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Evasion massive des prisonniers en Côte d’Ivoire: Voici les vraies raisons

Les évasions massives auxquelles l’on assiste ces dernières semaines en Côte d’Ivoire ne bénéficient pas forcément de complicités comme on pourrait le croire. Pour Paul Angaman, président de la Fédération internationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture, les vraies raisons sont à chercher ailleurs. Il l’a affirmé avec force d’arguments dans une interview accordée ce jeudi 7 septembre à RFI.

Répondant aux questions de Marie Casadebaig, l’ancien président de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la torture de Cote d’Ivoire (ACATCI) n’y va pas par quatre chemins pour dire sa part de vérité : «  Les conditions de sécurité des « pensionnaires » sont en dessous des normes en vigueur. Lorsque les évasions comme celles enregistrées à Katiola arrivent, on n’est pas vraiment surpris. La plupart des prisons en Côte d’Ivoire datent de l’époque coloniale. Certaines étaient des entrepôts de café et de cacao comme la prison d’Aboisso. Les prisons sont surpeuplées, la capacité totale d’accueil des prisons est estimée à environ 7 000 pensionnaires alors que nous sommes à 14 000 prisonniers. Nous sommes donc à un taux de surpeuplement qui avoisine les 200%. Il y a suffisamment de personnel mais la vraie question est de savoir s’il est bien formé. Nous avons rencontré des régisseurs de prison et vers la fin de l’année, lorsqu’il n’y a plus d’argent, les détenus sont mal nourris, l’hygiène laisse à désirer et les tensions se créent, les régisseurs craignent à ce moment-là des émeutes ».

Une bien triste réalité qui n’a eu pour seule conséquence que de mettre à mal la quiétude déjà précaire des populations.

Pour rappel, cinq prisonniers s’étaient évadés de la prison de Gagnoa, à la veille de la Fête de l’indépendance le 6 août. Quatre gardiens de prison et un civil ont été arrêtés, soupçonnés de complicité.

Le 8 août, vingt personnes s’étaient évadées du palais de justice d’Abidjan, en plein centre-ville, après avoir agressé des policiers. Sept agents d’encadrement des établissements pénitentiaires, dont le commandant du palais de justice, avaient été relevés de leurs fonctions.

La dernière en date est celle de la prison de Katiola, dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 septembre dernier, où 98 des 189 prisonniers avaient réussi à prendre la poudre d’escampette. Selon le directeur de l’administration pénitentiaire, ses hommes ont pu mettre la main sur « trente-six », qui ont repris leurs quartiers au sein de l’établissement pénitentiaire.

RFI

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