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Exclusif CPI /procès : Voici les temoins clé de Laurent Gbagbo

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De nombreuses surprises attendent les observateurs qui scrutent le procès de l’ancien président ivoirien et de son ancien ministre de la jeunesse. Car Laurent Gbagbo peut compter sur deux témoignages-clé comme ceux du togolais

Joseph Koffigoh et du sudAfricain Thabo Mbeki.

D’un côté, le responsable des observateursde l’union

africaine aux élections de 2010 et, de l’autre le médiateur de la crise ivoirienne Thabo Mbeki. Pour faire comprendre

aux juges de la CPI que l’histoire que raconte Fatou Bensouda est tronquée et qu’il n’y a jamais eu de plan commun visant des partisans d’Alassane Dramane Ouattara, les avocats de l’ancien chef d’Etat ivoirien ont choisidu lourd.

Ancien premier ministre du Togo, Joseph Koffigoh

jouit d’une grande estime dans son pays et partout en Afrique. Depuis la fin de la transition politique des années 90 dans son pays, il s’est consacré à ses activités et à l’écriture.

C’est lui qui, en 2010 a été choisi par l’Union africaine pour conduire la délégation des observateurs mandatés

pour superviser les élections en Côte d’Ivoire. Au terme du

scrutin, la mission qu’il conduisait « a relevé avec regret:􀀀􀀀des actes de violences graves, notamment des pertes en vies humaines,des atteintes à l’intégrité physique, des séquestrations,des intimidations,des tentatives d’enlèvement et de dégradationdu matériel électoral »,a rapporté Kofigoh le 30 septembre 2010. Or ces violences et actes regrettables avaient eulieu au nord, dans les fiefs d’Alassane Dramane Ouattara.

Deux des observateurs de l’Union Africaine ont même été séquestrés par les milices pro-Ouattara qui n’avaient

pas désarmé. Ces derniers avaient finalement été libérés grâce à l’intervention de l’ONUCI.

 

L’ancien premier ministre togolais est donc bien placé pour replacer la crise ivoirienne dansson contexte électoral de

2010; ce que la procureure Fatou Bensouda ne veut pas entendre

parce qu’autrement son narratif serait inopérant.

Ce rapport d’un homme qui sait ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire s’ajoute à celui produit par l’ancien chef d’Etat sud Africain

Thabo Mbéki à l’issue de l’élection présidentielle de 2010 et en

pleine crise postélectorale.

 

Au moment où Fatou Bensouda insinue que le président Laurent

Gbagbo s’est préparé à se maintenir au pouvoir par tous les moyens, le témoignage du sud Africain vaudra de l’or. C’est en effet sa médiation qui a réglé la question de l’éligibilité de Ouattara.

Dans une lettre qu’il avait envoyée à Gbagbo,le sud Africain demandait que soit utilisé l’article 48 pour permettre au président du RDR, de l’époque, de se présenter à la seule élection de

2005 qui s’est finalement tenue en 2010.

Mbeki pourra également témoigner que cette proposition a été

faite par Laurent Gbagbo lui-même pour aller à la paix et à la réconciliationnationale.

 

Le premier à avoir parlé de ce témoignage du sud Africain est le directeur des rédactions de Jeune Afrique François Soudan sur le plateau de Tv5 au début du procès de l’ancien président

ivoirien. Il l’avait qualifié d’un témoignage de qualité, puisque «

Mbéki a été au coeur de la crise ivoirienne »,avait-il expliqué. D’ailleurs,le sud Africain ne s’en est jamais caché.

Pour lui, la certification

du représentant du secrétaire général de l’ONU est à la base de la

crise. Il avait néanmoins, pour sa résolution,proposer « de

persuader Messieurs Gbagbo et Ouattara d’entamer des négociations en vue de trouver une issue acceptable à la

crise post-électorale.»Car « si cela n’est pas fait, il est clair que le

pays connaîtra une guerre destructive qui aura pour conséquences

de nombreuses pertes en vies humaines et des destructions de biens ».

La suite est connue.

Alassane Dramane Ouattara avait rejeté toute négociation de la

crise, appelant à une guerre contre le président sortant. Il est donc l’initiateur de la guerre et non le contraire. C’est ce témoignage que Mbeki va apporter à la  CPI qui, à l’évidence,

aura du mal à maintenir la position de Fatou Bensouda qui continue de nier la crise postélectorale de 2010 et encore

plus la crise ivoirienne qui a démarré le 19 septembre 2002

lorsque le ministre de l’intérieur Emile Boga Doudou et de nombreux chefs militaires ont été tués par les chefs d’une

rébellion acceptés par la suite au coeur du pouvoir Gbagbo.

Jeanne Tétiahonon

lecridabidjan

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