, acteurs et participants. On se rappelle que le gouverneur du district autonome d’Abidjan d’alors avait été sollicité d’urgence par le Président Ouattara. Ce, face aux tergiversations observées dans le timing par des départements ministériels se disputant la paternité de l’évènement.

Beugré Mambé se retrouve presque dans la même configuration sept années après (c’est en 2016 qu’il est nommé ministre-gouverneur auprès du Président de la République, chargé des Jeux de la Francophonie). Au regard d’abord des « querelles » entre le ministère des Sports et le Comité d’organisation de la Can (Cocan), tranchées par Patrick Achi, ensuite, des retards accusés sur certains chantiers (qui n’auraient pas été prêts si la compétition était maintenue à sa date d’origine du mois de juin) et enfin de cette déconvenue de l’inondation du stade d’Ébimpé. Le déterminisme scientifique nous enseigne que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et, depuis le 17 octobre, voilà que le « soldat » Robert Beugré Mambé est, de nouveau, à la manœuvre. Il en a le profil. C’est tout simplement « l’homme du Président ». A l’image de ce film américain de Michael Preece, avec le célèbre acteur Chuck Norris (l’homme du Président), sorti en 2000. Un homme au service du Président américain (dans le film), appelé, dans une totale discrétion, pour les missions difficiles, hautement importantes pour l’image et la notoriété de la Présidence des États-Unis.

Le commis à la tâche, ici, au bord de la lagune Ébrié, en est parfaitement conscient. Le premier Conseil des ministres, le mercredi 18 octobre, lui a permis de rassurer le Chef de l’État. Robert Beugré Mambé de déclarer : « en tenant compte des défis immédiats, notamment l’organisation de la plus belle édition de la Coupe d’Afrique des Nations, prévue dans 87 jours, je voudrais prendre l’engagement de faire en sorte que toutes vos instructions relatives à cet évènement suivi mondialement soient promptement et effectivement mises en œuvre ».

Cela dit, le gouvernement fait actuellement sa part. Les grands moyens sont mis à contribution pour que cette 34e édition de la Coupe d’Afrique des Nations soit mémorable. 40 ans après Côte d’Ivoire 84, le pays veut démontrer tout le bien qu’on pense de lui à l’extérieur. Montrer à la face du monde, la sublime face de la Côte d’Ivoire et les légendaires accueil et bonne humeur des Ivoiriens. C’est à propos si cette Can est qualifiée de celle de la solidarité.

Les premiers concernés restent les joueurs, les Éléphants. Il leur appartient de rendre la fête plus belle et totale. Les deux matches amicaux avec le Maroc et l’Afrique du Sud ont réveillé chez les Ivoiriens l’instinct patriotique. Petit à petit, les joueurs mettent en place un schéma et une tactique de jeu convenants et acquièrent des automatismes qui présagent d’une campagne honorable.

Parallèlement, le cordon sécuritaire a été éprouvé au cours de ces deux matches. Toutefois, il reste un problème crucial à régler. Celui de la circulation autour de la commune du Plateau. Le dispositif actuel cause énormément de désagréments aux usagers de la route. Pour des rencontres programmées respectivement à 17 heures et 19 heures, la commune du Plateau, le centre des affaires et le cœur de l’administration, était paralysée depuis 10 heures, le matin. Il y a un travail à faire. Il reste 82 jours

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