05252017Headline:

Enlèvement de Yves Lambelin: Voici le nom de la femme qui était informé du complot

Témoins de la Cour hier jeudi 16 mars 2017 au Tribunal de première instance de Yopougon (Abidjan), deux femmes ont révélé qu’elles avaient l’information de l’enlèvement de 4 français le 3 avril 2011. Le lendemain, Yves Lambelin, directeur général du géant ivoirien Sifca, Stéphane Frantz Di Rippel, directeur du Novotel d’Abidjan et leurs collaborateurs béninois Raoul Adeossi et malaisien Chelliah Pandian sont effectivement enlevés et leurs corps découverts au Palais présidentiel d’Abidjan.

« Ma copine, je viens d’entendre mon mari dire qu’ils vont enlever quatre français pour éviter le bombardement du Palais présidentiel. », révèle Konan Bernadette (46 ans), comptable. L’information, poursuit-elle, émane d’un appel ‘‘masqué’’ reçu le 3 avril 2011 à 22 heures d’une voix féminine. « Quand j’ai dit c’est qui ? Vous voulez parler à qui ? La personne a raccroché. », ajoute-t-elle. Konan Bernadette qui résidait chez son amie Kablan Simone à Biétry, zone 4, en raison du pillage de sa maison, informe son hôte. Celle-ci, chef d’entreprise se présente dans ce procès des disparus du Novotel comme une amie d’Yves Lambelin. A l’en croire, leur amitié qui dure depuis 30 années se limite à leur passion commune pour la planche à voile.

Premier réflexe, elle appelle son ami Yves Lambelin qu’elle croyait au Ghana. « Je lui ai demandé ce qu’il faisait au Novotel et je lui ai donné l’information. Il m’a demandé si c’était une information sérieuse. J’ai dit oui. », indique-t-elle. Puis, elle appelle les ‘‘gens du Golf Hôtel’’ où elle joint Eric Taba, conseiller d’Alassane Ouattara, l’Onuci et le 43èmeBima. Tous lui promettent de remonter l’information. Le lendemain, un nommé Salif Bélem, également témoin, lui apprend à 15 h 30 min que Yves Lambelin et d’autres personnes ont bel et bien été enlevés.

Des zones d’ombre

Ces témoignages n’ont pas manqué de susciter des interrogations aussi bien chez le juge président Mourlaye Cissoko que pour la défense. Car dans le dossier d’instruction, Kablan Simone avait déclaré que l’appel venait d’une dame dont l’époux est un commandant. Konan Bernadette réfute cette déclaration arguant que le commandant en question est le surnom de son frère, gendarme à Bouaké qu’elle a également joint. « Quel lien existe-t-il entre votre frère et les gens du Golf au point que vous pensiez qu’il puisse vous aider à retrouver votre ami Yves Lambelin ? », telle est la question de Me Rodrigue Dadjé, avocat de la défense. La question suscite le courroux du juge président qui la trouve inopportune. S’en suit un clash entre le juge et l’avocat. « La question n’a pas sa place…Nous ne sommes pas dans une cour de récréation. », rappelle le juge. « J’ai l’opportunité de poser les questions que je veux. Je suis embêté que cela vous gêne chaque fois que je pose des questions. », réplique Me Dadjé Rodrigue. Débuté à 10 h 05 min, le procès a été suspendu à 17 h pour reprendre mardi 21 mars prochain.

Imatin

 

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment