06062020Headline:

Émergence à l’horizon 2020: le Gouvernement ivoirien a-t-il atteint son objectif ?

Le Gouvernement ivoirien a décidé, au cours du premier mandat du Président Alassane Ouattara, de conduire le pays vers l’émergence, à l’instar de la Corée du Sud, du Brésil, de la Chine, de l’Afrique du Sud… et la Turquie. Pour cette grande vision, tous les Ivoiriens sans exception, ont applaudi des deux mains. Cette belle œuvre était saluée parce que les gouvernants ont compris que le grand fossé entre la Côte d’Ivoire et les nations émergentes était simplement nivelable. Pour ce faire, il fallait une dose de volonté politique. Ce qui n’a pas manqué, à première vue, au Gouvernement. Mais à la pratique, notre désillusion fut subite et grande.

Et pour cause, plus qu’un projet, « Côte d’Ivoire, pays émergent » était, plutôt, un slogan digne des démocraties des pays de l’Est. Il était devenu une formule sacramentale qui commençait et terminait tous les discours des tenants actuels du pouvoir. Ils en ont abusé pour nous bercer, comme des bébés.

Malheureusement, le temps a fait ses effets, et tout est à découvert. Depuis le mois de janvier 2020, le moment indiqué par les pontifs du pouvoir, pour dresser le bilan et faire constater l’émergence du Pays à toutes les populations ivoiriennes; point de signaux ni d’attestation de fin de projet.

Comme dans un orchestre bien structuré, tous se sont tus, subitement. Ce qui a nécessité des interrogations sur les raisons de cet état de fait. Finalement, nous avons été instruits que pour un projet d’une telle envergure, une équipe d’experts devrait être constituée dès le départ, pour valider et suivre l’offre technique et financière. Ça n’a jamais été le cas. Quels sont les facteurs exogènes et endogènes qui puissent aider à conduire une telle mission ? A ce niveau, point de repère. Quels diagnostics le Gouvernement a-t-il faits avant de se lancer dans un tel ouvrage? Silence Radio.

Alors que ces paramètres pouvaient aider à définir les indicateurs objectivement vérifiables sur les installations existantes du pays avant coup. Quel est le produit intérieur brut recherché pour être au rang des pays émergents ? Combien d’écoles, de lycées, d’hôpitaux, de maternités et dispensaires avons-nous au kilomètre carré en Côte d’Ivoire? Avons-nous suffisamment d’hommes de sécurité, d’agents de santé… et d’enseignants pour un nombre précis d’habitants, valable dans le cas des pays émergents? Et nos infrastructures routières, comment sont-elles? Puis s’interroger sur les industries, si elles sont performantes ou pas. Quel est le volume de cadres compétents que nous avons dans chaque domaine d’activité ?

Voici un bref résumé des préoccupations dont les réponses vigoureuses et satisfaisantes conduisent à bâtir un Pays Emergent.
Aussi écœurant que cela puisse paraître, le Gouvernement a préféré donner dans la manipulation et le lavage des cerveaux, en faisant croire que ce projet était irréversiblement opérationnel. Au final, c’est dans le désarroi que les populations ont été simplement flouées. Et les arguments de poids pour élucider finalement la thèse de l’échec sont sans faille.

Souvenons-nous qu’initialement, le projet était porté par le Rhdp au grand complet: Le PDCI, le RDR, le PIT, l’UPCI, le MFA… et l’UDPCI. Mais au cours de son déroulement, qui n’a jamais commencé, les dissensions ont fissuré le tissu qui le couvrait. Et tous ces Partis ont claqué la porte. Ce qui a plombé cette belle Initiative qui n’a plus intéressé ses propres concepteurs, plus préoccupés, aujourd’hui, à tendre des pièges. Et se venger de tous leurs partenaires qui ne sont plus sur le registre d’appel.

Alors que toutes les grandes missions naissent et grandissent dans un environnement de paix et de sérénité. Depuis un temps, l’atmosphère socio-politique est moins saine et ne permet pas à tous les grands chantiers de mieux se structurer et de bien se porter. Ceux, sur l’émergence de la Côte d’Ivoire, en ont fait les frais. Probablement !

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