02052023Headline:

Égypte : perpétuité pour Mohamed Ali, l’homme d’affaires à l’origine de rares manifestations

Célèbre homme d’affaires en exil, Mohamed Ali a été condamné, dimanche, à la prison à perpétuité par un tribunal militaire égyptien, rapportent les médias d’Etat. L’entrepreneur et acteur avait déclenché, en 2019, des manifestations contre le président Abdel Fattah al-Sissi.

Un tribunal militaire égyptien a condamné, dimanche 15 janvier, à la prison à perpétuité Mohamed Ali, un célèbre homme d’affaires en exil, qui avait déclenché des manifestations contre le président Abdel Fattah al-Sissi, rapportent les médias d’État.

Mohamed Ali, entrepreneur dans le bâtiment et acteur, s’était fait connaître via des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, accusant de corruption le président et l’élite militaire. Tournées depuis son exil espagnol, elle avaient abouti en septembre 2019 à de rares manifestations de centaines de personnes au Caire et dans plusieurs autres villes.

Après ces rassemblements, 4 000 personnes avaient été arrêtées, soit la pire vague de répression depuis l’élection de Abdel Fattah al-Sissi en 2014, selon les ONG des droits humains.

Pas d’appel possible pour les affaires de “terrorisme”
Mohamed Ali, 48 ans, a été condamné à la perpétuité avec 37 co-accusés et plusieurs dizaines d’autres ont été condamnés à des peines allant de cinq à quinze ans de prison, précise la presse officielle.

Les jugements des tribunaux d’exception, généralement en charge des affaires de “terrorisme”, ne peuvent pas faire l’objet d’appels.

En outre, l’homme d’affaires a été placé, selon des médias locaux, sur la liste noire des “terroristes” ce qui signifie qu’il est interdit de voyage et que ses avoirs en Égypte sont gelés. Il pourrait toutefois ne pas pâtir de ces décisions puisqu’il vit près de Barcelone depuis des années.

Cette inscription sur liste noire est l’une des tactiques du régime pour empêcher les opposants de sortir du pays, accusent régulièrement les défenseurs des droits humains.

L’Égypte est sans cesse pointée du doigt pour ses plus de 65 000 détenus politiques, selon les ONG, son musellement de la presse et des réseaux sociaux et sa répression implacable de toute forme d’opposition, des islamistes aux libéraux.

Manifester est ainsi quasiment impossible selon la loi et les défilés sont très rares dans le pays qui célèbrera le 25 janvier les 12 ans de la “révolution”, qui renversa Hosni Moubarak dans le sillage du Printemps arabe.

Mohamed Ali était parvenu à mobiliser après une première dévaluation cuisante en 2016. Aujourd’hui, prise à la gorge par ses créanciers et frappée de plein fouet par la guerre entre Russie et Ukraine – ses premiers fournisseurs de blé -, l’Égypte s’enfonce dans sa pire crise économique et de plus en plus d’habitants se plaignent de leurs conditions de vie.

 

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