09252017Headline:

En Exclusivité Voici l’interview de l’ex ministre Jean-Louis Billon qui a tout gâté

Nous vous proposons l’interview de Jean-Louis Billon qui a fâché au sommet de l’Etat et qui a valu sa suspension, en violation des textes qui régissent le fonctionnement des Conseils régionaux. Interview publiée dans Le Nouveau Réveil début juillet.

Monsieur le ministre, votre dernière sortie en tant que porte-parole du PDCI n’a pas été appréciée par certains de vos alliés. L’on apprend qu’une pétition est en train d’être faite pour demander votre destitution de la tête de la région du Hambol. Quelle appréciation faites-vous de cette situation ?

D’emblée, je voudrais dire merci au Président Henri Konan Bédié pour sa volonté de rajeunir les instances du parti, ce qui a permis ma nomination au porte-parolat, au Secrétariat exécutif, à la délégation départementale et à la Coordination régionale du Hambol au sein du PDCI RDA.

Alors, comprenez donc que je m’exprime au nom d’un parti politique organisé, qui a une ligne directrice et qui a reçu de son Président Henri Konan Bédié une feuille de route claire et précise.

Ceci étant dit, il est regrettable de voir que certaines autorités se servent de leur pouvoir pour déstabiliser l’administration territoriale par l’infantilisation d’élus en leur faisant signer des supposées pétitions clairement sous la contrainte sachant que sur le plan légal, il n’y a aucun moyen de se débarrasser injustement d’un élu.

Que vous reproche-t-on réellement ?

C’est à ceux qui s’agitent qu’il faudrait poser cette question.

Élu à la tête du Conseil régional du Hambol sous la bannière du RDR, le ministre Billon se retrouve être aujourd’hui porte-parole adjoint du PDCI-RDA. Avez-vous le sentiment d’avoir trahi vos électeurs ?

Il n’y a nullement eu de trahison, tout s’est fait en toute transparence. La liste que j’ai présentée était composée de personnes des différents partis composant le RHDP.
Le RDR a accepté de cautionner notre liste avec l’onction des Présidents Ouattara et Bédié.

Dans la région, personne ne peut mettre en doute mon appartenance au PDCI. Aussi, j’ai toujours été à jour de mes cotisations au sein de mon parti, le PDCI. Je n’ai jamais pris la carte d’un autre parti, n’en déplaise à tous ceux qui aimeraient me voir ailleurs. Nos électeurs nous ont choisi plus pour notre capacité à développer la région plutôt que pour toute autre raison.

Qu’est-ce qui vous a amené à défendre les couleurs du RDR aux élections régionales dans le Hambol et qu’est-ce qui vous amène au PDCI ?

Nous sommes dans une alliance au niveau du RHDP et dans cette optique, nous défendons un programme commun qui repose sur la philosophie humaniste du père fondateur de la nation ivoirienne, le président Félix Houphouët-Boigny. Mais, chaque parti évolue dans cette coalition avec son ADN politique.

Depuis quelque temps, vous êtes en première ligne au niveau de votre parti, notamment dans sa volonté de présenter un candidat en 2020. Est-ce une manière de vous préparer pour cette échéance à venir ?

C’est le parti qui se prépare aux échéances à venir comme tous les partis politiques existants en Côte d’Ivoire. Le rôle d’un parti politique est de s’organiser pour exercer le pouvoir d’État, autrement il n’y a pas lieu d’être.

Jean-Louis Billon est-il intéressé pour être le candidat du PDCI-RDA en 2020 ?

En temps opportun, le parti choisira le meilleur d’entre nous, comme l’a si bien dit notre président Henri Konan Bédié.

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui après votre limogeage du gouvernement? Est-ce que vous en voulez au président Ouattara ?

Je ne me suis nullement senti limogé. Ce fut pour moi un honneur de servir mon pays à ce niveau de responsabilité. En entrant au gouvernement, on doit s’attendre à partir un jour, c’est une fonction éphémère. Je n’en veux à personne, bien au contraire, je suis plutôt heureux et je remercie le Président Alassane Ouattara de m’avoir donné cette opportunité.

Il est vrai que pour 2020, le président Henri Konan Bédié a donné le ton. Pensez-vous que votre allié, le RDR, acceptera de se plier à la volonté du PDCI-RDA ?

C’est une question qui relève du ressort des Présidents Ouattara et Bédié. Nous ne sommes qu’en 2017. D’ici l’échéance de 2020, il y aura beaucoup de discussions et je ne doute pas de la volonté et de la capacité des uns et des autres à arriver à un consensus comme ce fut le cas en 2010 et en 2015.

Vous vous intéressez à la politique depuis peu. Et pourtant certains observateurs disent que vous êtes un homme pressé. Etes-vous de cet avis ?

