05212019Headline:

Éditorial de Venance Konan: Affaire de dot.

Éditorial de Venance Konan: Affaire de dot.

Les anciens de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) sont allés voir le président Bédié mercredi dernier chez lui à Daoukro pour lui demander pardon, pour toutes les misères qu’ils lui ont causées du temps où il était président de la République.

Et nous apprenons, par notre confrère Le Nouveau Réveil, que le premier secrétaire général de la Fesci, Ahipaud Martial, « la gorge nouée par l’émotion de cette rencontre, a, au nom de tous les anciens de la Fédération, sollicité du président Henri Konan Bédié, d’être leur porte-voix auprès de tous les Ivoiriens dans leur démarche : « Monsieur le président, je dois l’avouer, c’est le retour des enfants prodiges (Sic), car, je le reconnais, nous avons été parfois difficiles à gérer et têtus. » Difficiles à gérer et têtus, c’est peu dire.

La Fesci, pour ceux qui ne la connaissent pas, était le bras armé de l’opposition constituée par le Fpi de Laurent Gbagbo pour semer la terreur dans les écoles et universités. Gbagbo avait compris que c’était l’école et l’université qui pouvaient réellement gêner le pouvoir dans ce pays. Au temps du parti unique d’Houphouët-Boigny, la véritable opposition était constituée par les étudiants et les enseignants. Ce sont les élèves, étudiants et enseignants dont les grèves peuvent susciter beaucoup d’émotions dans le pays, parce que tout le monde a un parent proche ou lointain élève ou étudiant.

Lorsque Bédié était président de la République, c’étaient des grèves à répétition, et c’est d’ailleurs à partir de cette époque que notre système éducatif a commencé à prendre la forme qu’il a aujourd’hui, c’est-à-dire n’importe quoi. C’est sous Bédié que Blé Goudé fut photographié enchaîné sur un lit d’hôpital pour l’empêcher de s’échapper et que cette photo fit le tour du monde lorsqu’un artiste musicien l’utilisa pour illustrer son album.

Lorsqu’il est devenu président de la République, Laurent Gbagbo a laissé la Fesci continuer de régenter l’école et l’université, pour les mêmes raisons. Il lui fallait absolument contrôler l’école dont il connaissait la capacité de nuisance. Sous Gbagbo, la Fesci était chouchoutée et elle ne permettait à aucun autre syndicat d’élèves ou d’étudiants de s’exprimer, et quiconque tentait de le faire était tout simplement tué. La Fesci, qui était devenu un vrai monstre, a commis de nombreux crimes sur le campus, en toute impunité.

Des étudiants ont été rackettés, tués; des filles violées, sans que la justice lève le plus petit doigt. Et pourtant, les tueurs et violeurs étaient connus. Le crime le plus odieux dont nous avons eu connaissance fut celui du jeune Habib Dodo, qui voulut créer un autre syndicat d’étudiants. Il fut « jugé » publiquement sur le campus de Cocody, condamné à mort, pendu publiquement et son corps, enfermé dans un sac, fut jeté dans la brousse au pied de la clôture de l’université de Cocody. Un étudiant qui avait assisté à toutes ces scènes donna ces informations. Le corps d’Habib Dodo fut retrouvé mais, jusqu’à présent, personne n’a été inquiété pour ce crime.

C’est cette organisation dont Guillaume Soro et Blé Goudé furent des dirigeants, qui vient de se mettre au service de Bédié. Rappelons qu’elle s’était mise auparavant au service de l’ancien président de l’Assemblée nationale. Ça ressemble à la dot que Soro apporte en vue de son prochain mariage avec le « Sphinx de Daoukro » qu’il doit rencontrer incessamment. « Tu me prends sous ta protection, on fait chemin ensemble, peut-être même ticket commun, et je mets la Fesci à ta disposition pour mener la vie dure à l’autre. » Est-ce un hasard si les enseignants, qui sont pour la plupart issus de la Fesci, sont en grève en ce moment et que le front social est en ébullition ?

Dans tous les cas, Bédié a accordé son…

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