02052023Headline:

En Corrèze, bataille autour de l’extension d’une scierie

Cette croissance passe par une extension de la scierie sur douze hectares et l’investissement de plus de 100 millions d’euros, avec une cinquantaine d’emplois créés à la clé selon Damien Larue, directeur du site.

“Ceci nous permettra de répondre à une hausse de la demande et à une volonté de l’État de construire plus de bâtiments en bois pour réduire l’empreinte carbone, mais aussi les importations. Nous voulons être prêts dans trois ans”, affirme le responsable.

Le chantier ne peut pas débuter cependant car des recours ont été engagés contre les expropriations nécessaires, parallèlement à des oppositions politiques.

Compensations
Les élus écologistes de la région Nouvelle-Aquitaine ont dénoncé, dans un communiqué publié fin novembre, “les multiples impacts environnementaux et sociaux dramatiques” imputés au projet.

En détaillant leurs griefs : “déforestation à outrance, disparition de la biodiversité, pollution de l’eau, accaparement de terres agricoles, expulsion d’habitants et agriculteurs, nuisances sonores” et “problèmes de circulation routière”, avec une hausse du trafic des camions.

“Il y a un système de compensations encadré par l’État”, rétorque M. Larue, qui estime “plus respectueux de l’environnement” de développer la scierie et la filière bois à destination du BTP, “que de faire grossir des centrales à béton qui émettent plus de carbone”.

Le 1er décembre, 200 personnes ont manifesté à Egletons à l’appel d’une association, Associtra, qui défend les riverains et agriculteurs menacés d’expropriation.

À l’instar de Marie-Thérèse Touquet, éleveuse de vaches Limousine qui pourrait perdre un hectare de champs sur un total de soixante. “Ça commence comme ça, puis ils vont en demander d’autres. Je crains que mon fils ait du mal à continuer après moi”, dit-elle.

Fabrice Sznajder, éleveur de chèvres et locataire de six hectares menacés d’expropriation, évoque “des terrains de fauche qui sont très précieux pour l’alimentation” de son troupeau et refuse d’aller exploiter des parcelles “à l’autre bout de la Corrèze”.

Des recours ont été déposés contre le plan local d’urbanisme intercommunal. Dans lequel l’extension de la scierie “s’inscrit parfaitement”, estime Charles Ferré, président de la communauté de communes, favorable au projet. Selon lui, des “offres conséquentes” d’indemnisation ont été faites aux propriétaires des terrains concernés “mais ils ont refusé, alors il y a eu la déclaration d’utilité publique”.

La DUP est aussi attaquée en justice. “Cette histoire est partie pour durer. Nous allons continuer à faire tourner les pétitions et organiser d’autres mobilisations en lien avec le calendrier juridique”, prévient Frédérique Vergne, présidente d’Associtra.

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