Depuis peu, non. J’ai été élu Maire en 2001 et depuis lors, j’ai un poste électif, ce qui démontre d’ailleurs que je ne suis pas si pressé comme vous le dites, je suis extrêmement patient.

Est-ce que pour vous, un affrontement PDCI / RDR pour les élections de 2020, pourrait être envisagé ?

Le terme affrontement est très fort, mais en politique, tout est possible. L’essentiel est que tout se fasse dans le respect de la démocratie, car ce qui importe, c’est l’intérêt de la Côte d’Ivoire.

Jean-Louis Billon milite-t-il objectivement en faveur de la cohésion au RHDP ?

J’ai foi au RHDP, c’est pour cela qu’avec une carte PDCI, j’ai accepté d’être candidat sous la bannière du RDR.

Comment interprétez-vous aujourd’hui le retour au PDCI de cadres qui étaient en disgrâce avec le parti, surtout à cette période où l’on prépare activement 2020 ?

Le PDCI-RDA a toujours été un parti de paix, de développement et de dialogue comme l’a voulu son père fondateur, le Président Félix Houphouët-Boigny. Il avait même dit et je cite: « l’oiseau ne se fâche pas avec l’arbre, car tôt ou tard, il reviendra se poser sur les branches ». Que tous ceux qui sont partis reviennent.

Le RHDP, on le constate, n’a plus en son sein la cohésion qui le caractérisait au moment de sa création. L’UPCI et l’UDPCI n’ont plus leurs logos sur le drapeau du RHDP. Pensez-vous que ces partis méritent d’être écartés de l’alliance ?

C’est une alliance politique essentiellement construite pour gagner ensemble des élections. Idéologiquement, même appartenant tous à l’Houphouetisme, ces partis ont une approche différente de la gestion d’État pour régler les questions d’intérêts politiques et économiques.

Le MFA est un parti plus socialiste que le RDR qui est libéral et le PDCI plus conservateur, c’est-à-dire qui veut progresser sans s’éloigner des valeurs et principes qui l’animent. Les alliances se font et se défont mais pour ce qui concerne le RHDP, la porte reste toujours ouverte.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour créer à nouveau la confiance et la cohésion au sein du RHDP ?

Il faudra plus de rencontres communes et de débats au sein du RHDP que de l’extérieur.

Pensez-vous que la solidarité est vraiment de mise au sein de l’alliance ?

Si l’on s’en tient aux appels de Yamoussoukro en 2010 et de Daoukro en Septembre 2014, on constate que la solidarité existe au sein du RHDP. Quand il s’agit de préserver la paix, la cohésion sociale, le PDCI sera toujours prêt pour jouer sa partition.

Il y a quelques jours, la Côte d’Ivoire a été confrontée à des mutineries, des mouvements d’humeurs de la part des ex-combattants à Bouaké. Est-ce que cette situation est rassurante pour les élections de 2020 prévues dans moins de 40 mois ?

Ce sont des événements regrettables, nous avons besoin de paix pour tout développement. Le Président Félix Houphouët-Boigny le disait, la paix est le préalable à tout développement. Le calme est revenu, il faut espérer que la paix et la cohésion sociale soient préservées

Que devrait être, selon vous, le profil du candidat du PDCI-RDA pour 2020 ?

2020 sera le passage de flambeau à une nouvelle génération de politiciens.
Avec toutes les crises que la Côte d’Ivoire a traversées, les Ivoiriens n’étant pas différents des autres peuples du monde, ils aspirent à la paix. Ils aspirent à l’ordre, à la discipline et à la prise en compte de leurs principales préoccupations.

La Côte d’Ivoire n’a qu’un seul défi, celui de son développement. Aujourd’hui, ce processus devient de plus en plus complexe. On doit pouvoir l’assurer en utilisant nos propres ressources sans compromettre le futur.

Il faudra donc à ce candidat une grande connaissance des enjeux mondiaux et sous régionaux. Surtout une meilleure maîtrise des questions d’économie et de politique. Car les attentes du peuple sont essentiellement économiques et sociales. Emploi, éducation, santé, transport, etc.

Il faut déplorer que la crise ivoirienne a malheureusement créé une balkanisation des partis politiques. Comme si une idéologie politique ne devait concerner qu’une région ou un groupe ethnique.

En 2020, le candidat du PDCI-RDA devra être un homme expérimenté. Un homme animé d’une volonté de justice, d’équité et de développement, pour asseoir l’État de droit en construction. Il devra incarner la synthèse de la mosaïque ivoirienne. Et enfin qu’il ne soit l’objet d’aucune pression ou contrainte quelconque.

Il est de plus en plus question d’une éventuelle candidature de Guillaume SORO en 2020. Est-ce que vous redoutez cette candidature ?

Nous ne sommes pas dans la spéculation. Mieux, nous nous referons aux propos du Président Bédié dans les colonnes de Jeune Afrique.

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